‹ Œuvres précédées d'une noticeChapitre 14 sur 117 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Pourquoi souvent à ta main qui la presse Ma froide main répond négligemment?

Le sais-tu ? Non. Connais donc ma faiblesse.

Ris, tu le peux, de mes travers nouveaux :

Je suis jaloux, et jaloux sans rivaux !

Quand le présent m'enivre de délices.

Dans le passé je cherche des supplices.

Ton cœur, réponds sans nul déguisement, N'a-t-il battu que pour moi seulement?

Durant les nuits, à l'heure où tout sommeille, Jamais, dis-moi, les traits d'un autre amant N'ont-rils troublé tes songes ni ta veille ?

Le regard fixe et le sein oppressé, Te rappelant une image trop chère, N'as-tu janiais, le soir, près de ta mère, Laissé tomber le travail commencé ?

Tu me dis yaime, et d'une voix si tendre î Ce mot charmant, pour moi seul l'as-tu dit?

Que sais-je? Un autre avant moi l'entendit Peut-être!... Eh bien! je ne puis plus l'entendre. Pardonne, hélas! dans mon trouble fatal, Je te parais injuste, ingrat; mais J'aime!

Ah! songe bien que pour l'amour extrûmo Un souvenir est encore un rival.

^jrTç?T

Page 1