LIVRE PREMIER
Pourquoi souvent à ta main qui la presse Ma froide main répond négligemment?
Le sais-tu ? Non. Connais donc ma faiblesse.
Ris, tu le peux, de mes travers nouveaux :
Je suis jaloux, et jaloux sans rivaux !
Quand le présent m'enivre de délices.
Dans le passé je cherche des supplices.
Ton cœur, réponds sans nul déguisement, N'a-t-il battu que pour moi seulement?
Durant les nuits, à l'heure où tout sommeille, Jamais, dis-moi, les traits d'un autre amant N'ont-rils troublé tes songes ni ta veille ?
Le regard fixe et le sein oppressé, Te rappelant une image trop chère, N'as-tu janiais, le soir, près de ta mère, Laissé tomber le travail commencé ?
Tu me dis yaime, et d'une voix si tendre î Ce mot charmant, pour moi seul l'as-tu dit?
Que sais-je? Un autre avant moi l'entendit Peut-être!... Eh bien! je ne puis plus l'entendre. Pardonne, hélas! dans mon trouble fatal, Je te parais injuste, ingrat; mais J'aime!
Ah! songe bien que pour l'amour extrûmo Un souvenir est encore un rival.
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