‹ Œuvres précédées d'une noticeChapitre 15 sur 117 · PRIÈRE A LA NUIT · texte numérisé non relu

PRIÈRE A LA NUIT

Du jour sœur paisible^ et voiléo, Qui sur la terre consolée Versant le baume du repos.

Couronnes ta tête étoilée D'un diadème de pavots, Nuit! pardonne si ma lyre,.

Frémissant au gré du zéphyre Parmi les saules de ces bords, Ose un instant par ses accords Troubler la paix de ton empire.

J'ai vu le disque étincelant S'éteindre aux humides demeures, Et le groupe léger des Heures Suivre ton char en se voilant.

Tout dort; et moi, seul, en silence, Aux lueurs d'un pâle flambeau.

Devant ton trône je balance Des suppliants l'humble rameau.

Je n'invoque point ton mystère Pour aller ravir à sa mère Une vierge au cœur ingénu, Qui, solitaire et sans défense, Achève, le sein demi-nu.

Son dernier songe d'innocence.

Je ne vais point d'un seuil jaloux

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