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LIVRE SECOND

Laissez, laissez du moins vos nymphes attendries

Aux fidèles échos redire quelque jour

Yotre Mélésigène exilé sans retour.

Et vous, dont je n'obtins pour ombrager ma tête

Qu'un stérile laurier, jouet de la tempête,

Muses, filles du ciell recevez mes adieux.

Je ne chanterai plus les héros ni les dieux

Ni les tours d'Ilion par les Grecs menacées ;

Ni l'épouse d'Hector devant les portes Scées;

Ni d'Achille outragé l'inflexible repos ;

Ni le fils de Laërte au loin battu des flots.

Déjà ma voix ressemble à la voix monotone

De la faible cigale aux premiers jours d'automne ;

Déjà cessent pour moi les sons mélodieux :

Muses I fillçs du ciell recevez mes adieux, d

Homère ainsi chantait, quand le dieu de la lyre Fit entendre ces mots au fond du sombre empire : « Parques! arrêtez. L'arbitre souverain Ravit les jours d'Homère à vos ciseaux d'airain. » Il dit, et l'enleva dans le sein du nuage ; Et l'enfant de Samos resta seul sur la plage. Les Sirènes, dit-on, ces Muses de la mer.

Recueillirent le chantre aimé de Jupiter ; Et quand, la lyre en main, belles Achéloïdes* ! 11 charme de sa voix vos demeures humides, Le nocher se dérobe à vos enchantements ; Thétis même, du fond des gouffres écumant*.

L'écoute; et, célébré par le divin Homère, Le nom d'Achille encor fait soupirer sa mèro.

* Les Sirènes étaient filles du fleuve AchéloOs.

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