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LIVRE SECOND

Et Jupiter, versant le nectar sur son aile, Repose encor sur lui des regards complaisants.

« mon jeune rival! je pardonne à ta gloire.

En passant devant moi tu baissas le regard :

Modeste, tu semblais, confus de ta victoire, Rougir sous tes lauriers de l'affront du vieillard.

« La Muse te dota des trésors du poëte :

On dit que d'Apollon cette divine sœur Couronna ton berceau des abeilles d'Hjrmète, Et voulut de tes chants présager la douceur.

« Accomplis tes destins : triomphe dans TAttiquo. Pour moi, je pars : je vais sur des bords plus heureux, De Cécrops au tombeau foulant la terre antique, Chercher dans Ptolémée un hôte généreux.

« Quelques succès encore attendent ma vieillesse. Non , je ne verrai point mes affronts impunis : L'Egypte vengera les mépris de la Grèce ; Athènes trouvera ses juges dans Tanis.

« Tel un coursier, vaincu dans les jeux d'Olympio, Fuit le jour et languit dans un triste lien ; Mais bientôt son ardeur, un instant assoupie. Retrouve la victoire au cirque Pythien.

« En un cirque nouveau comme lui je m'élance : Je veux par un triomphe effacer un revers.

Recueille-toi, ma lyrel et ne sors du silence Que pour vaincre en beauté les plus beaux de mes vers.

« Ressouviens-toi du jour si cher à Melpomène, Du jour où, créateur de mon art épuré, Sur un tertre épineux je cueillis non sans peine Le laurier frôle encor par Thespis effleuré.

« Melpomène, à ma voix, du cothurne chaussée, Pour le manteau royal dépouilla ses lambeaux ; Et le chœur, mesurant sa marche cadencée, Asservit la parole à ses retours égaux.

« N*en doutons plus. Minerve abandonne sa ville; Minerve a trop longtemps protégé des ingrats : Ils m*ont banni du sol que j'ai rendu fertile. Et pourtant mon rival sans moi ne serait pas.

« lyre ! que ta voix contre Athènes s'élève.

C'est toi que sans pudeur elle ose humilier, Toi qui fus dans mes mains la compagne du glaive. Toi qui mêlas tes sons au bruit du bouclier!

({ Ah I je devais la fuir quand sa lâche furie Enveloppa mes jours de pièges odieux, M'accusant d'outrager les dieux et la patrie. Alors que je chantais la patrie et les dieux.

« Plaine de Marathon I Salamine I Platée !

Des plus fiers combattants quand je marchais l'égal, ^ Pensiez-vous qu'on verrait une foule irritée Me traîner en coupable au pied d'un tribunal ?

«r II fallut attester les libations pures Dont i'arrosai l'autel, dans le jour fortuné

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