LIVRE SECOND
Qui décora mon sein de deux larges blessures. J'évoquai Marathon, et sortis couronné.
« consolant départ! ô fortuné voyage!
Le monarque du Nil me garde son appui ; L'héritier de Lagus, espoir de mon vieil âge, Bénira les destins qui me donnent à lui.
c( Son palais est un temple où les sages du monde Viennent dans tous les temps, viennent de tous les lieux Interroger d'Isis la sagesse profonde.
Et, mortels, assister aux mystères des dieux. '
« Tu pourras avec nous, déesse du cothurne, Des rois qui ne sont plus visiter le séjour.
Évoquer leur poussière, et du fond de son urne Forcer quelque ombre illustre à remonter au jour.
a Éternels monuments de grandeur inégale.
Nous verrons de la mort ces palais éclatants Où du royal orgueil la pompe sépulcrale, Ne pouvant fuir la mort, veut triompher du temps.
a Du trépas et du temps les sublimes pensées Laisseront dans mon âme un fécond souvenir.
Et devront quelque jour, en beaux vers cadencées, Du milieu des tombeaux voler vers l'avenir.
« Glisse, léger vaisseau! frappez, rames agiles! Cordages, redoublez vos sifflements aigus!
Zéphyrs , gonflez le sein de nos voiles mobiles ! Portez-moi sans retard près du fils de Lagus. »
A ces chants prolongés sur la vague sonore, Le rapide vaisseau fuit plus prompt sur les flots Que la poupe dorée où le brillant théore Voguait, paré de fleurs, aux fêtes de Délos.
Il a touché la rive. Un fidèle message Annonce le poëte au monarque enchanté :
Il se lève; il accourt, et vient sur son passage Tendre au vieillard la main de l'hospitalité.
On vit, durant trois jours, sur ces rives fécondes, Par des chants, par des jeux, les transports signalés. Gomme au temps où du Nil les paternelles ondes Ramènent Tabondance aux peuples consolés !