BISMUTH
Les expériences n'ont pu être poussées plus loin, en raison du peu d'intensité des phénomènes.
H n'y a donc, dans nos expériences, aucune raison d'attribuer au bismuth et à l'antimoine une action inductrice de nature particu-
Hère; il suffit de leur appliquer les lois générales observées pour les autres métaux, en tenant compte de leur mauvaise conductibilité.
CONCLUSfONS.
Les conséquences des expériences décrites dans le paragraphe III du présent mémoire et relatives aux corps magnétiques me paraissent inutiles à rappeler.
Il n'en est pas de même des propositions suivantes, qui se déduisent des faits observés au paragraphe IV :
i° Il est impossible d'expliquer les phénomènes par une induction diamagnétique dont les lois seraient contraires à celles de l'induction magnétique.
ô° On se rend compte de tous les faits par les lois de l'induction ordinaire, pourvu qu'on ait égard à l'influence du temps, par laquelle M. Faraday a expliqué le magnétisme de rotation.
3° Néanmoins une analyse insuffisante des expériences pourrait sembler favorable à l'hypothèse d'une induction diamagnétique.
Ces conclusions sont tout à fait contraires à celles de M. Bréguet; mais il est facile de comprendre comment cet observateur a obtenu, avec tous les métaux , des courants dirigés comme les courants induits par le fer. M. Bréguet se servait d'un commutateur à lame très-large , qui laissait passer les courants développés pendant environ un quart de révolution, et il donnait toujours à la plaque une vitesse de 5o à 6o révolutions par seconde. Or, si l'on examine les courbes des figures 6 et 17, qui représentent les effets produits par le fer doux et par les métaux non magnétiques, pour de grandes vitesses de rotation, on voit que dans une partie de leur étendue ces courbes sont de même signe, et l'on conçoit qu'en donnant une position convenable au commutateur on obtienne les effets observés par M. Bréguet. C'est ce que j'ai pu faire sans difficulté. Il n'y a ainsi aucune contradiction réelle entre nos expériences.
Les expériences de M. Faraday sont entièrement d'accord avec les nôtres; seulement elles ne mettent pas en évidence cette influence du temps sur l'induction , dont notre travail fournit, nous le croyons,
une démonstration nouvelle. De plus , en ce qui concerne le bismuth et l'antimoine, nos expériences nous paraissent plus concluantes. M. Faraday n'a rien obtenu d'appréciable avec ces deux métaux, tandis que nous avons obtenu des effets très-sensibles qui ont suivi exactement les mêmes lois que les effets des autres métaux.
Les grands avantages que m'a offerts la machine de Page m'ont fait tenter inutilement de nouvelles expériences sur l'induction diamagnétique. J'ai substitué à la plaque de bismuth un faisceau de barreaux cylindriques de même métal, ayant chacun 10 centimètres de longueur sur 3 millimètres de diamètre, de manière que la quantité de bismuth fût à peu près la même dans les deux cas. De cette façon, les courants induits dans la masse du bismuth étaient rendus insensibles, sans que l'effet du diamagnétisme dût être notablement diminué. Quelque sensibilité que j'aie donnée au galvanomètre, je n'ai rien obtenu d'appréciable avec certitude , même en imprimant à l'appareil une vitesse de 60 révolutions par seconde, et faisant usage d'un commutateur qui laissait passer les courants pendant un déplacement angulaire de 60 degrés. Dans les mêmes circonstances, avec un faisceau de gros fils de cuivre ayant à peu près les mêmes dimensions, j'ai obtenu des déviations de 3 ou 4 degrés, dirigées de la même manière que les déviations produites par une plaque de cuivre continue. Cette dernière expérience est bien propre à faire voir combien le sujet offre de difficultés. Considérée à part , elle semblerait une démonstration rigoureuse de l'induction diamagnétique ; si on la compare avec l'ensemble des faits cités dans le présent mémoire, on n'y peut voir qu'une action des très-faibles courants induits par l'aimant dans les fils de cuivre.
NOTE
SUR LES INTERFKRENCKS