‹ Œuvres, publ. par les soins des ses élèvesChapitre 66 sur 82 · AT · texte numérisé non relu

AT

Moyennes 37°ai' bh° 3ç/,5

Valeur du double de In rotation magnétique : i7°i8',5. Intensité du courant après la mesure de la rotation : 2 06, 5. Rapport du double de la rotation a l'intensité moyenne : 5, 010.

RaieE.

Intensité du courant avant la mesure de la rotation : 210,6.

Azimuts de polarisation correspondant aux deux directions opposées du courant :

3ft°90'

Moyennes. . . . 3A°a6' 57°29',5

Valeur du double de la rotation magnétique : s3°3',5. Intensité du courant après la mesure de la rotation : 208,1. Rapport du double de la rotation à l'intensité moyenne : 6,609.

Verdet, I. — Mémoires. i (>

2/i2 SUR LES PROPRIÉTÉS OPTIQUES

Raie F.

Intensité du courant avanl la mesure de la rotation : q i 9,6.

Azimuts de polarisation correspondant aux deux directions opposées du courant :

Moyennes. . . . 3i°33',5 6o°2o/

Valeur du double de la rotation magnëtique : 28°55',5. Intensité du courant après la mesure de la rotation : 2 1 0,6. Rapport du double de la rotation à l'intensité moyenne : 8,20a.

Raie G.

Intensité du courant avant la mesure de la rotation : 219,1. Azimuts de polarisation correspondant aux deux directions opposées du cou-

rant :

Moyennes. . . . a5°a7' 66°2o'

Valeur du double de la rotation magnétique : 4o°53'. Intensité du courant après la mesure de la rotation : 212,0. Rapport du double de la rotation à l'intensité moyenne : 1 1,367.

C'était pour éliminer l'influence possible d'une erreur personnelle que j'avais prié M. Gernez de répéter mes observations. Or, il était arrivé que dans l'intervalle des deux séries d'expériences la dislance de l'aimant mobile à la règle et à la lunette qui servaient à mesurer les déviations avait été fortuitement un peu augmentée, de façon que, pour une même intensité réelle du courant, M. Gernez devait observer un déplacement un peu plus grand que l'image de la règle. Ces expériences devaient donc conduire à de plus petites rotations que les miennes; mais, en prenant les rapports de mes nombres à ceux de M. Gernez, on devait trouver un rapport sensiblement constant pour les diverses couleurs, s'il y avait eu réellement accord

entre nos mesures. Ce rapport présente, en effet, les valeurs suivantes pour les diverses raies du spectre :

i,o3i3 1,0202 1,0195 i,oi85 i,023o

Si l'on multiplie les nombres de M. Gernez par la moyenne de ces rapports, qui est 1,0 2 2 5, on obtient la série de valeurs

3,85a 5,iq3 6,758 8,387 n,6a3 qui diffère à peine de la série

3,885 5,ni 6, 7 38 8,356 n.63o

La moyenne de ces deux séries ne peut manquer de représenter la loi réelle du phénomène avec une grande exactitude.

On obtient donc en définitive pour les pouvoirs rotatoires magnétiques du sulfure de carbone et de la créosote, correspondant aux diverses raies du spectre et rapportés à une même intensité du courant, les valeurs suivantes :

Sulfure de carbone 5,373 6,973 9,082 11,206 15,675

Créosote 3,869 6,117 6,7/18 8,370 11,636

Les produits de ces nombres par les carrés des longueurs d'ondulation (exprimées en cent-millièmes de millième) ont pour valeurs :

Sulfure de carbone q3i5o 26175 2Ô2o8 26283 2869/4

Créosote 16669 17760 18670 19632 21607

On retrouve ainsi le résultat déjà suffisamment établi dans le tableau de la page 2 35, savoir : que le produit de la rotation magnétique par le carré de la longueur d'onde n'est pas constant dans toute l'étendue du spectre, mais que ses variations sont beaucoup plus petites que celles de la rotation ou du carré de la longueur d'onde.

244 SUK LES IMtOPRIÉTÉS OPTIQUES

Il est en outre évident, avec un peu d'attention, que l'importance relative de ces variations est notablement plus grande dans le cas de la créosote que dans le cas du sulfure de carbone. Mais, pour bien juger de cette différence, il convient de calculer les rapports des diverses valeurs de ce produit relatives à une même substance à la moyenne de ces valeurs elles-mêmes. On obtient ainsi les deux séries suivantes de résultats :

Sulfure de carbone 0,909 0,9/19 °i9^7 i.o3a 1,119

Créosote 0,886 0,962 0^99^ i,o43 1.137

Ainsi le produit de la rotation magnétique par le carré de la longueur d'onde varie des — de sa valeur movcnne pour le sulfure de

o IOOO *< 1

carbone, et des ^ pour la créosote. 11 suffit, d'un autre côté, de jeter les yeux sur les spectres que donne un prisme creux, fermé par des lames de verre à faces parallèles et rempli successivement de sulfure de carbone et de créosote, pour reconnaître que la dispersion de la première substance est incomparablement la plus forte. On ne peut donc regarder comme une loi générale la relation qui avait paru ressortir de mes premières expériences.

Afin de ne conserver aucun doute sur ce point important, et de fournir des éléments suffisants à la discussion théorique qui forme le paragraphe 4 de ce mémoire, j'ai mesuré les indices de réfraction du sulfure de carbone pour les sept raies principales de Frauenhofer, et, le temps m'ayant manqué pour exécuter le même travail sur la créosote, j'ai prié M. Gernez de s'en charger. L'appareil qui a servi à nos observations était un cercle horizontal , construit par M. Brunner, dont la division permettait de lire les to secondes et d'apprécier sûrement les 5 secondes, et qui portait un collimateur à fente étroite et une lunette mobile d'un grossissement de 22 diamètres. Les liquides étaient renfermés dans un prisme de 5o°i7'io ff d'angle réfringent, construit par le même artiste avec des glaces à faces rigoureusement planes et presque rigoureusement parallèles, collées avec de la gomme arabique mélangée de sucre en poudre fine (1 .

( l} Les prismes ainsi construits sont incomparablement supérieurs aux anciens prismes,

Les spectres obtenus, lorsque le liquide était bien en repos, étaient d'une beauté remarquable; il n'était pas difficile, par exemple, de pointer exactement dans la raie G le trait fin et très-noir qui a été le véritable point de repère de Frauenhofer. J'ai obtenu, par le procédé ordinaire de la déviation minima, la série suivante d'indices pour le sulfure de carbone, à la température de q4°,4 :

1,61 14 1,6147 i.Gfi4o 1,6368 1,6/187 1,6728 1,6956

M. Gernez a obtenu de même, à la température de 23°,(), pour la créosote même qui avait servi aux mesures des rotations, et le lendemain du jour où ces mesures avaient été prises, la série suivante d'indices (1) à la température de *-*3°,() :

Les températures où Ton a mesuré les rotations et les indices d'un même liquide diffèrent assez peu pour autoriser la comparaison de ces deux éléments {2) . Il est donc établi que la créosote est beaucoup moins dispersive que le sulfure de carbone, et que la variation de ses rotations magnétiques avec la longueur d'onde est plus rapide ou au moins tout aussi rapide que la variation des rotations du sulfure de carbone.

Ainsi il n'est pas vrai d'une manière générale que la rotation croisse d'autant plus rapidement d'une extrémité à l'autre du spectre que la substance considérée est plus dispersive.

On comprendra mieux l'intérêt et la portée de ce résultat lorsqu'on aura lu la discussion théorique qui va suivre.

où les glaces à faces parallèles étaient appliquées contre les deux côtés d'un prisme massif traversé par un canal cylindrique, et maintenues par une pression qui les déformait toujours plus ou moins.

(,) C'est simplement par oubli que M. Gernez a négligé de mesurer l'indice relatif à la raie B.

< 2) Voir, sur les mesures d'indices, la noie C à la fin du mémoire.

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