‹ Œuvres ... réunies et mises en ordreChapitre 110 sur 280 · XXI . AI · texte numérisé non relu

XXI . AI

Laissant de côté la marque de valeur XXI, la lettre numérale d*atelier qui lui a servi à ordonner la série, M. Kolb obtient ce double reliquat : I — 0 — BI, et HP — KOY — AI ; c'est-àdire une transcription grecque des surnoms Jovius et Herculius,

Faisons remarquer que les écrivains grecs qui donnent à Maximien son surnom, pour le distinguer de Galerius, ne le traduisentpas par *HpixXs'.9;^maisle transcrivent 'Epy.ôuXio;(l). Quant à Dioclétien dont le nom se reconnaissait facilement, on ne lui donne pas son surnom dans les récits. Toutefois, ce surnom se lit sur les médailles à légendes latines, dans les inscriptions, et il devait être, non pas traduit par AtdxXij;, mais

(1) V. par ex. Pœanii Metaphr, Eutropii rom, hist,, IX, 20, 27, 28, etc. — Aun^. Victor dit ea parlant de Maximien : Huic postea ctdtu numinis, Herculei cognomentum accessit, uti Vaierio (Diocletiano) îovium.

298 MARQUES MONÉTATRKS DE LA TÉTRARCHÎE.

transcrit 'IsSio;, comme on transcrivait le nom de Jovien 'Ic6iav6ç (1).

Ainsi donc la conjecture de M. Kolb n'est pas seulement ingénieuse, elle est en accord avec les données critiques. D'ailleurs si, d'un côté, elle dénote une remarquable sag-acité delà part de celui qui Ta proposée, elle est, d'un autre côté, tangible pour les moins exercés. Il demeure donc acquis que sur ces petits bronzes qu'à leur aspect oriental M. Kolb ju^o émis dans la ville de Serdica de Mœsie, les surnoms des deux empereurs Jovius et Herculius se trouvaient divisés chacun en trois parties correspondantes aux lettres de numération.

Nous avons déjà eu occasion de faire remarquer que sur la monnaie de la Tétrarchie à Rome, les signes du foudre et de la massue placés à Texergue avec Tindice de ville et la lettre numérale, représentaient les surnoms impériaux (2).

M. Kolb rapproche les mots qu'il a découverts, dans Texergue des petits bronzes, de la légende des médaillons de Dioctétien et de Maximien : MONETA 10 VI ET HERCULI AVGG. Sa comparaison est fort naturelle ; dans les signes qui occupent Fexergue des petits bronzes, le mot moneta est sousentendu. On s'étonne en voyant qu'un érudit aussi éclairé que Tétait Spanheim ait pu considérer, dans la légende des médaillons, les mots lOVI et HERCVLI comme des datifs, el lire Augustis Anxi^ AVGG, au lieu de Augustorum (3). Eckhel avait bien su trouver l'unique et véritable sens de cette légende. La répartition des syllabes I-O-BI, HP-KOT-AI sur les trois monnaies est sans doute fort singulière. Mais il me sera permis à cette occasion de rappeler deux petites bases de sla-

(1) Sozomeni eccl, hist.f IX, 4, 7, le nom du préfet du prétoire Jovius, 'lô^to:

— Suidas, 'I66eioi xa\ *EpxouXeioi, ov6{JuxTa tdÇcov • xiy^arcct ydp rtva Sat'i*®^^» Èii(ûvu(jia. 'I66i; yàp itapà 'iTaXoîç à Zeuç, 'Epxo'iXioç ôs à ^HpaxXîiç. Que ce fraiîmeat doive être attribué à Euuape, comme l'a pensé Boissonade, ou à ud autre auteur, il est certain qu'il ne montre pas une grande science du latiu. —Cf. Sozom., lib. VI, cap. 6. — Quant à *Io6iav6;, V, Socratis Eccles. hht., III, 2i-

— Sozomène, Suidas.

(2) Rei\ mim. 1866, t. Xï, p. 160. Rech, sur les ateliers monét. — P. 107 au présent volume.

(3) Les Césars de Julien, 1683. p. 121-122.

MARQUES HONÉTA[RES DE LA TÉTRARCHIE. 299

luettes que j'ai fait connallre il y a quelques années, et sur lesquelles on lit la formule V. S. L. M. (votum solvit libens merito) disposée lîe façon que deux des caractères sont gravés sur une base et deux autres sur la seconde base (1).

(1) Compte* rtndus det téanai de FAcad. des Inscriplions et belUi-leltres, 1(t63. p. 433. — P. 212 du préMot Tolume.

Vase cypriote avec face hî/maine. ObsetTations su?' une erreur de M. Schliemann,

(Extrait du tome II (4c série) des Comptes rendus de t Académie des inscriptions et belles- lettres^ 1874, pp. 94-95.)

M. de Longpérier présente à rAcadémie un de ces vases cypriotes réputés les plus anciens spécimens de Tart du potier: c^est une amphore à panse ovoïde allongée , munie latéralement de deux anses très simples, terminée par un col court, large et droit, portant à l'extérieur les traits d'une tète humaine.'

L'Académie, dit M. de Longpérier, a, plusieurs fois déjà, entendu parler des valses d'argile recueillis par M. Schliemann dans ses fouilles d*Asie Mineure, et elle connaît la singulière théorie suivant laquelle bon nombre de ces vases seraient décorés d'un masque de chouette grossièrement modelé. Je mo suis élevé contre cette opinion, qui me parait en contradiction avec les monuments que nous connaissons dans les collections publiques et particulières. Notre confrère M. P. Paris a signalé des vases de terre, trouvés en Champagne dans des sépultures où se rencontraient des armes de pierre polie, et dont le col portait un masque humain. M. le professeur Berendt, de Kœnigsberg, a publié un recueil de vases semblables, découverts dans les environs de Dantzig.

L'Académie a sous les yeux un vase cypriote qui va figurer à l'exposition du palais du Corps législatif. C'est un travail d'une très haute antiquité ; le col du vase est, comme on voit. décoré d'un masque humain, avec oreilles humaines; ce ieT-

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