VASE CYPRIOTE AVEC FACE HUMAINE
nier détail apparaît également dans les vases de la collection Schliemann, nous le savons maintenant par les photographies.
M. de Longpérier affirme qu'il n'y a rien, sur aucun des monuments qui viennent d'être énumérés, qu'on puisse considérer comme l'icnage d'une chouette.
Je n*aurais pas apporté, dit-il, ce vieil échantillon de l'art cypriote, si Tillusion de M. Schliemann n'intéressait que l'explication de v€ises au sujet desquels les véritables archéologues, tant en France qu'en Allemagne, ne se sont pas trompés. Mais 011 a essayé d*altérer le sens donné par la philologie à d'anciens textes, et il. est bon de montrer sur quels arguments fragiles on s'était appuyé. L'erreur de M. Schliemann tient à ce qu'il ne possède pas une connaissance suffisante des monuments recueillis antérieurement à ses trouvailles. Une élude comparative offre toujours le moyen le plus sur de dissiper les illusions que fait naître l'appréciation des monuments isolés.
Vase de b bonze trouvé dans la Sienne.
( Extrait du tome II [k^ série) des Comptes rendus de V Académie des insa'iptions et belles-lettres , 1874, pp. 110-112.)
M. Quesnault, ancien sous-préfet de Coutances, a chargé notre savant confrère M. Lcopold Delisle de mettre sous les yeux des membres. de l'Académie trois photographies représentant, sous divers aspects, un vase de bronze trouvé dans la Sienne, sur le territoire de la commune d'Urville (arrondissement de Goutances), et qui a été acquis pour le musée de Coutances par les soins de M. Quesnault. Le poids de ce vase est d'environ 1 kilogramme, sa contenance de 1 litre et demi; sa longueur, y compris le manche, de 31 centimètres; sa hauteur de 10, son diamètre de 18. C'est au nom de M. Delisle que je présente ces photographies à TAcadémie, en ajoutant quelques remarques sur Tobjet dont la découverte nous est ainsi obligeamment signalée.
Le vase de bronze trouvé près -d'Urville est un ustensile culinaire, une casserole, pour l'appeler par son nom. Celle casserole est exécutée avec un très grand soin, sa forme est très élégante; tous ses détails sont exécutés avec une finesse remarquable. Le manche, large et mince, porte l'estampille du fabricant PVDES ' F {Pudens^ avec anousvara sur TE, fecit (1). Le nom de Pudens se trouve imprimé sur des vases
(1) Voy. le travail inUtulé : De Vanottsvaru dans la numismatique gauloise {Revue numismatique ^ 1864, t. IX, p. 333 et suiv*) — P* 57 du présent Tolumc
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VASE DE BKONZE TUOUVÉ DANS LA SlENiNE. 303
de terre rouge, recueillis dans les Gaules et dans la Grande- Bretagne.
Le fond du vase présente sur sa face extérieure une série (le lilels circulaires concentriques d'un si grand relief qu'ils st>nl presques cylindriques; ces filets ont été pris dans la niasse du métal fondu et ont été exécutés à l'aide du tour. Ce ne sont pas là des ornements, placés sur une partie de vase où l«'ur présence n'est nullement nécessaire. Mais les sillons profonds qui les séparent avaient pour utilité de diminuer con- «^idérablement le poids de Tustensile sans diminuer sa force lie résistance y qui profitait de toute l'épaisseur des filets ménagés en relief, et, d'ailleurs, fort rapprochés les uns des autres.
11 serait possible aussi, quoique à cet égard on ne doive rien affirmer, que les anciens, qui ont fait empiriquement tant de iléoouverles scientifiques, aient reconnu que l'accroissement «le surface produit par le développement de ces petits cylindres ai'lait à l'absorption d'une plus grande quantité de .chaleur «iiiQs un temps donné; en d'autres termes, hâtait l'échaufTeraent du liquide ou des corps placés dans le vase lorsqu'il iilail sur le feu.
Quoi qu'il en soit, ces filets se retrouvent dans d'autre casseroles exactement semblables pour la forme à celle dont nous avons l'image sous les yeux.
La découverte de ce vase dans les environs de Coutances no suffit pas pour lui attribuer une origine septentrionale. Cette n'marque s'appuie sur des observations antérieures. J'ai pu, •n 1867, classer dans la galerie de l'histoire du travail, à l'Kxposition universelle, deux casseroles semblables qui, toutes deux, portaient une même estampille contenant le nom <lu fabricant DRACCIVS ' F. Or, Tun de ces ustensiles avait été trouvé à Villeurbanne (Isère), l'autre à Corseul (Côtes-du- ^ord)(i). Ces vases, recueillis sur des points si distants, in-
U M. R. Mowai, ayant lu ua compte rendu de cette communication, avertit )>o^té^iea^ement l'auteur des recherches qu'il a faites sur la provenance du VoéloQ de Draccius, conservé au musée de Rennes, avec mention de Corseul.