VASE DE BRONZE TROUVÉ DANS LA SIENNE
diquetit nécessairement que les produits du bronzier Draccius étaient transportés par le commerce, soit du nord au midi, soit du midi au nord. Il pouvait en être de mèmepourles produils du fabricant Pudens. Il faut ajouter, comme détail intéressant, que les casseroles recueillies près d'Urvillc et à VilleurbanBLont été étamées à l'intérieur; procédé d'invention gauloist-. au dire de Pline, qui cite à ce sujet la ville d'AUse et les Bîturiges (xxxiv, 48). Il se pourrait que Pudens el Draccius aient travaillé dans le centre de la Gaule.
Le vaie provicDl tle la célèbre coIIucUod du présideol de Robien, el peut aroir élÉ Uvuvé eQ Bretagne, sans qa'oD doive [iréciaer davauhge.
MA^fjcjs DE TERRE'CviTË (Ic vonde-tosse^ d*art carthaginois^
de haute antiquité.
( Extrait du tome H (4« «ério] des Comptes reiidus de V Académie des inscriptions et Oelles-lettres, 1874, \pp. 206-208.)
J*ai reçu aujourd'hui même une lettre de M. Antoine de Villefosse, datée de Constantine, le 18 juillet, et accompagnée de photographies représentant un objet antique d'un si haut inlérèl que je crois devoir en faire à l'Académie communication immédiate.
Voici d'abord la lettre: « Permettez-moi de vous adresser la photographie d'un monument dont la provenance et le caractère offrent un intérêt tout particulier. Il a été découvert à Carthage dans les citernes de la Malqâ, et appartient à M. Villedou, vice-consul de France à Sousa (Tunisie). C'est un masque de terre-cuite peint en rouge. La couleur est enlevée en quelques endroits, ce qui permet d'en constater l'épaisseur ; lie s'écaille facilement. Les cheveux, qui retombent en larges nattes le long du cou, sont peints en noir ainsi que les sourcils. Les oreilles sont percées chacune de six trous, trois en haut, trois en bas. Us servaient probablement à suspendre des pendants ou d'autres ornements. U n'en était pas de même des aulrcs trous, beaucoup plus grands, qu'on observe autour du masque et qui sont au nombre de sept : trois à la partie supérieure de la tête, un au-dessus et un au-dessous de chaque oreille ; ils étaient destinés à fixer le masque. Il me semble qu'il faut y voir un masque funéraire plutôt que
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rimage d'une divinité ; en tous cas, le caractère de la figure est très particulier et se rapproche beaucoup des types du tombeau corinthien dont vous avez donné une si excellente reproduction dans votre Musée Napoléon III . La hauteur de celte terre-cuite est de 0",19 et la plus grande largeur est de 0°',13 ; ce ne sont pas tout à fait les dimensions de la figure humaine. La photographie ci-jointe a été faite par mon compagnon de voyage, M. de Laurière. »
Les mesures indiquées par M. de Villefosse me paraissent constituer un obstacle assez grave à la classification de cette terre-cuite parmi les masques funéraires, genre de monuments, du reste, très connus dans les collections d'antiquités, mais dont les dimensions sont ordinairement plus grandes. Si Ton déduit, en effet, la hauteur du cou des O'^ïIO donnés, il resterait à peine 0",15 pour la portion qui aurait dû servir à recouvrir la tête du mort : et cette dimension est insuffisante. D*un autre côté, nous connaissons des masques soit en métal, soit en terre-cuite, qui représentent des divinités.
Mais ce qui est incontestable, c'est que nous nous trouvons, pour la première fois, en présence d'un monument de rondebosse appartenant à Fart carthaginois de la haute antiquité. Quelques petites images gravées en tète de stèles d'une époque relativement récente ne pouvaient nous en donner une idée. Comme il était facile de le prévoir, du reste, ce spécimen de l'art carthaginois offre tous les caractères de Part phénicien des hautes époques. Nous comparons d'abord ce masque aux têtes que les pierres gravées phéniciennes et juives nous présentent, dans des proportions presque microscopiques, mais cependant très appréciables. Le rapprochement s'établit encore mieux avec celles dés grandes sculptures cypriotes que, dans le classement de ces monuments, nous avons attribuées à la période phénicienne, précédant les périodes où l'infiuence des Assyriens, des Égyptiens et des Grecs s'est fait tour à tour sentir dans l'art de cotte île de Cypre, conquise ou colonisée par tant de peuples.
Je mets ici en regard de la photographie exécutée par