V-) Epigr-r '***• ^V, 73, De Vestino
(3) Gruler, 502, 2« col, lig. 9-12.
(4) Hiii., IV, un.
^>) tnscr. ani.f Rome, 1699, cap. m, p. 213, n» j3S.
320 NUMlSMATiQUI:: ALEXANDRINE,
de VEgy^ie ne laissent pas de doutes à cet égard. Ainsi dous voyons revêtus de ce titre, Turranius et Puhlius Octavius sous Auguste y Tiberius Claudius Balbillus et Tiberius Juliu^^ Alexander sous Néron et Galba, Marcus Ulpius Primianus sous Septimê Sévère (1).
Vestinus lui-même, dans la grande inscription de TOasis de Thèbes, déjà invoquée, reçoit après Balbillus le titre d'izxfr/zç. et, dans ce même texte, Ti. Julius Alexander cite Tordre que Vestinus, en particulier, avait donné de ne payer au trésor que ce qui était prescrit par la loi. C^est en qualité de préfet qu' Alexander complète cette mesure administrative, et vise la décision de son prédécesseur. Une circonstance que Labus et Franz n'ont point relevée, mais qui, pour nous, présente un intérêt spécial, c'est que Vestinus était originaire de la Gaule. L'empereur Claude le déclare dans le discours que la table de Lyon nous a conservé : « Ornatissima ecce colonia valeotissimaque Viennensium quam longo jam tempore senatores huic curise confert. Ex qua colonia, inter paucos equeslris ordinis ornamentum, L. Vestinum familiarissime diligo et hodieque in rébus meis detineo. »
L'inscription grecque que nous faisons connaître aujourd'hui se termine par une série de marques pondérales qui réclament quelque commentaire. Elles appartiennent au système romain, et, si nous supposons que la livre qui y est mentionnée est celle de 32S grammes, voici ce que nous obtiendrions :
AA Xhpa [Ata 32o«,000000
Fo B o'JYxtat 8J5 = 27,09 X 2 84 18
^ (scripulum), ypap"-!^ * 123375
/v iôoXcç 0 362637
(1) Letronue, Inscv. de CÉgypie^ t. I, p. 80, l. II, p. 142. Joum. des Sac., Ifâ!, p. 179 et 305; 1822, p. 543, 674. — Carie Wcscher, BuU. Inst. archeùl,, 186& p. 52-53. — CoiT)U8 insci\ gr,, 4923, 4715, 4699, 4957, 4863. — M. Feuardent n'a pas doiioé place au préfet Avilliue Flaccus, sans doute parce qu*il se rapporte au règne de Caligula, dont on n*a pas de monnaie alexandrine«
MMISMATIQUE ALEXAiNDRlNE. 321
Voilà un premier résultat théorique. Nous chercherons ("nsuite le poids spécifique qui nous sera fourni par les dimensions du bronze, ce qui ne peut être que relatif, puisque nous navons pas Tessai du métal. En lui attribuant la pesanteur du cuivre fondu commercial, c'est-à-dire 8,788, et après avoir pris les dimensions de la tablette carrée, non plus en nombre rt>nd, mais avec une exactitude plus approchante, nous obtenons, étant donné le côté du carré de 0,0615 et l'épaisseur de 0,01146,
Rapprochons ces résultats de la pesée du bronze antique déjà indiquée, et nous sommes en présence de ces trois chiffres:
Poids déduit des ,mai*ques pondérales. . . 380^,868012 Poids déduit de la pesanteur spécifique . . 380 912211 Pesée du bronze dans son état actuel . . . 380 700000
Remarquons qu'il s*agit d'un monument qui a subi les atteintes de dix-huit siècles et dont le poids se trouve altéré, ('n moins par quelques dégradations, en plus par l'oxydation ; nous nous contenterons de ces rapports si marqués.
Après avoir réduit la formule de notre poids en chiffres décimaux^ il reste à rechercher ce qu'elle signifie. Pas plus dans Tantiquité que dans les temps modernes, on n'a pensé à mettre dans la circulation des poids composés avec des fraclions. Il s'agit donc ici d'un poids relatif, autrement dit d'une pesée. Cette pesée indique-t-elle la conversion d'un système égyptien ou grec en système romain? On serait d'abord tenté de le croire. Mais nous ne possédons pas la notion d'une mine de 380 grammes ni d'une mine égyptienne de 760 grammes, dont notre bronze représenterait la moitié.
Depuis l'époque où nous avons publié la pesée des poids grecs qui se trouvaient alors dans les collections de Paris (1),
(1) Annali delC in$t, archeoL, 1847, t. XIX, p. 333 sqq. — P. 198 du tome II des (Euvres de A. de Longpérief.
nous avons examiné d'autres monuments de cette classe. M. R. Schillbach a publié un travail beaucoup plus étendu, beaucoup plus utile à tous égards que notre essai, et n'a rieu recueilli d'analogue au poids acquis par M. Feuardent (1).
Nous sommes donc conduit à chercher une solution étrangère à l'évaluation de la 7Jiine.
Pour peu que Ton ait étudié le numéraire impérial du i^' siècle, on sait que Néron réduisit progressivement le poids de Vaureus^ ou denier d'or, jusqu'à en tailler 45 à la livre (Pline, XXXIII, xui, 5). C'est une question que Letronne a déjà traitée dans ses Considératiotis gétiérales sur tévalualion des monnaies (2), et que Don Vicente Vazquez Queîpo a reprise en y introduisant d'utiles distinctions, résultat de ses expériences personnelles (3). Dans son histoire de la monnaie romaine, M. Th. Mommsen reconnaît que, vers l'an 60 de notre ère, on voit tomber Vauretts de 78,81 à 7«,57, et jusqu'au poids de 7«,39 à 7«,30 (4). En consultant les tables de pesées de M. Vazquez Queipo, on observe, pour le règne de Néron, des aurciis de bonne conservation pesant 7«,63, 7^,623, 7«,61 (S). Si nous multiplions par 50 le poids de Yaureus de 7^,61, nous obtenons 380^,50; et, si nous supposons un état de réduction moindre de 4 milligrammes, nous trouvons 7«,614 X 50 = 380^,70, c'est-à-dire l'équivalent de notre bronze. On voit qu'en se reportant à son état primitif, on pourrait encore augmenter de quelques milligrammes la valeur de Yaureus,
Mais ce qui frappera certainement les esprits méditatifs, c'est l'accord de cette valeur attribuée par M. Mommsen à Fan 60, avec la date que représente l'an vi du règne de Néron.
(1) Ann, delV insL arch,, 1865, t. XXXVU, p. 160 sqq. — A la page â06, no 77 Uf on trouve l'indication d'une mine athénienne de 379 grammes; mais il ^'agit d'un fragment valde Ixsum, ainsi que le dit Tauteur. Un exemplaire bien conservé, n» 76, pèse 4428^,50.
(2) Page 81 sqq.
(3) Essai sur les systèmes métriques et monétaires des anciens peupieSt 1859, t. H, p. 43, n» 357.
(4) Geschichte des Rœmischen MunzwesenSj 1860, p. 753.
(5) Loc. laud., t. III, Tables, p. 428, lab. LX.
XITMISMATIQUE ALEXANDRINE. 323
Il nous paraît donc extrêmement probable que le quadrilatère de bronze fournissait un poids- fait de 50 aureus, livré au commerce à Toccasion d'une émission récente. Il faudrait comparer, quant à l'usage, ce poids-fait aux fiertons ou démrauxy dont les changeurs et agents des ateliers monétaires se servaient autrefois pour vérifier le poids des espèces. Ces iiertons, sur quelques-uns desquels on lit le nom de lombards du XIV* siècle, représentent le poids tout préparé de la monnaie dont ils rappellent le type d'une manière plus ou moins abrégée (1).
M. Fenardent ne s'est pas borné à donner un catalogue exact des médailles alexandrines de la collection Demetrio ; il y a inséré un certain nombre de notes intéressantes, parmi lesquelles nous citerons, à cause de leur étendue, qui leur donne la valeur de dissertations : 1** l'attribution à Ptoléméei'^ésarion d'un grand-bronze offrant le nom de Crassus ; 2° l'explication d'une monnaie inédite de Trajan portant le mol BAAINHOY inscrit au-dessous d'un édifice ; 3*" l'interprétation (le la notation L ' HA sur trois monnaies de Gallien qu'il considère comme émises en l'année qui fut à la fois la première du règne de cet empereur et la huitième de son association à son père Valérien ; 4^ la place chronologique assignée au monnayage de Vaballathe et de Zénobie, princes de Palmyre; •> la discussion, appuyée sur plusieurs pièces inédites, du monnayage de Domitius Domitianus qu'il assimile au tyran Achilleus, et auquel il attribue l'introduction à Alexandrie du /b//t5 latin, qui supplanta la monnaie grecque et qui bientôt après reçut, dans cette même ville, l'effigie de Dioclctien et «les autres membres de la tétrarchie (296 de J.-C); ô*" la note ^ur les monnaies de plomb et de verre.
Nous regrettons que lauteur n^ait pas plus souvent consigné dans son ouvrage les observations que lui suggère son expérience des monuments numismatiques, acquise par une longue et vigilante pratique des documents originaux. La
(1) Revue numismatique y 1858, p. 424, pi. XIX.
3ïi .NUMISMATIQUE ALEXANDRiNE.
déûaDce que lui inspirent les médailles fausses ou retouchée», le soin qu'il apporte à vérifier minutieusement les détails de types et de dates qu'il admet ou qu'il signale, la bonne fol avec laquelle il s'empresse d'indiquer les erreurs qu'il a pu. bien que très rarement, commettre, impriment à ses publications le caractère d'inslrumonls de travail. C'est là ce qui nous a fait penser qu'elles devaient être rappelées dans un recueil destiné à seconder les efforts d'une sincère érudition.
I Extrait da Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris et de VIle-de-France,
S** année, 1875, pp. 77-78 [{).]
Los fouilles que M. Abadie a fait exécuter au sommet de la montagne de Montmartre, pour rétablissement de Téglise du Sacré-Cœur, ont amené la trouvaille de sépultures de divers âges sur lesquelles on a pu recueillir les renseignements que voici.
En nivelant le terrain qui, dans Tenceinte murée de Fanlique abbaye, s'étend à Touest du mur de clôture de Téglise Saint-Pierre, on a d'abord mis à découvert une série de squelottes, orientés, déposés à une très petite profondeur, et accompagnés chacun d'un vase de terre jaune sans couverte, dont la panse, percée de petits trous, est décorée de stries peintes en rouge ; ces vases contiennent encore le charbon qui servait à brûler l'encens liturgique. Us appartiennent aux xiii' et xiv* siècles, et sont semblables en tout à ceux que Ton a trouvés en d'autres cimetières de Paris, notamment à Saint- Séverin et à Saint-Jacqucs-la-Boucherie. Les cercueils, qui avaient renfermé les squelettes, et les vases étaient de bois el sont totalement détruits. Quelques fragments de vases à couverte métallifère verts et jaunes semblent indiquer des sépultures du XV* siècle. Au-dessous de cette première couche, on a rencontré, repoli) V. Comptes rendus de tAcad, des insrr, et b.-l.. 1875, pp. 103-105, séance du 21 mai.
sanl sur le sable, une série de tombes de plâtre, en forme de gaîne, ornées de croix de divers types, de monogrammes du Christ en forme de roue, de rosaces (1). Ces sarcophages sont exactement semblables à ceux que Ton a déterrés dans le voisinage de Saint-Marcel ; ils appartiennent indubitablement à Tépoque des Mérovingiens. Les objets qu'ils contenaient confirment pleinement Topinion que leur aspect extérieur fait naître. Ce sont des boucles et des agrafes de cuivre (une seule plaque de ceinturon" de fer), des boucles d'ofeille de cuivre avec ornement polyédrique d'or (2), des colliers composés de grains de pâte de verre multicolore. Une des agrafes de ceinturon, de cuivre étamé, est décorée d'entrelacs en relief, obtenus par un champlevage très habilement exécuté.
Le travail de cet objet est extrêmement élégant, et le style des entrelacs conduirait à supposer qu'ils sont d'origine Scandinave. On pourrait croire, en effet, que l'agrafe a été apportée par quelque Normand faisant partie de ces armées qui, pendant le ix*^ siècle, menacèrent Paris du haut de Montmartre. Mais le caractère du sarcophage dans lequel on assure que cette agrafe a été recueillie s'oppose à la conjecture qui vient d'être indiquée.
Dans la tombe qui renfermait la plus grande des agrafes de travail purement ^frank, pareilles à celles qui ont été en si grand nombre trouvées de ce côté-ci de la Loire, dans l'Ile-de- France, en Normandie, en Picardie, en Champagne, on a encore recueilli une monnaie de moyen bronze portant l'effigie de Sabine, femme d'Adrien. C'est là un fait qui n'a rien que de fort ordinaire. On se rappelle que dans la plus célèbre des sépultures mérovingiennes, celle de Childéric, on a compté, outre plus de cent monnaies d'or des empereurs, plus de quarante deniers d'argent romains, dont un de la République et les autres du Haut-Empire (3).
(1) Voir dons An t. Mar. Lupi {Dissert, chron, in vet. inacr, Severx mart,^ Palerme, 1734, p. 57, pi. IX, n^ 6), la rosace entourée de palmes et de couronnes, sur un monument de l'époque chétienne.
(2) Cochet, Im Seine^Inférieure historique et archéoLf 1864, in-4», p. 142.
(3) Chifflet, Anasiasis Childerici régis, Anvers, 1655, in-4«>, p. 251 et 270. Sur
Ainsi 'que le dit M. l'abbé Cochet, cette pratique de déposer des monnaies romaines dans les tombes des Franks est établie par de nombreux exemples ; ce n'est pas du tout un fait particulier à la sépulture de Cbildéric. Le savant antiquaire a fait un relevé de toutes les monnaies du Haut et du Bas-Empire qu'il avait pu observer, dans ces conditions, et il a rempli dix pages de ses notes à ce sujet.
Une des tombes de plfttre, assez grossièrement moulée, présentait un état curieux. Sa longueur totale était de 1 m. 70 c. Dans une case de 26 c, ménagée dans la partie la plus large, aa moyen d'une cloison de 15 c. d'épaisseur, était un crâne bien conservé, le visage tourné en dessous, et scellé. Le grand compartiment renfermait un squelette qui, en raison du trop court espace restant, avait été courbé de façon que le crAne occupait lu coin gauche du compartiment et y était maintenu par UD scellement contenant des tuileaux.
Jusqu'au 22 mai on n'avait encore découvert qu'une quinztdne de sarcophages de plâtre, tous à couvercles plats.
L'exploration ne pourra être continuée que lorsqu'on en arrivera à enlever le mur de clôture qui actuellement domine la fouille.
In goaranto manoaic!! d'argent catnlofniée», qitntre Beolement étaient percées, alnti que Chifllel \c toit remarquer.
Note sw les anliçuitéx dp l'île de Santorin qualifiées de <( préhistoriques » par M. E. Burnouf.
( Eitrail du lome III (4" série) des Comptes rendu* des léaners de rAeadfmu des imcriplion» et bellesletires, 1875, pp. 182-18*.)
J'accepte, sans grand efTort, les dix-huit ou vingt siècles indiqués par les géologues comme âge des objets découverts à Thérasia sous les couches volcaniques; je n'admets pas du tout pour cela qu'on puisse considérer ces objets comme préhistoriques. Mais tous les objets recueillis à Thérasia n'appartiennent pas nécessairement au même temps. Pour quelquesuns d'entre eux, on peut établir des synchronismes, à l'aide de l'élude de divers monuments.
Dans un article de la Revue des Deux Mondes publié au mois de janvier 1874, M. E. Burnouf se demande « s'il est vrai, comme M. de Longpérier l'a écrit, que les anciens vases de Santorin soient représentés, sur le tombeau de Rekbmara. parmi les présents offerts à Thoutmès IIÏ. »
Il est fort exact qu'il existe à Thèbes une tombe du temps de Thoutmès III, sur les parois de laquelle on voit, pamii d'autres peintures, les peuples asiatiques Puten et Keifa et les habitants des Iles A'Ouat-Oer, c'est-à-dire dos lies du nord de la Méditerranée, par rapport à l'Egypte ( 1 ) . Ces derniers portent des vases de diverses formes parmi lesquels, en effet. j'avais, en 1854 (2), signalé le vase à bec relevé semblable à
peintures de colle tomhc ont 6lé reproduites par Hoskins et ptr
l'Alherurum fi-ançai>, t. [II, pp. il8-tlt), et duis la Kùfiee det monum. du Louvre, p. H.