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INSCRIPTIONS ANTIQUES DE CHALON-SUR-SAO.NE

primitivement dressées el consacrées les deux stèles. Mais les antiquaires du pays découvriront peut-êtte aussi quelques restes de constructions dont les dispositions pourraient s'accorder avec l'idée d'une palestre que font nallrc les textes géminés recueillis dans le pavage antique de Ghalon. »

(Extrait du Journal des Savants, 1874, pp. 746-757.)

Los collections numismatiques formées par un riche négociant d'Alexandrie, qui les accroît sans cesse de tout ce que les fouilles faites en Egypte peuvent lui procurer de monuments intéressants, ont fourni à M. Félix Feuardent l'occasion de publier déjà deux volumes qui seront suivis de quelques autres encore. Dans le premier de ces volumes, l'auteur a décrîl, avec beaucoup de soin, les monnaies des Lagides, travail pour lequel TÂcadémie des inscriptipns et belles-lettres lui a décerné le prix de numismatique en 1870. Le second, dont nous nous occupons aujourd'hui, est consacré à la monnaie alexandrine, d'Auguste à Galëre-Maximien, et ne comprend pas moins de trois mille numéros.

Les monnaies des Lagides ne présentent pas, comme celles des Séleucides, des Par thés arsacides, des rois de la Charac^ne et du Bosphore, des dates ayant pour point de départ une ère unique ; elles portent les dates du règne, avec le nom de ?Vo\émée, commun à tous les princes de la dynastie; parfois "n surnom qui sert à déterminer quelque point fixe dans la classification. La longueur de certains règnes, historiquement reconnue, permet aussi d'attribuer sûrement à plusieurs rois des monnaies marquées de dates élevées, dont le style, d'ailleurs, s'accorde avec la place relative que les princes occupent

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dans l'ordre chronologique. Il y a là un élémenl d'appréciation qui a longtemps échappé à l'attention des antiquaires, ei qui, du reste, appartient k cet ensfimble d'observations critiques sur les caractères extérieurs des monuments, dont J'application, presque récente oncore,.rend de si nombreux services k la science.

M. Félix Feuardent a fait preuve d'une grande sagacité dans l'arrangement des monnaies des Lagides, que lui oITraît en abondance la collection Demetrio. Déjà mémo, depuis la publication de ses premières rechercbcs, d'heureuses découvertes sont venues confirmer la plupart de ses attributions. On en trouve une indication sommaire dans la préface du nouveau volume, en même temps que des modificaLions devenues nécessaires par ^uile de l'acquisition de monnaies inédites. L'auteur cherche continuellement k rendre plus utile l'œuvre qu'il a entreprise.

Après la conquête de l'Egypte par les Romains, la monotonie du type ptolémaïque fit place à des compositions variées conformes aux habitudes latines. On connaît bien cncon* d'Auguste quelques pièces de bronze portant, au revers, l'aigle des Lagides. C'est là un type de transition, une dernière concession à la tradition trois fois séculaire. Bientôt on vit, sur le numéraire alexandrin, se succéder, alterner les entités romaines, telles que Eiftiiv'^t Ilpivsia, Aifajii;, E\pf,iT„ '0|i:«:i, et les représentations nationales : Isis, Horus, Apis, le Nil, le Sphinx, Agathodîemon , les canopes, les pylônes, L'érudiLion d'un égyptologue pourrait heureusement intervenir dans l'étude de ces dernières figures, dont le chois n'a pas été abandonné au hasard, à la fantaisie des chefs d'oflicines monétaires, mais qui se rattachent tout comme les types d'origine latine, à des circonstances appréciables.

Zooga, en 1787, a publié un recueil de monnaies frappées en Egypte sous les empereurs romains, Eckhcl en a donné la doctrine dans le IV" volume de son grand code numismatique. Mionnet nous a fourni de ces mêmes monnaies un catalogua qui représente l'état des collections à lui connues jusqu'en

NIJMÏSMATIQIJI': ALKXANDRINK. 313

IKH (!)• Mais le cabinet de M. Demetrio contient un très ^rand nombre de pièces qui ne se trouvent pas dans les ouvrages de ces auteurs. Les monnaies impériales d'Alexandrie portent, comme celles des Lagides, une date indiquant Tannée du règne. Cette date est le plus souvent écrite en chiffres, c'est-à-dire en lettres numérales précédées du mot 'E-so^, plus ordinairement de la sigle L, considérée longtemps comme une abréviation du mot Xuxa6aç.

Lotronne a très clairement démontré que ce mot poétique du genre niasculin ne pouvait pas être représenté par une sigle qu on trouve parfois précédée de l'article neutre Té (2). L est donc Tindice de Itoç, et c'est, eu effet, ce mot qui, sur la monnaie alexandrine, remplace la sigle, de temps à autre, sans qu'on puisse assigner une cause à cette variante. Les partisans du mot Xuxs6a^ avaient trouvé sur la monnaie alexandrine un argument en faveur de leur opinion. L'abbé Belley, dans une Dissertation sur finscription de F année sacrée qui se lit au revers de plusieurs médailles des empereurs romains, présentée à TAcadémîe des inscriptions et belles-lettres en 1746, cite une monnaie de Yespasien, du cabinet du duc du Maine, au revers de laquelle on aurait vu ATKABANTOS AEAA- TOV (3). Cette monnaie n'a jamais été retrouvée ; elle excitait Vétonnement du docte Eckbel, qui cependant ne révoquait pas son authenticité en doute (4). Mais Belley ne s'est

[^] Oeorgius Zoega, Numi Mgyptii impet*alorii prosiantes in museo Borgiano VeUtrix, adjecUs pnetera quotquot reliqxia hujus classis numismata ex varm Museis atque Ubris colligere obiigit. Rome, 1787, in-4«. — Jos. Eckbel, Doctrina nwamrum teterum, Vienne, 1791, t, IV, p. 26 sqq. — Mionnet, Descript, des «<*</. grecques, 1813, t. VI, p. 43 sqq., et 1837, SuppLy t. IX, p. 24 sqq. — Aux tl<^!<cripUons contenues dans ces ouvrages on peut ajouter les 43 planches de monnaies alexandrines qui font partie des Numismata musei Uonorii Arigoni, Trévise, 1744, in-fol., t. II, pi. LXIII a CV. Quoique gravées d'une manière con- ^enUonnelle, ces planches sont utilci^, parce qu'on y trouve 700 types.

(2) Rec, des imcript, gr. et lat. de l'Egypte, t. II, p. 450. M. J. Franz avait «Iqà remarqué que L n'est pas l'initiale de Xuxaêst;, mais doit être une sigle [^lem, epigr, grxcx, p. 375).

(3) Mém, deVAcad., t. XIX, p. 467 et 415.

[\) Doct, num. vet., t. IV, p. 43 et 57. — Belle^ ne semble pas avoir vu la iuoDDaie en original; il se borne à dire : « M. le duc du Maine avoit dans son CAhinot un petit bronze. >» D'un antre cùté, on snit que le cabinet du due du

pas borné à citer la date ; il décrit le type qui Taurait accompagnée : c'est la figure de YÉquité, si connue dans la numismatique latine, tenant des balances de la main droite et reposant la gauche sur une hasle. Ceci suffit pour nous montrer Torigine de Terreur. La monnaie de Vespasien au type de Y Équité existe bien en effet ; on en trouve un exemplaire dans la collection Demetrio, sous le numéro 810. Elle appartient à la ix« année du règne, et, pour faire comprendre comment une médaille mal conservée a pu donner naissance à une fausse lecture, il suffira de placer au-dessous de la légende réelle les deux mots supposés :

AlKAIOlYNH L-ENAT AYKABANT02 AEKÀT

Le nombre des lettres est le même de part et d'autre. Ceux-là qui savent par expérience comment on se trompe en copiant des inscriptions saisiront facilement le sens de cette observation.

Comme on vient de le voir, la date qui accompagne Timage de AixaioffuvT] n'est pas écrite au moyen de la lettre numérale, et ceci nous amène à présenter une autre remarque, que suggère Fexamen de la série des monnaies alexandrines.

Elle aura trait à la rareté de la lettre 6 (9) à certaines époques, et sous le règne de quelques empereurs en particulier.

Sous Auguste, on trouve une monnaie de Tan ix au type de Tépervier; on y lit L'ENA (1). De Tibère, de Claude, pas de monnaies de la ix^ année (2); il semble qu'on n'en ait pas fabriqué. Pendant plus de quatre-vingts ans, toutes les dates sont écrites à l'aide de lettres numérales. Puis, à la ix* année de Néron, nous voyons pour la seconde fois L'ENAT. Cette notation se reproduit sur les espèces émises dans les ix« années de Vespasien, de Titus, de Domitien, de Trajan, d'Adrien, d'Antonin. Toutefois, pour les règnes de Vespasien, de Tra-

Maine était confié aux soins da célèbre J. Foy Vailant, qui lisait bien leâ médailles, et qui n'a jamais parlé de cette pièce.

(1) Num. Mus. Arigonif t. H, pi. LXHI, n» 3. Zoega et Mionnet n'ont pas coddu d'autre exemplaire de cette pièce, qui n'existe pas dans la collection Demetrio.

(2) On n'en connaît pas non plus de la ix« annnêe de Sévère Alexandre.

jan et d* Antonin, nous observons quelques rares types accompagnés de la notation L ' 9 , qui ne semble pas avoir répugné au stoïcien MaroAurèle, puisqu'on la trouve sur les monnaies des divers personnages de sa famille ; et elle ne reparaît plus ensuite qu'à Fépoque de Gallien. Dioclétien et Maximien nous apportent le mot complet, L*€NATOV. Des lors il devient évident que les officines monétaires ont évité de faire usage de la lettre néfaste 9, initiale de Bovoroç, marque de condamnation, indice funéraire si connu, qu'on l'employait dans les épitaphes latines, comme synonyme de defunctus ; que les poëtes de Rome l'appelaient mor/t/<?rt/m signum, nigrum thêta, mfeiix H itéra thêta (1).

U reste donc à se demander pourquoi, dans certains cas, la répulsion quMnspirait le caractère 9 semble s'affaiblir, pourquoiy à d'autres époques, elle reprend sa puissance. Cette question ne pourra être traitée avec quelque sûreté que lorsqu'on aura fait un relevé complet de toutes les monnaies alexandrines qui sont disséminées dans les collections. Maintenant on doit se contenter de remarques provisoires telles que cellesci : pour la ix^ année d'Antonin le Pieux, on trouve dix-buit t}pes accompagnés de la date L'CNATOY, deux seulement avec L'6. Pour laix<^ année du règne de Gallien, six types avec L*€NATOY et dix-huit avec le 6. On pourrait pen- M^r à l'influence croissante des idées chrétiennes qui, achevant Tœuvre du stoïcisme, allaient effaçant la crainte des signes néfastes et l'horreur de la mort. On entrevoit à quel genre de considérations instructives peut conduire l'examen attentif des moindres détails de la numismatique. C'est encore la date t'€NAT' que nous lisons sur une bien curieuse médaille de Néron, à coup sûr alexandrine. Cette pièce, publiée pour la première fois par Charles Patin (2), deux fois décrite par Spanheim, d'après un exemplaire appartenant au coadjuteur

(<) Martial., IV, 37, Ad Castricum de Thêta. — Pers., SaL, IV, 13, et la note de Cuanbon dans Téd. de Leyde, 1693, ia-i», p. 15.

(2) C. SuHonii Trang, opéra qujp ext. Car. Patinus notis et numismal. illusir BâJe, i675, ia-4«, p. 305. Dans sa préface (p. 6), Patin dit avoir étudié le uié- «li^ilUer du cardinal Massimo ; il serait possibli* que la pièce de Néron qu'il a

3i6 NUMISMATIQUE ALEXANDRINE.

de Glandëve, est d'une exti^me rareté (1). Eckhel, qui ne la connaissait que par des gravures, doute de son origine égjrptienne ; il n'en parle pas au chapitre d'Alexandrie, et la mentionne seulement dans le tableau général de la monnaie de Néron, parmi les numi commatis peregrini (2). Le savant maître se sentait troublé par la présence, dans la légende de cette monnaie, des lettres onciales E^C^Ca), qui ne se voient point sur les autres monnaies alexandrines de Néron. Nous produirons tout à l'heure un monument qui détruit cet argument. Quoi qu'il en soit, depuis l'impression de ce catalogue, M. F. Feuardent a reçu d'Egypte un exemplaire de la médaille en question, sur laquelle on lit autour de la tète laurée de lempereur : N€P KAAY KAIC C€B r€P AYTOK; et, au revers, en cinq lignes, au centre d'une couronne de laurier : TCûl CCOTHPI THC OIKOYM€NHC L€NAT (3). Le croissant qui est placé au-dessous de la date donne lieu de croire que la médaille a été émise lors de la néoménie de Tan 815 de R. (62 de J.-C.)

fait graver ait été vue dans ce médaillier et dessinée de mémoire. L'inscripUon est disposée en quatre lignes et offre des û; elle se termine par L€NNAT.

(1) Les Césars de Cemp, Julien^ Paris, 1683, p. 276. — De prxst. et usu nU" mismat,, édit. de ilMt t. U, p. 500. — Zoega, en citant la pièce ex museo Glandève, n*a pas su qu'elle avait appartenu & un antiquaire très connu, l'abbé François de Camps, l'ami de Du Cange, de Mabillon, de Vaillant, qui a pablié (Paris, 1694) un recueil de médaillons antiques tirés de son cabinet. Ea 16S2, l'abbé de Camps avait été nommé coadjuteur de l'évèché de Glandève; mais il ne fut pas confirmé, et reçut, en 16S3, le titre d evèque de Pamiers, qu'il ne conserva pas davantage. L'amicale courtoisie de Spanbeim pouvait, en 16S3, le désigner par un de ses titres éphémères sans impliquer Texistence d'ua médaillier à Glandève. — Vaillant, dans un de ses douze voyages en Italie, artit vu, chez le cardinal Camillo Massimo, un exemplaire qu'il a cité imcomplètement : Num, impp, grxc. Paris, 1698, p. 16. Il n'indique ni l'article initial ni la date. — Baudelot de Dairval {UutUité des voyages, etc^, éd. de 1693, t. H, p. 745] nous apprend que l'abbé de Camps avait composé son médaillier • tle tout ce qu'il y avoit de plus beau dans plusieurs suites célèbres, comme celles du Gard. Maximis, etc. » Ce renseignement permet de croire qu'an même exemplaire de la médaille de Néron, vu à Rome par Patin et Vaillant, OTail ensuite été étudié plus complètement à Paris, par Spanbeim.

(2) Doctr, num,, t. VI, p. 278. — Mionnet, t. VI, p. 680, relègue la monnaie parmi les incertaines ; il n'a donné ni la leçon de Patin ni celle de Spanbeim. que Morell {Thésaurus, 1752, t. III, pi. XXI, n» 24) a adoptée (en y ajoutant la légende du droit tirée de Patin), et qu'Eckbel et Zoega ont aussi reproduite. Mionnet ne semble avoir connu que la leçon incomplète et inexacte de Vaillant. En somme, la médaille mérite d'être gravée de nouveau.

(3) Spanbeim n'a pas aperçu Viota adscrit de l'article TCOI.

NUMISMATIQUK ALEXANDHINE.

correspondante à la prise de possession de la ix*", puissance tribunilicnne. Néron aurait été assimilé à l'Apollon tieome?iius, rapprochement qui ne pouvait lui déplaire. Quant au tilre de rwTf;p Ti5î ctxâjjjtsvTj^, il peut sans doute s'expliquer par une disposition générale à Tadulation de la personne des Césars ; mais, si Ton fait attention à la date, qui se rapporte à ce mouvement d'expansion chrétienne que Néron devait bientôt réprimer si violemment, on admettra peut-être que la légende tout à fait exceptionnelle de notre médaille opposait un sauveur du motide^ pris dans le paganisme impérial, au Sauveur invisible que les apôtres de la Judée proposaient à la foi des nations.

Le document auquel il a été fait plus haut allusion est un poids de hronze, envoyé tout récemment d'Egypte, et dont M, F. Feuardent a bien voulu me confier Tétude. Ce poids, de forme carrée, a, en nombres ronds, 62 millimètres de côté et 12 roîUîmëtrcs d'épaisseur; nous préciserons plus loin ces dimensions. Sur une de ses grandes faces, on lit Tinscription suivante, gravée en creux, et dont quelques lettres injuriées par le temps ne détruisent pas le sens bien clair.

UKTOY N6PUJN0C

KAAYAIOY KAICAPOC

CBACTOY r^PMÀNlKOY

AYTOKPATOPOC

^ni A6YK10Y lOYAlOY

OYHCTINOY Hr^MONOC

'EtoO; exto'j Nipcdvo; KXauôîou Kaivapo; ^sêaotoO yepiiavtxoO auTOxpâtopo;. '£x\ .Vivxtou 'louXîou O0r,9T(vou Y)Ye|Aovo(. Atrpa A, ovyxéxt 13, yp6i\k\kaLt o6o>.6;.

' c( L'an VI de iNéron Claude César, Auguste,, germanique, empereur. Sou5 Lucius Vestinus, préfet.

« Une livre, deux onces, un scrupule et demi. »

La pesée de ce bronze, faite avec un grand soin, nous a donné SSOf^TO.

Ici, comme nous Tavons déjà annoncé, on retrouve les 6. C, CO, de forme onciale, non plus sur un monument numismatique de Tan ix de Néron, mais sur un poids bien certaintment égyptien daté de Tan vi. Ces caractères onciaux paraissent déjà dans une inscription datée de la v^ année de Caligula (1). Quant au nom du préfet, nous ne devons pas le laisser passer sans examen.

M. Feuardent aurait voulu pouvoir répartir les monnaies alexandrines entre les divers préfets qui les firent fabriquer au nom des empereurs. Il est évident que cette classificatiou toute nouvelle aurait fourni quelques indications utiles pour Texplication du choix des types. Mais elle n'est pas encore réalisable, et Tauteur a dû se borner à placer en JLèie des règnes les noms de préfets tirés de la liste insérée dans le Corpus inscriplionum grœcarum et soigneusement revue par M. Waddington.

On sait que cette liste du Corpus est elle-même le résultai d'une révision par M. Franz de la série laborieusement construite par J. Labus (2).

Dans le catalogue de la collection Demetrio, nous trouvons, pour le règne de Néron, entre Tiberius Claudius Balbilluset Cœcina Tuscus, le surnom isolé de Vestinus suivi d'un poinl de doute. Nulle indication de son prénom ni de son nom de famille ; nulle date.

C'est la condamnation implicite du travail de Labus. Ce

(1) Letroone, Inscript, de rÉgyple, t. H, p. 448, n*» 49!.

(2) Dans l'ouvrage intitulé : Di un* epigrafe latina scoperta in EggiUv dal viaggiaiore G. B. Belzoni, e in occasione di essa dei ptvfelti di quella protincia da Ottaviano Atigusto a Caracalla, Milan, 1826, in-12. — M. Girolamo Amati en a donné une analyse dans le Giomafe Arcadico, Roma, 1826, t. XXH. p. 187 sqq. et Letronue lui a consacré un article dans le Jown, des 5av., 18i6. p. 684 sqq.

savant ayant groupé tous les textes anciens dans lesquels paraît le nom de Vestinus, à savoir, la grande inscription de rOasis de Tbëbes (1) etTépigramme de Martial (2); puis le passage du discours de Claude dans la table de bronze de Lyon (3) et la phrase de Tacite qui offrent le surnom accompagné du prénom Lncius (4) ; enfin Tinscription de sainte Agnès, copiée par Raphaël Fabretti, où figure le nom de famille Julius (o), en avait (répartissant ces documents entre deux personnages), conclu queLucius Julius Vestinus, préfet d'Ég^-pte, était fils du fonctionnaire loué par Claude « inter paucos equestris ordinis ornamentum, » et que c'était à lui que se rapporte le trait cité par Tépigrammatiste latin et le témoignage de Tacite, « equestris ordinis virum, sed auctoritate famaquc inter proceres. » Il pense qu'il fut nommé préfet d'É- ^)'plc vers Tan 60, après Balbillus, et qu'il fut chargé par Vespasien de restaui*er le Capitole (an 70).

Ces conjectures ont pu paraître un peu hardies ; mais l'inscription que nous venons de transcrire les confirme pour la plupart. Il est constant, du moins, que Lucius Julius Vestinus a été préfet d'Egypte en la vi® année du règne de Néron (812- 813 de Rome, 59-60 de J.-C).

Le parallélisme des expressions employées par Claude et par Tacite peut faire penser qu'elles s'appliquent à un même personnage, auquel Néron aurait d'abord continué la faveur que lui accordait son père adoptif, qu'il aurait ensuite disgracié, par un caprice dont il a donné d'autres exemples. En sorte que Vestinus, au lieu d'être nommé sénateur en quittant la préfecture, serait rentré dans la vie privée. La mission honorable donnée par Vespasien aurait eu le caractère d'une compensation ou d'une réparation, qui, naturellement, devait rencontrer l'approbation de Tacite.

'llyv/ji!yi est le synonyme iVï^(xçf/c^, Les inscriptions grecques

si) l^lroaue. Journ. des Sav,, 1822, p. 676. — Corpus itiscr. yrœc.y 4957.

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