PLUS ANCIENS BRONZES DU MONDE
(Exlrail du tonie 111 (4« série) des Comptes rendus des séances de V Académie des inscriptions et belles-lettres ^ 1875, pp. 341-345. )
Lorsqu'il y a six ans je publiai la planche première du Musée Sapoléon Illy contenant la gravure d*une figure de bronze trouvée à Afadj, près des bords de TËuphrate, et représentant une canéphore sur le vêtement de laquelle est tracée une longue inscription cunéiforme lue par M. Jules Oppert, qui y avait reconnu le nom du roi Koudourmapouk et celui de son fils, jajoutais la remarque suivante qui se trouvait alors en conformité avec les données admises par les assyriologues.
<c Ces souverains appartiennent à la première dynastie sémitique de Babylone, et Koudourmapouk, qui prend le titre de roi des Sumirs et des Accads (1. 16 et i 7), est probablement muérieur au xvi* siècle avant notre ère; c'était un contemporain de la xvm* dynastie égyptiennCi dynastie qui a laissé un si grand nombre de beaux monuments, parmi lesquels on ne remarque cependant pas de figures de bronze. Les Égyptiens employaient encore de préférence la pierre et le bois pour leurs œuvres de sculpture à Tépoque où fut fondue la statuette babylonienne. »
On peut bien penser que je ne m'étais pas hasardé à écrire ces lignes sans avoir soigneusement examiné les collections d'antiquités égyptiennes, et sans avoir pris l'avis de notre savant correspondant Mariette-Bey, au sujet des admirables
vl) Cet arUcle aurait dû figurer dans le tome l«r des Antiquités orientales, (G. S.)
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collections qu'il a formées en Egypte. J'ose dire que tel était alors l'état de la question.
Le 5 février dernier, en présentant à l'Académie une publication de M. Fr. Lenormant iiililuléc : Choix de textes cunéiformes (1) (3° fascicule, 1875), ju signalais l'inscriptioD de la statuette trouvée à Afadj, insérée dans ce recueil; je relevais la date (vers 2100 av. J.-C.) que M. Lenormant assigne au roi Koudourmabou^ (c'est ainsi qu'il lit le nom royal), et j'ajoutais, en parlant du monument : i< C'est la plus ancienne statuette de bronze que l'on ait encore retrouvée. » Notre savant confrère M. Renan, à la diligente attention de qui rien n'échappe, a, dans son Rapport sur les travaux de la Société asiatique (2), recueilli la remarque que j'avais faite devant l'Académie et lui ii donné une nouvelle publicité, je dirais même une importance qu'elle n'avait pas encore acquise.
En disant que cette statuette est antérieure au xvr siècle avant notre ère, je m'étais tenu dans les limites de la science orientaliste à l'époque où j'écrivais ma description du monument. Les nouveaux calculs chronologiques adoptés par &I. Lenormant venaient ajouter une force plus précise encore à l'opinion relative que j'avais exprimée ; ils accentuaient davantage l'écart signalé entre les Ages de la statuette d'.ifadj el des figurines d'Égj-pticns exécutées en bronze, puisque Koudourmaboug devenait contemporain, non plus de la svtu* dynastie, mais des rois Pasteurs, qui l'ont précédée.
Or, voici que dans une collection d'antiquités égyptiennes envoyée à Paris par M. Gustave Posno, j'ai pu étudier deux figures de bronze remarquablement bien conservées, qui viennent considérablement modifier l'opinion que j'ai émise. Il importe de rectifier ce que j'ai dit touchant l'âge des premiers bronzes égyptiens représentant la figure humaine (3). Ces deux
(1 ) Choix des textes cunéiformes ittidits ou incomplètement publiés jusqu'à ce juuf, 3» tascicule, 1873, in-*», p. 16t, u- 70.
{ J) Journal atiatique. VU» s6rie, t. VI. 1873, p. iâ.
\^) Il s'agissait de fignres humaioed, car l'euploi du bronze en Ëg^pl«, de? lu biuto antiquité, est consUlé depuis longtemps. Il suTUrsit de citer la virole ilu »ceptre ou bdlon du roi Papi {Phiops), de la vi" djinaslie, qui existe in