‹ Œuvres ... réunies et mises en ordreChapitre 137 sur 280 · INTAILLE ANTIQUE INÉDITE · texte numérisé non relu

INTAILLE ANTIQUE INÉDITE

(Elirait du tome VIII (C série) des Comptes rendus des séances de rAcadémi' des inseriptioni et bellei-letlres, 1880, pp. 275-280.)

Parmi les objets antiques provenant de la succession de fen M. Cuççio Cohen, de Bucharest, qui m'ont été communiqués dernièrement, j'ai remarqué une petite pierre gravée de travail grossier, mais représentant un sujet, à ce qu'il m'en semblait, tout à fait curieux. Quelques instants d'examen suffirent pour afîcrmir ma première impression, el je demandai l'autorisation de prendre de cette intaille une empreinte que j'ai l'honneur d'apporlcv & r,\cadémie.

L'objet dont il s'agit est une agate brune, de 13 millimètres de longueur {j'en donne un dessin agrandi), sur laquelle sont

UNE INTAILLE ANTIQUE INÉDITE. 37(ï

représentées six figures formant une scène que je décris ainsi : Personnage de taille prépondérante, vêtu d'une longue tunique, assis sur un ocladias, tenant de la main droite un enfant nu suspendu la tête en bas. Derrière le siège, personnage de taille moindre, vêtu d'une tunique très courte, tenant un chasse-mouches (?). Devant Thomme assis, deux femmes: Tuno agenouillée, l'autre étendant les bras; après cette dernière, un soldat casqué, armé d'un bouclier, brandissant un glaive. Lo personnage de haute taille, dont la tête est ceinte d'un diadème, est un roi, et ce prince est Salomon, fils de David. Malgré Tincorreciion du dessin, qui d'ailleurs ne dépasse pas celle que nous montrent un grand nombre d'intailles antiques, il est difficile de méconnaître ici la scène du jugement célèbre que Vhistoire des rois de Juda enregistre comme un symbole de sapience.

C'est là une composition extrêmement rare ; et c'est précisément cette rareté même qui m'a engagé à -étudier la pierre avec une grande ténacité. J'ose dire que son authenticité est certaine. Je suis porté à croire que la pierre n'est pas l'œuvre d'un chrétien ; toutefois à cet égard je n'apporte aucune preuve directe . Mais elle a été inspirée par une lecture attentive de la seconde partie du in* chapitre du P*" (IIP) livre des Rois (v. 16 à 27).

16. Alors deux femmes (meretrices) vinrent vers le roi et se tinrent devant lui.

f7. Dont Tune dit : Je fimplore, mon Seigneur. Moi et cette femme nous habitons une même maison, et je suis accouchée dans la chambre qu'elle habile aussi.

18. Trois jours plus tard, cette femme est accouchée ; et nous étions ensemble, et personne autre n'habitait la maison.

19. Le fils de cette femme est mort pendant la nuit, parce qu'elle Ta étoulTé en dormant.

'^. Et se levant dans le silence de la nuit, elle a enlevé mon fils, qui était prèâ de moi, ta servante, endormie; elle Ta pris près d*elle et a mis son fils mort près de moi.

21. Lorsqu'au matin je me levai et voulus allaiter mon enfant, il m'a paru ^^l\ était mort ; mais, l'examinant avec plus d'attention au grand jour, j'ai reconnu que ce n'était pas celui que j'ai mis au monde.

22. L'autre femme répondit : Il n'en est pas ainsi que tu le dis. Ton fils

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