RESTITUTION A LA VILLE DE SAINTES
Ceci posé, il me semble que l'on n*a pas d'exemple sur aucune monnaie des barons, d*un nom de saint ainsi tronqué. De plus, remploi de la lettre T dans Tabréviation du mot sanc/2/5 est tout à fait inusité. J*ai recherché avec soin toutes les monnaies qui portent un nom de saint, ettoujours-j'yaitrouvé l'abréviation SCS ou SCI au génitif. Duby, il est vrai, donne deux deniers de Limoges, avec STS MarciaL; mais c'est une erreur manifeste que Tinspection des monnaies qui existent dans les cartons du cabinet des médailles m'autorise à relever. La croia^ qui, placée entre FI et TN, semble faire deux mots de la légende, et qui a été certainement cause de Terreur de^ numismastisles que j'ai cités, ne peut êlre prise en considération, puisqu'il s'en trouve une précisément semblable entre TO et ri du nom Lodoicus^ dont la valeur nous est bien connue, et qui ne peut absolument former qu'un seul mot. Par une singularité inexplicable, la croix qui sépare en deux LODO+ lEVS a été omise dans la gravure de de Boze, et l'on a d'autant plus sujet de s'en étonner que le dessin de Petau, public antérieurement, est conforme en ce point au denier du Cabinet des médailles. Si Ton compare celte pièce & celle des variétés de la monnaie d'Ângoulème, qui parait la plus ancienne, et dont la reproduction imparfaite se trouve au m o de la pi. LXXI de Duby, on veiTa que le mot LODOIEVS est absolument identique, à la croix près, au point que les deux monnaies semblent avoir été gravées par la même main. Si» passant ensuite à l'examen du revers, on cherche l'analogie qu'il peut avoir avec des monnaies déjà connues, on reconnaîtra que les trois croisettes qui en occupent le champ, appartiennent à la monnaie de Mauléon (1). Notre pièce a donc évidemment été frappée en Guienne ; dès lors on ne sera pas surpris, je l'espère, de me voir chercher le nom de Saintes dans la légende STOiNÂS, malgré la transformation étrange qua subie le nom de Saiitones ou Sanctones, La contraction de la première syllabe, la transposition du C, la substitution d'un l
(1) Hevtic numhtnatique^ 1838^ p. 96.