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D'I'NE MONNAIE ATTRIBUEE A AUTIN

à rO, défigurenl à la vérité ce nom; mais de semblables accidents ne sont pas rares sur les monnaies du moyen âge, et je n^n tiens pas compte pour repousser ime attribution à laquelle Tcxamen du type et do la fabrique me conduit nécessairement.

Puisque j'ai invoqué la présence du type composé de croi- Hettes,» comme preuve à Tappui de ma nouvelle classification, il ne paraîtra pas déplacé peut-être de voir tracer ici Thistorique de ce type que je regarde comme essentiellement propre à la Guîenne.

Lies deniers frappés à Limoges, sous le règne du roi Eudes, portaient dans le champ les mots iQiDlJBRX arrangés en croix. Sur les monnaies que, suivant mon opinion, Ton continua il frapper bien longtemps après la mort d^Ëudes, le monoj^amme, qui n*avait plus alors de signification, fut graduel- Wment altéré, et les lettres qui le formaient ne furent plus bientôt que des croisettes, dont TX et les 0 cruciformes avaient fourni les éléments. Les quatre croisettes furent adoptées à Bordeaux, par Guillaume X; à Turenne, par le vicomte Raimond, sur les deniers de qui Ton distingue encore deux ijk; à i'^hors, par Tévèque, qui ajouta une crosse à Tune des croix. Sur la monnaie de la reine Éléonore, deux des croisettes furent remplacées par un A et un Ca). L'évèque do Cahors fit imiter en partie ce changement; sur quelques-uns deë deniers de cette ville, une des croisettes est remplacée par un A. Au contraire, à Poitiers, ce fut TCa) qui fut conservé sur la monnaie de Richard. C*est pour n'avoir pas comparé entre elles toutes les monnaies de la province, que M. Ainslie (1) s'est trouvé dans l'impossibilité d'expliquer la présence des deux lettres grecques que je viens de citer, et qui, prises isolément, n'ont à la vérité aucune valeur.

A Saintes, à Mauléon, le nombre des croisettes fut réduit à trois. Sur la monnaie de Louis et d'Lléonore de Guienne, sur celle d'Angoulème, de Lectoure (2) et des comtes de la Mar-

J) Illustrations of the anglo^frenrh roinage, London, ln-4«. (2) Doby, Sup., pi. iir, n« 5.

:iS RESTITUTION A LA VILLE DE SAINTES

che, les croîseltes, ou plutôt les 0 du nom d'Eudes fnrenl remplacés par des annelets et des croissants. Le nom de iMinicus, que porte le denier de Saintes, et qui est lout somblablt il celui qui se lit sur la monnaie d'Angoulèrae, ne saurait être celui de Louis le Hutin ; la pièce étant certainement antérieDrc de plusieurs siècles au règne de ce prince. Si M. Lclewel i cru pouvoir attribuer à Louis X quelques monnaies d'Aogoulème, c'est qu'il ne connaissait pas les variétés de deniers qjc j'w citées au commencement de cet article; il n'aurail pu autrement admettre , en les comparant aux deniers de li même ville, dont la fabrication est évidemment plus récente, que des pièces de style si différents eussent pu appartenir! un même règne. Le savant Directeur de la Revue, M. Cartier. * qui d'abord avait partagé cette manière de voir (1), regarde comme « beaucoup plus probable que ces monnaies aient étr frappées pendant un long espace de temps et avec les même! légendes imposées par une concession qui n'est pas venue jusqu'à nous (2). » Je renvoie le lecteur au travail de M. Cartier où il trouvera cette question parfaitement développée. 11 est donc probable que le nom de Louis est celui de Louis M, ou même d'un Louis de la seconde race, qui sera resté sor Is monnaie des villes de Guienne, comme à Gènes le nom de Conrad, comme à Lucques le nom de Charlemagne, comme à Besançon le nom de Charles Y, que la reconnaissance des villes stéréotypa sur leurs monnaies.

Mader a publié (3) un gros tournois avec la légende PhE- TRVS EPVS X., qu'il regarde comme frappé par un évéque de Saintes. Je ne saurais adopter cette attribution, non pas par la raison que donne M. Leiewel, qu'il serait incroyable df trouver un gros tournois d'un évèque de Saintes dont on n'a point de monnaies (1) ; un tel argument, en tout étal de choses, serait peu concluant; mais parce que le gros loumois

(1) Leiewel. 1. 1, p. 211.

(3] XomiaUs de la Marche et d'Angouléme, p. 16 et 17.

(3) Kritiicbe Beitrjtge, t. V, pi. i, n« 11.

(t^ Leiewel, t. I, p. 20, note supplÊmentaire.

D'UNE MONNAIE ATTRIBUÉE A AUTUN. 3!l

en question me parait postérieur au gros de Philippe le Bel, dont il était une imitation, et que Pierre II, évêque de Saintes, est antérieur de quelques années même à Philippe le Hurdi. Mader s'est trompé quand il le fait siéger de 128S & 1267; c'est à t*annér> 1267 qu'il eut porté dans le GalUa Christiana. Je crois que l'X que l'on a cru être l'initiale du nom de Sainte<i n'a pour fonction, comme l'h introduit dans le nom de Peints. que de rendre le gros épiscopal plus semblable à la mon> naie royale, dont la légende commence par Ph et finit par RËX. C'est une de ces supercheries que j'ai déjà signalées ailleurs (1), et dont je me propose de faire connaître encore plusieurs exemples restés inobservés jusqu'ici, et qui sont cependant de nature à jeter une vive lumière sur la question de rimilation des monnaies.

(1) L'Art m Proriaff. nnn^e IftSS, p, Sl)6. — P. 13 du préiPDl volume.

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