SDR UN MÉDAILLON DE CONSTANTIN LE GRAND
liquesy comitie on en voyait sur les arcs de triomphe (1). Us expriment Tidée de l'Orient et de l'Occident vaincus, du monde entier soumis, de la gloire impériale en un mot, GLO- RIA AVGG, comme le dit la légende. Cette légende vient nous aider à circonscrire l'espace de temps pendant lequel le médaillon a pu être frappé.
Le pluriel AVGG nous fait voir que l'empire n'avait plus que deux chefs, Constantin et Licinius. Maximin Daza était mort vers la fin de 313.
On sait par la date de plusieurs lois que Constantin habita Trêves en 313, en 314, en 316. En 31S nous voyons apparaître des aureus de Constantin frappés à Trêves (SMT.» PTR) avec l'indication du IV* consulat, et la figure de l'empereur tenant un globe d'une main et un parazonium de l'autre (2).
Licinius fut tué en 324, et Constantin demeura seul mattre du monde, comme on disait alors. Il est à remarquer toutefois que le titre Maximus que nous connaissons sur des petits bronzes de 31 S ne figure pas sur le médaillon d'or, et cependant les habitants de Trêves avaient lieu de rendre tous les honneurs imaginables au prince qui avait fait de leur ville une capitale .
w Trêves eut une large part à ses libéralités administratives; nous savons qu'en 311 il y faisait construire en même temps un forum, des basiliques^t un prétoire pour la justice ; ce prétoire, dont nous pouvons encore aujourd'hui contempler les restes, n'était pas achevé quand Ëumêne le vit; mais il promettait, suivant le mot de l'orateur gaulois, d*ètre digne du ciel dont il était déjà le voisin (3). Trêves, en reconnaissance et par une flatterie délicate, voulut confondre l'anniver-
(1) Od a trouTê à Trêves, et l'on conservait il y a quelques années dans la conr da comte de Kesselstadt, un bas-relief représentant un de ces barbares foiffé d'un bonnet recourbé. Voy. Roacb-Smith, Collectanea antiqua, vol. Il, 1850, p. n.
(2) Eckhel, Doct, ntun,, t. VIII, p. 74.
(3) « Video circum maximum, œmulum, credo, Romano; video basilicas et forum, opéra regia, sedemque justitiae in tantam altitudinem suscitari, ut se sideribus et cœlo digna et vicina promittant. » Eumeni Paneg, Const,^ 22.
56 LETTRE A M. LOUIS DE LA SAUSjSAYE.
saire de sa fondation avec celui du principal de Constantin , qui tombait à peu près à la même époque, et les célébra tous deux dans une même fête, à laquelle furent conviés les représentants des cités transalpines. Afin de donner tout Téclat possible à une solennité où l'éloquence tiendrait une grande place , Trêves emprunta à la ville d'Autun son spirituel panégyriste , le Pline du iv' siècle. Eumëne était peut-être le seul à qui Ton pût confier la tâche délicate de parler en de telles circonstances, le lendemain d'événements si tragiques (1). »
J'ai pensé, mon cher ami, que je ne pouvais terminer cette lettre d'une façon qui vous fût plus agréable qu'en citant ces paroles de votre savant condisciple, de notre bienveillant confrère M. Amédée Thierry. Elles résument parfaitement toutes les causes qui durent exciter la gratitude des Tréviriens, et pourraient à elles seules servir d'explication au médaillon d'or. Je n'ai plus qu'à vous demander de me pardonner la longueur des considérations qui précèdent.
Ad. DE LONGPÉRIER.
13 mars 1864.
P, S. Au moment de mettre sous presse, j'apprends que le médaillon de Constantin vient d*entrer dans la riche collection de M. Gustave d'Amécourt, qui possède déjà tant de précieuses raretés.
(1) Histoire de la Gaule sous radministration romaine^ t. III, p. 154.
DE L'ANOUSVARA
(Extrait dn tome IX (nouvelle série) de la Revue numismatique, 1864,
pp. 333-330. )
II a été plus d'une fois dans cette Revue fait mention de YAnousvara (1); mais, nous devons en convenir, aucune définition, aucune explication de cette antique expression grammaticale n'a été donnée dans notre recueil; et nous ne saurions être étonné des questions qui nous ont été adressées au sujet d'un mot que l'on chercherait vainement dans les dictionnaires français, bien qu'il exprime une particularité orthographique qui se retrouve dans une foule de livres et d'inscriptions de toute nature, appartenant à toutes les époques de notre histoire.
Prenons, par exemple, un évangéliaire du x*^ siècle^ et lisons ce passage de saint Matthieu (XYIII, 9) :
« Boniî tibi est unîî oculû hahentë in vitâ intrare quâ duos oculos habentem mitti in gehennâ ignis. »
Ou ce passage de l'Apocalypse de saint Jean (Y, 6) : « Et in medio seniorû agnu stantë tanquâ occisum hahentë cornua septê et oculos septê. »
Nous prononcerons sans hésitation : Bonum tibi est unum oculum habentem, etc.; m medio seniorum agnum stantem tanquam occisum^ etc.
(1) V. notamment 1836, pp. 76, 87; 1858, p. 23. — P. 394 du tome II des OEuoret de A, de Longpérier.
58 DE L'ANOUSVARA
Ouvrons au hasard les actes du concile de Trêves imprimés au XV* siècle ; si nous trouvons :
« Ac deîceps ânis singulis In ppetuû î suis synodis eadê statuta provincialia recômëdari faciât ; »
Nous ne serons en aucune façon arrêtés par Tabsence d'une partie des M et des N, et nous prononçons :
Deinceps annis singulis inperpetuum in suis synodis eadem statuta provincialia recommendari faciant.
Descendons à la fin du xvi'' siècle, et jetons les yeux sur un livre imprimé, par exemple les Singularités de Pierre Belon, du Mans, nous relèverons à chaque page des phrases comme celles-ci :
« Ne naviguêt q durât Tinôdatiô, et ne descëdët point plus bas » (p. 231) ;' ou bien encore : « Les milâs aussy y font leurs nids au têps qu'ils sont absës de nostre régiô » (p. 239).
Nous n'éprouvons aucune difficulté, et nous prononçons naviguent, descendent, milans, temps, absens, inondation, région.
Qu'on nous présente un parisis d'Henri VI à la légende HERI . FRACORV. Z . AGL . REX ; cette légende nous causerat-elle le plus léger embarras, et n'y lirons-nous pas couramment : Henricus Francorum et Angliœ rex?
Il n'est pas nécessaire pour cela d'avoir fait de longues études paléographiques ; il suffirait d'avoir chanté à un lutrin de village à l'aide d'un antiphonaire un peu ancien, comme il en existait encore en si grand nombre, il y a quelques années, dans nos églises.
Or, ce complément des syllabes terminées par un N ou un M, cette prolongation du son, c'est Vanousvara. Nous sommes obligé de lui conserver son nom indien, puisque nos tribus, en émigrant de l'Asie, ont emporté cette faculté singulière de prononcer ce qui n'est pas écrit, et ne nous ont point légué un nom européen pour désigner un usage qui a traversé tant de siècles.
1/anousvara n'a jamais cessé d'exister depuis qu*on écrit des langues indo-européennes. La suppression des N et des M n'est donc ni un accident produit par la négligence des scribes
on des graveurs d^inscriptions de l'antiquité, ni une invention des copistes du moyen âge ou des imprimeurs de la Renais- # sance pour épargner Tespace.
La grammaire sanscrite seule en donne Texplication. Les Grecs et les Romains étaient (du moins au temps où ils écrivirent des traités) trop privés de toute notion philologique et de renseignements sur leurs origines pour avoir pu apprécier sainement un détail orthographique qui, cependant, avait attiré leur attention.
Voici ce que dit le grammairien Yelius Longus :
« Sequenda est nonnunquam elegantia eruditorum quod quasdam literas levitatis causa omiserunt, sicut Cicero qui foresia et megalesia et hortesia sine N litera libenter dicebat; et ut verbis ipsius ntamur, posmeridianas quoque quadrigas, inquit, libentius dizerim quam postmeridianas (1). »
On voit quelle confusion s'établit entre la suppression orale d'une consonne dure telle que le T dans une articulation (STM) incommode pour le discours, et l'omission de FN dans l'écriture. On remarquera, en outre, que MeyaXi^Œta est un mot grec qu'il faut séparer A'hortetisia et de forènsia.
Quintilien n'a pas mieux compris la question :
M Et illa Censorii Catonis Bice hanc aeque M littera in £ mollita : quae in veteribus libris reperta mutare imperiti soient, et dum librariorum insectari volunt inscientiam, suam coniitentur, atque eadem illa littera (M) quoties ultima est, et vocalem verbi sequentis ita contingit ut in eam transire possit, etiamsi scribituVy tamen parum exprimitur; ut multum ille^ et quantum erat. Adeo ut pêne cujusdam novae litterœ sonum roddat; neque enim eximitur, sed obscuratur (2). »
Les imperiti du temps de Quintilien avaient sans doute tort d'accuser les librarii d'ignorance ; mais le grammairien ne se montre guère plus habile, lorsqu'il confond un archaïsme orthographique avec l'élision prosodique qui ne modifiait en rien la forme écrite des mots, ainsi qu'il le reconnaît lui-même.
(!) VeL Long., Deorthogr., éd. Putsch, p. 2237. (2) Inêt, ùrat,, lib. IX, 4, 40.
W DE L'ANOUSVARA
Cassiodore avait été frappé de cet état d'anarchie gramma- «Ucale dan* lequel semblaient se complaire les savants de son temps.
« Animadvcrti quosdam eruditos ctiam M litteram, nec ubi opporteat dicentes, nec ubi opporteal supprimentes. Hoc ne fiât, hinc observari poterit, si simul subjiciam, si quid ad reclam scripluram pertinet, et ad divisionem syllabanim. Ifptur si duo verba conjunguotur, quorum prius M consonanlem novissimam habeat, posterius a vocalibns incîpiat; H contonan^m perscribilur quidem; csterum in enuntiando durum et barbarim sonat. At si posterius verbum quamlibet consonantem habucrit, vel vocalem positam loco consonantis B, serval M litterse sonum; par enim atque idem vïtium, ita cum vocali sîcut cum consonante M litteram exprimera (1). h
Il ne s'agit là que de l'élision d'une consonne finale. Le phénomène de la consonne omise dans l'écriture, à l'intérieur des mots, et cependant prononcée à la lecture, demeure à l'état de mystère.
Le mot sanscrit anousvara se compose de la préposition anou (après) et de svara (son) ; littéralement son-après. Dans la langue indienne ce son postérieur est toujours la nasale que demande la consonne suivante, qu'elle fasse ou ne fasse pas partie du même mol. S'il n'y a pas de consonne après Yatwusvara il a ordinairement la valeur de H.
La tradition s'esl si bien conservée, quoique la notion généalogique fiit perdue, que lorsque pendant le moyen âge on marquul Vanousvara au moyen d'un petit Irut horizontal, c'étut, comme on l'a vu par les exemples cités plus haut {ânis, recomêdari), sur la voyelle qu'était placé le signe et non sur la consonne qm jevail être doublée.
Ainsi donc Vanotisvara est le son nasal (N ou H) qui s'attache à une voyelle; ou qui vient après pour compléter la syllabe, et qui la prolonge.
Les Indiens l'indiquent actuellement au moyen d'un point
d] De orthogr.. éd. de Venise, 1729, t. II, 575.
efi haut. Sur les médailles indo-grecques du roi Panialéon (probablement le successeur d'Agathoclës) nous trouvons deux anousvara marqués à l'aide d'un point posé après la syllabe : Pa.ialava.ta, qui se lit Pantalavanta (1).
Mais chez les Bactriens Vanousvara perd son signe gra* phique, et nous voyons sur les médailles bilingues des rois Hénandre, Antimachus, Antialcidës, Amyntas, les noms de ces princes au génitif sous la forme Minadasa^ Atimakasa, AtiaUkadasa^ Amitasa. La lecture leur rendait leur véritable son : Minandasay Antimakasa^ Antialikad/tsa^ Amintasa.
Nous Ile parlerons ici ni des inscriptions cunéiformes perses (2), ni des inscriptions lyciennes qui nous fournissent des exemples d'anousvara sans ponctuation , sans aucun signe qui avertisse le lecteur.
Hais les belles monnaies d'argent au type des deux lutteurs, si longtemps attribuées à Selgé de Pisidie, ont droit à une mention particulière.
On sait que Pellerin avait proposé de les restituer à Aspendus de Pamphylie, en s'appuyant sur le passage de PoUux, qui nous apprend que les Aspendiens représentaient les lutteurs sur leur monnaie ; et l'on ne comprend pas pourquoi Eckhel, qui apportait à l'appui de cette opinion de si bons arguments, n'a pas tout simplement classé ces pièces à la ville pamphyliennc.
Aurait-il hésité s'il avait connu l'existence de Vanousvara? Nous ne le pensons pas. En effet, à l'aide de cette notion, la
(1) Les inscriptions de l'Inde, en caraclères semblables & ceux des médailles d'Agathodès et de Pantaléon, nous montrent Vanousvcwa indiqué par un point après la syllabe qu'il prolonge. Par exemple, dans le nom du roi séleuctde Antiochus, AMyako, AAiyakasa^ qui figure dans Tédit du roi Asoka (vers 205 ar. J.-C). Inscript, de Gimar dans le Goudjerat, 2« tablette. Joum, of tke Aiiat. Soc. of Bengal, t. VII, p. 156 et 219, pi. X et XI. — Cf. l'inscription du rocher de Khandgiri, près Cuttack, même recueil, t. VI, p. 1080, pi. LVllI. ^ Voy. encore t. VI, p. 790, pi. XLII.
(2} On peut constater Tnsage de Vanousvara au temps des Acbéménides en examinant les mots ahanta, abarantat bandaka^ etc., les noms Cambuziyaf Yindafrana, Zaranga^ Hindou^ Gandatava, Gandara, J. Oppert, Inscript, cunéif, des Ackémén,, 1861. Cf. J. Oppert, Dos Lautsystem des AUpersischen, Berlin, 1847, ia-8<>, p. 15 et 45 : « Der Anusvara in der Mitte des Wortes wird nicht geschrieben, vohl aber ausgesprochen. »
62 DE L'ANOUSVARA
légende E2TFEAIIY2 fut devenue pour le savant viennois E2TFENAIIY2, ce qui lui eût permis de Tidentifier plus complètement avec le nom d'Aspendus (1).
Nous avons déjà recueilli ailleurs un certain nombre d'exemples de Vanousvara dans les noms propres grecs tracés sur les vases peints (2). Nous ne les reproduirons pas ici avec détails ; mais il est utile de faire remarquer que, rapprochés de plusieurs autres exemples bien clairs fournis par des inscriptions et des monnaies, ils établissent que la tradition indienne était vivante chez les Hellènes à l'époque de leur plus grand développement politique et intellectuel (3).
D'autre part il est évident que Vanousvara se retrouve dans les écritures latines de tous les temps. Témoin cette loi de Numa : PELEX ASAM IVNONIS NE TÂGITO (4), ou ces lignes extraites des épitaphes des Scipions : TAVRASIÂ, aSAVNÂ, SAMNIO CEHT, SVBIGIT OMNE LOVCANÂ.
— HONG OINO PLOIRVME COSENTIONT R[omai] DVONORrF OPTVMÎÎ FVISE VIRCJ LVQOM SCIPIONE.... CEFIT CORSICÂ ALERIÂQVE VRBE.
— AIDILES, COSOL, CËSOR.
— REGEM ANTIOCÔ SVBEGIÏ ; ou bien ce fragment de la loi agraire : PROPIOREM DiE EXACTVM ERIT (5).
(1) Annuaire de la Soc, des Antiq, de France^ procès-verbal de la séance du 29 décembre 1852, p. 159.
(2) Mém, de la Soc. des Antiq, de France, t. XXI (1852), p. 371. — Pp. 297-298 du t. II des Œuvres de A. de Longpérier, — On trouve entre autres : ATAAATE pour 'AtaXdivTr,, TIMAAPA pour Tijiavôpa, EKEAAA02 pour 'EvxéXafîoç, NI*A1 pour v{(i9at, AAnON pour Aâpiicov. 11 faut ajouter $ITIA2C pour 4»tvTiac, Mus, étrusq, de Canino, 1829, n« 551, et A*IAPEOL pour 'A|içiapYioç, sur un vase publié par J. de Witte, Annal, delV Inst arch., 1863, t. XXXV, p. 233, tav. G.
(3) J*ai déjà présenté quelques observations au sujet des monnaies d'Alexandria-Troas qui portent SMIBEÛS pour £(jLivd£(d(. Il faut mentionner encore un tétradracbme atbénien de la collection Palin, sur lequel est gravé ^ÛSAAPO, le nom du magistrat Sosandre bien connu des numismatistes. Cf. Beulé, Monnaies d'Athènes, p. 281. — Un tétradracbme de vieux style frappé à Sélinonte porte 5:EAIN0T10N. Mlonnet, t. I, p. 287, n© 674, pi. XXXIV, no 120. La légende reproduite par Sestini, Classes gén.f tab. 111, n*^ 31.
(4) Aulus. Gell., A'oc(., lib. IV, cap. m.
(5) J*ai marqué l'anousvara par uue barre placée sur la voyelle, aÛu de le signaler sans transcrire chaque mot.
DANS Là numismatique GAULOISE. -63
Nous choisissons à dessein des textes latins d'un âge imposant et dans lesquels on ne sera pas tenté de chercher des Iraces de décadence.
Pourquoi offrent-ils tant de mots incomplets, en apparence du moins ?
Voici des épitaphes consacrées aux plus illustres, aux plus puissants d*entre les Romains ; Tune d'elles est tracée sur un sarcophage d'un style admirable , les autres sont de diverses mains et d'époques différentes.
Comment des circonstances si frappantes ne feraient-elles pas naître dans l'esprit des philologues quelque explication sérieuse ? Gomment, alors même qu'on étudierait ces documents isolés de tous autres, ne pas chercher, pour rendre compte de l'état dans lequel ils se présentent, une autre raison que la perpétuelle défaillance attribuée aux lapicides?
(rest à cette même époque qu'appartient l'abréviation COS pour constd, laquelle, bien entendu, se prononçait comme si l'N avait été écrit, et qui subsista jusqu'au Bas-Empire ; forme vénérée en raison de sa noble antiquité, mais abandonnée quelquefois pour CONS, principalement à la fin du m'' et pendant le iv^, par des graveurs qui s'attachaient à reproduire le son des mots. Que l'on remarque donc bien ce fait : l'omission de TM et de TN dans V écriture latine n'a aucune liaison avec i*altération de la langue. C'est, au contraire, soit un indice d'antiquité, soit un archaïsme.
Si, en nous tenant toujours au temps de la République, nous interrogeons les monnaies, nous trouvons sur un denier de la famille Vibia le nom de Jupiter Anxurus écrit 10 VIS AXVR (cf. "'AvSwp, dans Diod. de Sic, XIV, xvi, S. — Jupiter Anxurus, Virg., JEn., VII, 799) (1); sur ceux de la famille
(i) *Av^p, Auxar est le nom antique de Tarraciua. Anxurus en dérive, que ce soit one forme adjectivale ou un antique génitif, comme Cérerus^ Kastoriu, Venenu. An V* siècle après notre ère, on avait trouvé une étymologie grecque pour ce samom aveu ÇvpoO, â^upoc(qui n'est pas rasé), parce que le Jupiter d*Ânxur était représenté imberbe (Servius, ad JEneid.). Dans ce système, intonsus signi* fitTait chauve. Anxur ne peut pas être séparé des autres noms de lieux Anxa, Anxantom et Anxaiium, qui appartiennent aussi à Tltalle, et dans lesquels le grec n'entre pour rien.
64 DE L'ANOUSVARA
Plautia, les deux variantes PREIVER CAPTV et PREIVER CAPTVM sont des équivalents exacts.
On ne peut méconnaître dans les légendes ROMA RE- NASCES et ROMA RESVRGES, inscrites sur des monnaies de Galba et de Vespasien, les participes présent renascens et resurgens, ainsi que Ta judicieusement affirmé Eckhel, malgré le sentiment de Havercamp, qui y trouvait la seconde personne du futur. Toutefois, le célèbre numismatiste de Vienne n*a pas su à quelle origine se rattache Tomission de la lettre N dans ces deux mots. Mais il avait pour guides sa parfaite connaissance de la bonne latinité (1), et la variante RENASCENS que présente ime des monnaies de Galba.
Les inscriptions latines de toutes les époques dans lesquelles on peut relever des exemples d!anousvara sont très nombreuses. Cependant, s'il est indispensable d'en rappeler ici l'existence, que les archéologues pourront facilement constater, il ne conviendrait pas d'en faire Ténumération, qui nous entraînerait trop loin (2). Il est bien temps de nous occuper des monnaies gauloises.
En 1763, Pellerin, lisant sur une monnaie d'argent de son cabinet : REX AALETVnNVS, avait reconnu là, en dépit de cette mauvaise lecture, le nom du chef des Sotiates dont César a mentionné la défaite [Bell. GalL, 1. lU, c. 21, 22). Dans son IV' Supplément, imprimé en 1767, il rectifiait cette première leçon & l'aide d'une autre monnaie que lui avait envoyée de Toulouse Tabbé Audibert et proposait REX ADIETVANVS (p. 21, pi. II, n« 8).
(1) Mira saoe oratio quae turpem eolecismum in monetam romanam invehit, cum scribendum fuisse RENASCERIS vel tiroDes Dorint. Doctr, nt/m., VI, p. 297.
(2) L'M omissum a été indiqué dans les index de plusieurs recueils épigraphiques. — On y trouvera Abascâtus, Antiocisis, castrûsis, clemësi pudës, crescês, infas, exëplum, Olypus, ardente lucernam, exteru corpus, fatîî, monumentû, marmoreû, juvénile fignrani, et une foule d'autres cas semblables qu'il est tout aussi impossible d'attribuer à Tétat de la langue qu'à une aberration particulière des graveurs de tant de contrées et de tant de siècles.
En 1792, Eckhcl, qui parait n'avoir pas connu le Supplément publié par Pellerin, se contenta d'enregistrer la première légrende fournie par l'antiquaire français sans donner à la monnaie son rang géographique. Mionnet n'osa pas s'écarter du plan tracé par Eckhel ; mais du moins il inséra la bonne légende dans son recueil (I, p. 94, n» 121) (1).
^attribution de Pellcrin ayant été reprise en 1837 par M. de Lagoy, fut bientôt généralement adoptée (2) ; et le nom du roi Adietuanus paraissait bien fîxé.
Nous demandons cependant la permission de l'examiner encore.
La forme de ce nom varie beaucoup dans les différentes copies manuscrites des œuvres de César. 0;i le trouve écrit Adcantuannus, Adcantuunnus> Adiatonnus, Adiatonus, Adia- (uunus, Adiamtonnius, Adiantonninus, Aliatunnus, Adiatcrinus.
(i'est la forme Adcantuannus qui a été préférée' par les anciens éditeurs, sans doute à cause de l'autorité des manuscrits qui la fournissaient (3). Elle a été adoptée par Lemaire et Achaintre, par M. Amédée Thierry dans son Histoire des Gaulois, par M. J. C. Zeuss dans sa Grammatica celtica.
En présence de la légende monétaire, il n'est pas jpossible de défendre le G qui figure au troisième rang dans le nom du chef des Sotiates ; mais nous croyons que l'N qui j/i'écède le T doit être conservé; et nous pouvons nous appuyer encore sur l'inscription d'Augst, D.M. ADIANTONI TOVTI F. Nous
(1) Li*s nuuotateur^ du César de Lemaire n'ont connu ni le Supplément de Pclleriu ui la description de Mionnet (1806). Treize ans après la publication de la Detcripdon des médailles, ils ont inséré cette note après avoir cité quelques variantes des manuscrits : « Malim tamen légère ex nummo sup. citato, Daletuontis. — Dans sa récente traduction de César (1857), M. Ch. Louandre adopte la forme Adiatunus. — On aurait lieu d'être étonné de ce qu'un critique tel (pie M. Schneider n'a connu, en fait de témoignage numismatique, que la légende AALETVÛNVS citée par Oberlin (Halle, 1840, t. I, p. 277), si l'on ne parait à quel point malheureusement les philologues négligent les secours que 1(^8 monuments pourraient leur fournir.
(2) Akcrmau, A numism, manual, 1846. — Werlhof, Uandbuch der gviech. Sum., 1850, etc.
(3) Leidensis primus, Cujacianus (d'après Oudendorp).
M DE LASOUSVARA
proposerons, en conséquence, d'admettre l'anousvara dans les leçons fournies par les monnaies ou par les manuscrits qui portent Adiaionnus, Àdialmimis el de lire en définitive Adtenluatmus. Cette forme rendrait compte de toutes les variantes que fournissent les manuscrits (i).
Tous les numismatistcs connaissent ces monnaies de bronze d'assez grand module qui pendant longtemps ont été attribuées aux rois de Galatie, et qui appartiennent à la Gaule méridionale. Deux de ces pièces, conservées au cabinet des médailles de la Bibliothèque impériale, avaient été classées par Mionnet sous le nom des rois laticus et Vantions, et en 1839 M. le marquis de Lagoy avait proposé de les restituer au prince qu'une belle monnaie de sa collection l'autorisait à nommer Riganticus ouBriganticus(2}. Le fait est que les deux monnaies de la Bibliothèque impériale portent IITANTIKO et IPATIKOT, légendes horizontales plus ou moins altérées aux deux extrémités. Ces deux pièces appai'tiennent bien manifestement au même personnage, celui dont le nom est écrit PlfANTIKOY sur la médaille publiée par M. de Lagoy. La variante PIPATIKOY se complète par l'anousvara.
On nous dira peut-être que la lettre N a été oubliée par le graveur; c'est l'ancienae et commode manière d'expliquer l'absence de ce caractère. Mais il faudrait du moins reconnaître qu'il y aurait quelque chose de miraculeux dans ce défaut de mémoire qui se serait manifesté, toujours à l'occasion des lettres M et N, pendant une période constatée de bien plus de vingt siècles.
Une autre pièce appartenant à la même série était classée
(1) .M. UlQck, daua «od mémoire iatitulé : Die bei J. Caeaar vurkommrtiiten ixtliichen Namen (MunîcL, ISâT], compare le nom d'Ailialunaus [ce «avant paraît n'avoir pas connu la vÉriU.ble lÉgeudc de noa unnuaies) avec le Doin de lieu AntunTiatum llUn. d^Ant., table fhéod., Amiu. .Marcell., XVIIE, i, i), et cet iDgénleui rspprocbemcnt l'autoriae A aduiettre le double N,
(3) Revue num., 1839, p. 11.
DANS LA iNXJMISMATIQUE GAULOISE. 67
au roi Psàmytus depuis le temps où elle a été décrite par Bimard de la Bastie. Si Ton se contentait de travailler à Taide des descriptions imprimées, et de présenter de savantes conjectures, on pourrait dire que le premier caractère est le résultai d'une erreur de graveur, et que le reste de la légende AMTTOY est le nom d'Amyntas, que complétait un anousvara. Mais, il y a plus de vingt ans, nous avons examiné avec un grand soin l'exemplaire décrit par Mionnet (t.IV, p. 406, n? 17), et nous avons reconnu que la légende, de nature à causer une illusion, est en réalité KAIANTO. Depuis, M. Ch. Lenormant, lorsqu'il a retiré de l'Asie, pour la transporter à l'Auvergne, toute la série à laquelle appartient cette monnaie, a réuni le prétendu Psamytus aux bronzes de Caeantolus.
Parmi les tétradrachmes attribués aux Gaulois de la Pannonie, il en est un qui porte d'un côté une tète imberbe laurée, et de l'autre un cavalier galopant à gauche au-dessous duquel on lit : COCESTIVS (1).
La ressemblance des types a fait rapprocher de cette monnaie d'autres pièces de même module sur lesquelles on lit CONGE. (Lelcwel, Type gauL, p. 277. — Duchalais, Méd. yauL, p. 394.) Mais là s'est arrêté l'effort des antiquaires, et ils n*ont pas pensé à comparer les légendes. Lelewel attribue les monnaies portant la légende CONGE à Congentiacus, fils de Bituitus, chef des Arvernes, et dit en outi*e : « La médaille inscrite COCESTIVS est d'un chef qu'on ne retrouve pas dans les narrations historiques. » (P. 281.) Duchalais décrit les mêmes monnaies sous la rubrique Cocestiits et Congé sans commentaire.
Ces savants, il est vrai, n'ont pas connu la monnaie qui existait dans la collection de Tôchon d^Annccy, sur laquelle on voit CONGES (2).
(1) Lelewell) Type tjauLt oi\A»f pi- Vil, n» 38«
\2) Coi. des médailles de la collection Tôchon dAnnecys 18u8, u** ;243. Cette
6S DE LA.NOUSVABA
Celle pièce nous prouve qu'il faut rattacher les unes aux autres les légendes CONGE et COCESTIVS, et lire CONGES- TIVS avec anousvara. La fabrique de ces tétradrachmes ne convient en aucune façon à l'Auvergne.
Le nom Coiigestitis appartient à la même famille que Congeniiacits ou Congentiattis (T.-Liv., Eptl., LXI), Congentmus (inscript, de Narbonne), Congenmcia (inscript, de Nîmes), Congidius (inscript. de Modène).
Nous avons eu déjà occasion de rappeler qu'à une époque ancienne le G était exprimé à l'aide de la forme C. Quant k l'emploi simullaué des deux formes, il est aussi avéré. Nous citerons, comme exemple, après les monnaies aux légendes ORGETIRIX-ORCITIRIX, le monument funéraire érigé par Marcus Congenelius Juslinus à son père Marcus Congenetitts Marccllinus, stèle du musée de Vérone, dont AfalTei a publié un fac-similé (1). Il nous suffira de reproduire les quatre premières lignes de l'inscripliou qu'elle porte ;
M CONCENETI MARCELLINI M
CONG.IVSTINVS
Maffei a cru qu'il s'agissait d'un Conconctus et d'un Congius, ne voyant pas apparemment que le père et le fils ayant chacun son prénom et son surnom, avaient droit à un nom de famille et que ce nom devait être le même pour tous deux.
Congenelius est encore un nom du même genre que Congeslius.
Un autre beau lélradrachme, bien plus rare que ceux dont il vient d'èlre question, offre au revers de deux tètes accolées,
pk'ce esl ruprèseiilée sous le n* 8 Je la X' des plauches que Tâchou avait fait graver, etiloolles cuivre» sont en ta posgeesioa de M. J. de Wilte. (I) Muséum Venneiiie, p. il. — Cf. iuiley, pt. 505.
un lion courant au-dessous duquel se trouve une légende que Mionnet transcrivait : SOBBOVOAAI...RV, et Welzl de WeUenheim : COBISOVO.RV.
Duchalais proposait de lire sur le tétradrachme GOBBO- VOMARVS ou SOBISOVOMARVS. Il suffit d'examiner la monnaie, même pendant quelques instants^ pour reconnaître que la première de ces deux formes est la seule qui soit réelle. Le quatrième caractère paraît être un R renversé (peut-être un B ouvert). U est très probable que le sixième est un A renversé aussi; dans ce cas Tinscription reconstituée donnerait COBROAOMARVS ou COBBOAOMARVS.
Un spécimen bien curieux de l'emploi de caractères renversés avec intention nous est fourni par une inscription de Mynydd Margan dans le Glamorganshire :
BODAOC HIC IVCIT FIVIAS CVTOTIS
Boduoc hicjacit filhis Catotis. On sait que le nom Boduoc se lit sur des monnaies d'or et d'argent de la Grande-Bretagne (1).
Tile-Live parlant des affaires d'Asie (an de R. 563, av. J.-C. 189) s'exprime ainsi : « Certiora postea Oroandensium legati attulerunt : Tolistoboiorum civitatem Olympum montera ccpisse : di versos Tectosagos alium montem^ qui Magaba dicalur, pelisse; Trocmos, conjugibus ac liberis apud Tectosagos depositis, armatorum agmine Tolistoboiis statuisse auxilium ferre. Erant autem tune trium populorum reguli Ortiagon, et Combolomarus et Gaulotus (2).
On voit donc qu'Ortiagon était roi des Tolistoboïens, Combolomarus roi des Tectosages, et Gaulotus roi des Trocmes.
Nous ne pouvons nous empêcher de rapprocher le nom fourni par Tite-Live et la légende inscrite sur la médaille, légende dans laquelle nous ferons encore intervenir Vanousvara en sorte qu'elle se prononcera Combrolomartis^ ou Comb-
(!; Lelewel, Type gauL, atlas» pi. Vll, n<»» 18 et 19, — AkermaDf Ancient coins, pi. XXIV, Qw 19 et 20. — J. Evaus, British coins, pi. I. n»» 1, 2. 3. (2) Lib. XXXVni, c. 19.
70 DE L'ANOUSVARA
bolomams. Nous rappellerons à ce sujet le chef gaulois Gombutis cité par Pausanias (1), le Combulius d'une inscription de Salone ; les noms Andecomôos et Vercowôogius ; mais en outre et tout particulièrement le nom de COMBAROMARVS inscrit sur le manche d'un simpulum d'argent qui fait partie du célèbre trésor découvert à Berthouville. L'R et TL sont deux lettres du même ordre, deux liquides qui s'échangent dans une foule de cas. On peut donc considérer les noms inscrits sur le tétradrachme et sur le simpulum, le nom du roi des Tectosages, comme des nuances d'un même thème.
A côté du tétradrachme dont nous venons de mentionner la légende vient se placer une demi-drachme offrant aussi deux têtes accolées au droit, et un lion au revers, avec une légende dont la fin, comme sur le tétradrachme, est placée dans le champ de la médaille. La légende de cette monnaie a été lue de diverses façons. Mais la découverte de Ghantenay si profitablement commentée par M. de Saulcy (2), nous a permis de lire enfin très clairement sur l'exemplaire de la Bibliothèque impériale : IIPOMIIDVOS, c'est-à-dire Epomeduos.
On sait que l'Itinéraire d'Antonin et la Table théodosienne placent sur la voie qui de Besançon conduit vers le Rhin une localité nommée Epamanduodurum; or M. Pictet, de Genève, qui a fait de si belles études sur les langues celtiques, traduit ce nom géographique par ara: d'Epamanduus. Le nom d'homme ainsi habilement dégagé du nom de lieu, il nous devient facile de le comparer à celui qui est gravé sur la médaille, et ce dernier nous oserons le prononcer Epomenduos avec anousvara à la troisième syllabe.
On pourra faire cette remarque que parmi les nombreuses variantes que présentent les manuscrits de lltinéraire, il n'en
(2) Revue niun., 1862, p. 22.
est pas une seule qui donne Epomenduodumîn. Mais dans les manuscrits des Commentaires de César on n'a encore relevé aucune variante qui nous montre un E dans le nom du roi des Sotiates Adientuannus, et cet E n'en est pas moins bien nettement tracé sur la monnaie que ce prince faisait fabriquer. On sait que le nom du chef des Helvètes est écrit tantôt Orgétorix, tantôt Orgétirix ou même Orcitirix. Nous venons de mettre en regard les noms de Combolomarus et de Combaromarus. L'échange des voyelles dans les monuments gaulois est manifeste. Les noms gaulois qui contiennent l'élément epo sont assez nombreux, et pour la plupart assez connus, pour que notre lecture soit acceptée sans trop de peine.
De ce qui précède, il nous paraît résulter ceci :
1' Les caractères M et N, omis dans l'écriture chez les Gaulois, doivent être prononcés de même qu'on les prononçait en lisant les mots indiens, perses, grecs et latins, dans le corps desquels ces caractères n'étaient point tracés.
2* On peut concilier un peu plus facilement qu'on ne l'a cru les divers témoignages fournis par les textes classiques et par les monuments en ce qui concerne les noms d'hommes et de lieux.
3® Uanousvara lient à une faculté organique particulière que les peuples de la race indo-européenne ont conservée en commun et traditionnellement, bien qu'ils aient ignoré cette communauté, de même qu'ils ignorèrent l'origine des idiomes qu*ils parlaient.
4* L'existence de Vanousvara chez un peuple est un indice de son extraction. Les constatations que nous venons de faire peuvent être considérées comme un nouveau lien qui rattache les Gaulois à la famille indo-européenne.
Objets antiques trouvés dans un tumuhis de la proviîice
de Liège.
( Extrait du Bulletin de la Société des Antiquaires de France
pour 1864, pp. 138-139.)
M. de Longpérier signale les objets trouvés en d863 dans un tumulus situé à Walbetz, province de Liège, et conservés au musée de Bruxelles :
« Je ne parlerai pas ici, dit M. de Longpérier, de quelques beaux vases de bronze doré qui furent recueillis dans la fouille avec des vases de verre, divers objets d'ivoire et d'os, et des monnaies de Néron et de Faustine, femme d'Anlonin. Mais je signalerai une quantité assez considérable de clous de fer creux. La fiche est parfaitement évidée, très régulière à Tintérieur comme on peut juger par les fragments que j'ai l'honneur de mettre sous les yeux de mes confrères.
« La fabrication de ces clous demeure un mystère pour les métallurgistes belges, et, alors même qu'on pourrait expliquer de quelle manière ils ont été faits, on se demande comment la main-d'ceuvre n'entraînait pas une dépense de beaucoup supérieure à la valeur du métal économisé.
« 11 faut, quoi qu'il en soit, rapprocher de ce fait si curieux Texistence des monnaies romaines de cuivre à âme de fer, pièces du haut-empire, très bien frappées sur un flanc adroitement plaqué de bronze.
« Plusieurs antiquaires se refusent à croire que ces monnaies aient été faites pour réaliser un bénéfice sur la valeur du