‹ Œuvres ... réunies et mises en ordreChapitre 18 sur 280 · LETTRE A M. LOUIS DE LA SAUSSAYE · texte numérisé non relu

LETTRE A M. LOUIS DE LA SAUSSAYE

Les monnaies d'argent des archevêques Dietrich (96S-97S) el Ludolf (994-1008), publiées par notre vieil ami Bohl (1), offrent encore l'image d'une porte de ville à une seule baie, flanquée de deux tours à coupoles. Mais la monnaie de Ludolf a pour légende PORTA ALBA. Or Brower, dans ses Antiquités do Trêves, nous apprend que luporta Alba était construite à l'orient de la ville, c'est-à-dire du cdté opposé à la Moselle. Continuant rénumération des portes, voici ce que cet auteur ajoute : » Quarta occidentem versus ad Moseilse allabentis litus excitata porta erat quae illustri specie artis, et magnifircntia operis, cieteras longe superabat ; ut ab ipsa struclurae elegantia, porta Inclyta diceretur, H<ec porta aureis siderum liguris exornata, et nocturno succensa ac late coruscans lumine, navigantibus phari loco proposita ipsum quoque urbis portum grata luce collustrabat(2). »

Cette fois, nous avons une indication complètement satisfaisante, et nous sommes autorisés à croire que l'enceinte de la ville gravée sur le médaillon se présente à nous du côté de la porta Inclyta. Malheureusement, dès le xvu' siècle il n'exinlait plus de vestiges de cet édifice, et nous ne pouvons pas contrôler l'exactitude de l'artiste employé dans l'atelier de Trêves. Quand on examine le médaillon à la loupe, on reconnaît les étages des tours, les colonnes et les entablements, qui se rapportent d'une manière frappante h. l'architecture de la porta Nigra; radis on voit en même temps un pont à deux arches, et nous savons que le pont antique construit sur la Moselle, à l'ouest delà cité, en avait huit. Je n'oserai pas décider si la statue de Constantin était érigée au-dessus de la porte même, ou si elle s'élevait sur quelque place de la ville. La perspective du iv" siècle laisse beaucoup à désirer. Quant aux deux personnages accroupis qui Ûanquent l'enceinte de Trêves, l'un coiffé d'un bonnet recourbé, l'autre à l'épaisse chevelure retombant sur le front, ce sont des barbares symbo-

(1) Dit Trieiitchen Mùnsen. Coblenli, I8S3-37, pi. I.

(2) Brower et Masen, Anliquitatum el Annalium Trevirentium libri XXV. Uèfffi, 1670, ia-f>, p. 98.

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