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MEALX

de Hontmirail les battit complètement sur la route de May et de Lhjy et les rejeta dans les marais et les bois de Crony. Quelque temps après, l'armée russe, profitant d'un moment où Meaux était dépourvue de troupes, revint par la route de la Ferté'Milon, prit la ville et fit sauter le magasin à poudre : les Russes pillèrent plusieurs maisons et séjournèrent dans le pays jusqu'à la capitulation de Paris. Ils étaient là pour faire les honneurs de la ville au comte d'Artois, lorsqu'il vînt y passer deux jours avant de faire son entrée dans la capitale.

Après la bataille de Waterloo, les généraux Yandamme et Excelmans, qui opéraient leur retraite, traversèrent Meaux en bon ordre ; quelques jours après, un régiment de hussards prussiens occupa les faubourgs. Les portes étaient fermées par de fortes palissades ; la garde nationale occupait plusieurs postes. Un adjoint et le commandant de la garde nationale, qui s'étaient portés au-devant des ennemis comme parlementaires, furent retenus prisonniers, maltraités, attachés à la queue des chevaux, et trsdnés au quartier général de l'ennemi à Marchémôrel. De généreux citoyens se dévouèrent alors pour sauver leurs compatriotes et la ville qui courait risque d'être brûlée. MM. de Pinteville, ancien maire, Lhoste, président du tribunal civil. Boude t, procureur du roi, Pourcelt, conseiller municipal, offrirent de se charger de cette dangereuse mission, et ils partirent, accompagnés de M. René de Longpérier, commandant de la garde nationale à cheval. Ds arrivèrent fort à propos pour sauver la vie des deux prisonniers qu'ils ne purent cependant pas faire rendre. Après des menaces de mort et de knout on leur permit de se retirer. Le 15 juillet, un corps d'armée bavarois vint s'établir à Meaux sous les ordres du général Zoller ; celui-ci frappa la ville d'une contribution de deux millions, somme qu'il était impossible d'acquitter et pour la garantie de laquelle on s'empara de six otages: MM. Dassy, Griotteray, Buffaut, Veillet-Deveaux, BouUangez, et Beaudinot. Ces citoyens furent emmenés à Melun au milieu des troupes qui poussaient contre eux des cris de mort. Le général Paultre de Lamotte écrivit alors à l'empereur de

Russie pour lu! demander la gr&ce de la ville et de ses otages. Alexandre avait, dit-on, le caractère chevaleresque ; peut-être trouva-t-il piquant d'accorder une faveur au brave ofEciergénéral qui avait chargé en tète d'une division de cuirassiers à la bataille de la Moskowa : quoi qu'il en soit, sa réponse fut prompte ; il ordonna de rendre les otages à la liberté, et dispensa Meaux de la contribution de guerre.

Le général Lafayctte, un des commissaires envoyés par le gouvernement provisoire auprès des généraux étrangers, apprit, en passant par Meaus, qu'il y avait encore deux prisonniers au quartier général de Marchémorcl ; il intervint en leur faveur : quelques jours après, Bliichcr les renvoya dans leurs familles. La ville n'a pas oublié ce service ; elle choisit plusieurs fois pour son député l'illustre général, et quelque temps avast sa mort, elle lit frapper une médaille en son honneur.

Mcaux est actuellement dans un état très florissant; il doit cette prospérité h l'agriculture et au commerce des deux principaux produits du sol, les grains et les laines, dont l'écoulemenl sur Paris est facilité par le canal de l'Ourcq. La ville renferme de nombreux moulins et une fliaturc. La population fixe est d'environ 9,000 Ames, outre une garnison de cavalerie logée dans de beaux quartiers. A l'exception de quelques ruines d'églises gothiques, il ne subsiste, en fait d'anciens monuments, que la cathédrale et le chapitre ; mais depuis quelques années, on a vu s'élever un magnifique hôpital général, le plus complet, peut-être, que l'on connaisse, un marché, un ihéAtre, un temple prolestant. Ajoutons à cela ta restauration entière de l'église Saint-Nicolas, le percement de trois puits artésiens, la distribution du gaz, et l'on aura le tableau des améliorations qui contribuent à donner à ce chef-lieu d'arrondissement un aspect en rapport avec sa richesse industrielle, à laquelle une nouvelle activité va être donnée par l'établissement d'un chemin de fer.

Les personnages éminents nés k Meaux ou dans l'arrondissement ne sont pas nombreux; on peut cependant nommer Jeka» de Brie (4379), néà Villers-Ies-Rigaux, auteur d'un traité

BUT les bétes à laine; Pierre d'Orgemont (1389), né à Lagov, qui fut chancelier de France ; Denis du Moulins, patriarche d'Antioche, né à Meaui, en 1442 ; deuz Biles de Charles VII. nées & Meauz ; Antoine de Navarre, pfere de Henri I V , né à U Ferté-30us-Jo«arre; M'co/as de la Trousse, grand prévôt de France sous Henri H, né à Meaux; Che'ron, peintre en émail. né à Meaux; sa fille Sophie, peintre estimée, fut reçue eicadémiciennek Paria, en 1702; Sauvé de la Noue {ITiO), comédien et auteur dramatique, né h Meaux; Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, née à la Ferté-sous-Jouarre ; le poète de Nesle, né à Meaux, mort en 1767 ; le mathématicien Le Camus, né à Crécy, mort en 1768, membre de l'Académie des sciences ; Bochard, médecin et naturaliste, compagnon de voyage du bailli de Suffren; le général Wïcyi/e, né à Villenoy ; le général Courtier, né à Charmentran.

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