SUR U.N MOUTON D'OR INÉDIT
la fourme et manière qn'ilz ont de présent^ lesquielx sont à XXII karras et de mi*' et saize au marc de Troyes^ aux remèdes acousttimés (1).
Cependant jusqu'à ce jour, on n'a pas retrouvé de mouton portant, au centre de la croix du revers, un H initiale du roi d'Angleterre, quoique on remarque celte particularité sur les gros blancsy doubles et deniers du même prince.
Pendant la période de 1417 al 422, ditM.Delombardy dans un travail récemment publié (2), il convient de distinguer plusieurs monnayages qui s'exercèrent simultanément : V Monnaies dlsabeau au nom de Charles VI. 2® Monnaies du duc deBourgogne dans quatre villes; les profits de la monnaie et la surveillance des monnayeurs appartiennent au duc; les espèces sont frappées au nom de Charles VI et les deniers de boite jugés à Paris. 3» Monnaies du dauphin comme régent du royaume ; frappées au nom de son père. 4^ Monnaies du dauphin en son propre nom comme dauphin du Viennois. 5^ Monnaies du duc de Bourbon à Tl*évoux, pour le compte du dauphin; frappées au nom de Charles VI. 6® Monnaies de Henri V en Normandie, d'abord au nom de Charles VI, puis en son propre nom (3).
Outre le mouton d'or y purement royal, que nous avons décrit au commencement de cette notice, et les pièces du roi anglais qui en sont la copie, il existe encore dans la collection de M. Rousseau quelques monnaies au môme type qui se rattachent aux diverses séries dont nous venons de transcrire l'indication. Par exemple, celle-ci :
+ AGn. D€I.QVL TOLL. PCCAT JOVDI-iKlSC : DOBIS. Sous les pieds de l'agneau une barre au-df*ssous de laquelle sont les
;t} Rymor, Fœdem, convetitiones, etc., 17S9, t. IX, p. 798. Rotuli patmtium SofvnanniM anni tepiimi Henrici W Parte 1, membr. 19, don.
(2) Catalogue de» monnaies françaises de la collection de M. RignauU,\SkSf p. 19.
(3) M. Lecoiotre-DapoDt dit qu'après la prise de Rouen (13 janvier 1419), le roi d'Angleterre s'empressa de faire frapper À son profit dans cette ville des petits moutons d'or d'abord tout pareils, sauf de très légères différences prescrites, à ceax que Ton y fabriquait auparavant pour le roi de France ; puis que bientôt la lettre H fut substituée A la lettre K. Cet auteur établit qu'il n*en Uxi I»as de même pour Saint-L6 dont l'atelier restait inactif. {Lettres xur Vhist, mon. de la Normandie, p. 54.)
lettres : K. F. RX. Le tout dans un entourage composé de neuf petits cintres et se terminant k la barre.
1^. +XPC. VINCIT, etc. Croix fleuronnée, anglée de quatre* fleurs de lis dans un entourage formé de quatre cintres et de quatre angles. Point sous la seizième lettre. Or; poids : 2,Uj grammes. (Fabrication de Tournai, 1422.)
Cette monnaie a été frappée par le parti de la reine Isabeau de Bavière ; celle qui suit appartient au dauphin déshérité ; elle a été émise entre la mort de Henri V, hs^res franciœy arrivét» le 29 août 1422 et la proclamation de Henri YI, comme roi de France, qui eut lieu à Paris le 12 novembre de la même année. Ce mouton d'or du dauphin Charles est frappé dans une province dont il est le seigneur particulier.
+ AGD. D€l. QVI TOLL PCÂ iHVDI. iniS€. DOBIS. Agneau nimbé tenant une bannière surmontée d'une petite croix. Sous les pieds de Tagneau, K. F. RX; le tout dans un entourag-e de onze cintres. Annelet sous la troisième lettre et sous la dixhuitième. Revers semblable au précédent; annelet sous la quatrième lettre. Or; poids : 2,49 grammes. (Fabrication d'Embrun, octobre 1422.)
Enfin nous donnerons la description d*une pièce extrêmement rare et fort intéressante que le duc de Bourbon ou peutêtre sa mère, fit frapper pour le compte du fils de Charles VI. L'initiale du roi a été supprimée et Ton n'observe sous les pieds de Tagneau que l'abréviation de Francorum rex.
+AGn.D€I.QVI.TOLLP€CAT.inVDI.jniS€.nOBIS.Açneau nimbé tenant une bannière surmontée d'une croix fleurdelisée; sous les pieds de l'agneau FR. RX; le tout dans un entourage de onze cintres.
^. + XPC. VINCIT., etc. Revers semblable au précédent. Or; poids : 2,42 grammes. (Fabrication de Trévoux, octobre 1422.)
Le duc de Bourbon Jean P', ayant été pris à la bataille d'Azincourt et conduit en Angleterre, où il mourut après vingt ans de captivité, Marie deBerry, safemme, etensuite Charles, comte de Clermont, son fils, lorsqu'il fut majeur, gouvernèrent en son absence ses États de Bombes et de Beaujolais.