SUR DEUX DENIERS FRAPPÉS EN PROVENCE. 29K
cHïti territorio et omnibus ad Manuescam pertbientibtis. Bertrand renouvela cette donation en 1168; il était sur le point de partir pour la terre sainte et il laissa par testament le reste de ses possessions à Guillaume son frère, à la charge de ratifier cette disposition. Mais ce dernier seigneur ne se conforma pas d'abord à la volonté du croisé, et ce no fut qu*en 1180 qu'il confirma la donation faite aux hospitaliers, tout en se réservant, sa vie durant, la possession de Manosque. Le 5 février 1206, il souscrivit une charte en faveur des habitants de la ville; quelques jours après, il confirme de nouveau la donation et réitère cet acte en 1208, s*exprimant ainsi : Confirmo donationem quam Guigo honx memorim cornes Força/f/fterii avunculus meus domui Hospitalis fecit de Manuesca, hurgo scilicet et rasfello et de totis auris cum terri toriis (1).
La question qui nous reste à examiner est celle-ci : Les deniers dont nous publions Tempreinte sont-ils antérieurs ou postérieurs à 1149, en d'autres termes, ont-ils été frappés par lautorité dos comtes de Forcalquier ou appartiennent-ils aux chevaliers du Temple, ce qui serait une nouveauté numismatique ?
Qudique ce type du chrisme puisse paraître un argument en faveur de la seconde supposition, je dirai que la fabrique des monnaies me parait un motif suffisant de les attribuer aux comtes du xii* siècle. Si ces pièces, au lieu d'avoir une origine méridionale, étaient frappées dans une ville située de ce cdtéci de la Loire, je n'hésiterais même pas à les faire remonter jusqu'à la première moitié du xi'^ siècle (2). Mais il faut faire
(1) Colombi, Opusr, rar., pag. 482. — Voy. au»»i 1p« f/iiU rapporté» par l'abbé Féraud, Hift. rit\ polit, relig, H hiog, de Mano^gu^, Digne, 1848, ln-8*. On regrette dn nn trouver dans ce volume aucun renvoi aux textes originaux. — On ne remarque pas le môme défaut do rritiquo dans Touvrage d*Arbaud- Damasse intitulé : Études hUt, »ur la ville de Manosque; première époque^ la Commune^ 1844. — Le père Colombi écrit toujours Manuasca, ce qui tient, je crois, k un système étymulogiqu«* ; mais Bouche ot d'autres auteurs ont adopté la forme Manue$ca, qui e»i aussi relie fournie par les monnaies et qu'en con> séquence j'ai cm devoir préft'Ter.
(2) La lettre U à base carrée se trouve même sur une monnaie de Guillaume, comte de Bourges, qui appartient au x« FÎècle. Voy. Revue numismatique^ 1839, pag. 366. — P. 40 du présent volume.
2«e DISSERTATION
observer que dans les royaumes de Provence et d' Aquitaine !style des monnaies s'est modifié plus lentement. Ainsi noo' ne pouvons nous tlatlcr d'avoir retrouvé une monnaie dupui^ sant ordre de Jénisalem, et nous devons nous contenti' d'avoir encore accru d'un nom nouveau la liste des \iilps monétaires françaises.