SIÎR DEUX DENIERS FRAPPÉS EN PROVENCE
figurer à la date du 28 août 1391 , et du 21 mars 1 392 : lo paya de Sestaron et de Seyna et la Baylia de Seyna (1).
Entre^ la rédaction de ces actes et la fabrication des monnaies qui composent le trésor de Rochegnde, il s'est écoulé environ deux siècles, et si nous voyons que dans la langue vulgaire du xiv'^ siècle le D, lettre essentiellement évanescente, ait disparu du nom de Se3me, le catalogue des couvants dressé an milieu du xv^ siècle prouve que dans le latin cette lettre avait résisté à l'action du temps.
Nous n'hésitons pas à penser qu'au xu* siècle le nom antique était moins altéré encore et que la légende cornes Edne si* gnifie comte de Seyne.
Cette ville, comme Embrun et Manosque, appartenait aux romtes de Forcalquier.
r/est à Bertrand lY (1150-1208), l'un de ces comtes en la personne duquel finit la maison, puisque les seigneurs de Sabran qui prétendirent succéder au titre ne possédèrent pas le domaine utile; c'est à Bertrand IV, frère de Guillaume dont la monnaie a été aussi retrouvée à Rochegude, que nous attribuons les deniers de Seyne.
C'était ce comte Bertrand qui, en 4168, ainsi que je l'ai dit plus haut, étant sur le point de partir pour la terre sainte, fit donation par testament de la ville de Manosque aux chevaliers de l'Hôpital, laissant le reste de ses possessions à son frère (iuillaume, à la charge de ratifier cette donation (2).
Malheureusement la monnaie de Guillaume ne porte pas de nom de Heu (3), et l'on ne peut savoir si elle est postérieure au départ de Bertrand ou si elle a été frappée dans une des villes que Guillaume régissait en particulier à l'époque où les deux frères possédaient en pariage le comté de Forcalquier.
(1} HnL mun. de Shteron, pag. 212, 213, 215.
(2) M. l'abbé Féraud {Hist. civ. polit, iflig, et biog. de Manosque), fait mourir à Saint-Gilles (Gard), B<»rlrand IV, eo 1168, peu de tempe après avoir écrit sa seconde donation en fiiveur des hospitaliers. Ainsi ce prince ne serait pas allé à la terre sainte ; mais cette opinion qui n*cst appuyée sur aucun texte, est d'ailleurs contredite par les auteurs de ÏArt de vérifier lei dates,
(3) Revue numismatique, 1844, p. 126. — Pauris de Saiot-Vincens, pi. I, nw 7, 8.