DES MONNAIES NORMANDES INÉDITES
( iÙLlruil du toiue \1V de Ui Hevue numismalù/uct
184», pp. iU-4U. )
Monsieur, pai'nii tous les érudiis qui s'occupent de rhistoiœ de nos monnaies, il en est peu dont le suflVage me paraisse aussi précieux que le vôtre. Chacun de vos écrits, en éclairrissant un point de la numismatique en particulier, contient encore des notions applicable à notre science dans sa généralité. Nul ne procède avec plus de méthode ; aussi nul n'a-t-il servi la théorie plus que vous ne Tavez fait. Permettez-moi donc de vous dire que l'approbation presque complète que vous avez bien voulu donner au travail sur les monnaies nor* mandes ^xxcl'và publié dans cette Revue (l),m*a été un puissant encouragement; je regarde maintenant comme un devoir de V4>us faire part de découvertes nouvelles qui viennent enrichir la collection neustrienne.
Vous avez remarqué dans votre dernière publication (2) que les notices sur des monnaies normandes, imprimées avant vos savantes lettres, sont dues à des numismatistcs étrangers à la Normandie, et je ne considère pas cette observation comme un reproche. On a sans doute, lorsqu*on parle des antiquités du pays que Ton habite, une force spéciale qui se fait recon-
(1) V. oDuéu 1843, t. VHf, p. 5i. — P. 144 do pi*éMDt volume.
(2) Lettres sur V histoire monétaire de la Normandie et du Perche. PoiUers, 1846, p. Il de rintroducUoD.
a02 LETTRE A M. LECOINTRE-DUPONT-
naltre dans les plus petits détails, et vos ailicles en sont^ }i sieur, la meilleure preuve; mais on ne doit pas oublier c toutes lés provinces appartiennent aujourd'hui à la France. que c'est une obligation sinon une droit pour tout antique' de livrer à la connaissance du public studieux les monumei que le hasard lui met entre les mains. Je regretterais di seulement le retard que j'ai été forcé d'apporter à la publi tion de monnaies qui sont gravées depuis près de trois an^. \ je ne trouvais une compensation dans Toccasion qui mV offerte de répondre à quelques-unes de vos bienveillantes cr tiques.
Depuis 1843, plusieurs deniers que j'ai décrits (les n^ i.* et 7) sont passés à l'étranger, mais ils ne sont pas perdus [nr la science, car ils font actuellement partie de la riche coIKm^û* : du prince de Furstemberg, à Donaueschingen.
Heureusement la Bibliothèque nationale a acquis une kl' variété du n» 4 (V. p. 303, n» 1), qui provient du cabinet J^ M. Kestner, chargé d'affaires de Hanovre à Rome. Ce heu denier, admirablement conservé et d'argent à bon titre, port' un nom de prince, plus correctement écrit que celui qui ^ lisait sur la monnaie de M. de Saulcy. Du reste, au revers toujours cette légende bizarre RCD3MC0RI qui se troavr encore sur un beau denier d'argent fin qui appartient, c^iimii' presque toutes les pièces que je vais décrire, à M. Bartbéleist Le Carpentier, à Honfleur. Au droit de cette pièce (Y. p. 363. n» 2), on voit + SCA....NORTI, légende qui me parait difficile a expliquer. La barre qui traverse le C indique une abréviation ; le second jambage de l'N est suimonté d'un trait. Faut4 chercher ici le nom d'un saint comme âur les deniers 3 el S (1843, pi. v), qui appartiennent à M. de tleichel et au mu!^ de Rouen?
Le denier qui vient ensuite (p. 303, n^ 3) a pour légendes + RATOMS et aORTRS; il est de bas aloî, et a été trouve dans le Bilgey. M*^' de Rostaillg cil a fait pi'éseht à la Ëibliothèque nationale.
(Je denier el le suivant portent une croix, cantonnée fl«
JSS-OJJ/
3D4 LKTTRE A M. LECOLNTRE-DUPO.NT
deux points et de deux croisettes. Ils se rapprochenl on ck.u d'un denier (V. 1843, pi. y, n« 6) que j'attribuais à Richard II. et que vous proposez de restituer à son successeur Richard DL
Le m 4 de la p. 303, et le n"* li de la p. 305 faisaient parti dun trésor découvert à Rome, dans Téglise Saint-PauI-hor^ les-Murs, trésor qui parait avoir été enfoui avant 1060, et qui se composait d'un nombre très considérable de monnaies ctoutes les parties de TEurope, frappées pendant la prcmièi moitié du xi' siècle. Il n'y a rien de surprenant à ce que pam.i ces différentes monnaies il s'en soit trouvé quelques-unes '..r- Richard III; seulement il faut choisir celles qui, portant S nom de Richard, sont en même temps les plus barbares, cellr^ dont le type est le plus dégénéré; c'est ce qui m*avait condui; à désigner pour ce prince le denier gravé sous le n® 7 de a \\l. V (1843), denier dont j ai retrouvé depuis un exemplair mieux conservé. Cette dernière pièce, qui a été achetée ti Angleterre (Y. p. 30S, n® 12), est en tout semblable à celles qn furent découvertes en 1813, à Ilalton-Moore, à cinq milles .1: Lancastre (1), et elle provient très probablement de ce lieu, l; vase de métal, déterré à Halton-Moore, contenait 860 denier> d'argent, dont 400 furent apportés à Londres et examiur parles antiquaires qui reconnurent 379 pièces de Gnut, et 2! qui leur semblaient d'origine danoise indéterminée. Célaien. des deniers barbares de la fabrique de Rouen ; on n'en ]k* . douter lorsque l'on jette les yeux sur la. planche de VArckf^ logia, dans laquelle ils ont été représentés.
Cnut, qui régna de lOlS à 1036, était beau-père et beau-fivr' de Richard II, duc de Normandie, auquel il survécut prè:) ddix années (2). Il est donc tout naturel de trouver mêlés à se*
(1) Arckeologiay t. XVUl, p. 199, pi. xvn, n»» 4 et 5.
(2) Tous ces princes barbares étaient très zélés pour le Saint-Siège. Eu l>i . I Cnut écrivait à ses sujets d'Angleterre : « Je vous prie et je tous adjure, ^>^'
la foi que vous devez à Dieu et à moi, de faire en sorte qu'avant mon reXos: toutes vos dettes envers Dieu soit acquittées, c'est-à-dire les droits de I*Éffiisuivant les anciennes lois... le denier dû a saint Pierre'par chaque mai^o <' ville ou de village... Si ces droits n'étaient pas exactement payés à répoque ^.^ chaîne de mon débarquement, ma royale puissance s'exercerait contre le^^ reU: dataires et punirait sévèrement selon la rigueur de la loi et sans aucune grâ.c-.