OBSERVATIONS SLR TROIS MÉDAILLONS ROMAINS
«le Prubus. Il réparait enfui sur les moyens bronzes de Maxi-
min Daza, avec VIRTVS EXERCITVS et VIRTVS AVGG ET
CAESS NN.
Je suis porté. à croire que le dieu en marche indique une
expédition militaire. Mars avait pour surnom Gradivus, et le
mouvement exprimé sur les médailles qui viennent d'être
cîlées s'accorde bien avec le rôle d'une divinité qui protège le
départ des troupes.
En Tan 930 de Rome (177 de J.-C), Marc-Aurèle avait donné le titre d'Auguste à son fils Commode, qui venait d'être nommé consul.
L'année suivante (178 de J.-C), Commode, âgé de dix-sept ans, partit avec son père pour la Germanie, et c'est, je crois, à cette occasion que le médaillon aux deux bustes fut frappé. Le jeune prince y est représenté avec la tête laurée en qualité d*Auguste et en raison aussi du triomphe qu'il avait partagé avec Marc-Aurèle en 177, ainsi que le démontre le précieux médaillon décrit par Eckhel {Doctrina, t. VI, p. 64) et par M. H. Cohen {Descript, hist. des monn, imper., t. II, p. 504, m 369). On remarquera que le médaillon récemment apporté en France a été certainement exécuté par le graveur qui a fait la pièce de mariage de Commode et de Crispine, pièce au revers de laquelle on lit VOTA PVBLICA, et qu'Eckel classe à Fan 177 (1).
La seconde pièce est encore plus remarquable. Quoiqu'elle appartienne à une époque de décadence, elle a cependant conservé les grandes qualités de style qui distinguent l'art romain des beaux temps.
Au droit, ce médaillon porte le buste de Dioclétien, lauré, tourné à gauche, avec manteau impérial, et tenant un sceptre Hurmonté d'un aigle. La légende est : IMP C G VAL DIOCLE-
TIANVS F F AVG.
Au revers : VOTIS FELICIBVS. Dioclétien, debout, au pied d'un phare, sacrifie sur un trépied ou autel portatif, près duquel se tient un prêtre ou plutôt un camillm, La viclime
1; Doclrina num.t t. VII, p. 107.
8i OBSERVATIONS
olferte à Neptune, un taureau, est étendue sur le rivage. Des vaisseaux entrent dans le port accompagnés d'embarcations dont Tune porte deux enseignes militaires.
' A Texergue, SIS (Siscia).
Ce type est bien connu sur les médaillons de Commode qu'Alessandro Maffei, Haym, Eckhel et d'autres ont décrits, -,
et auxquels M. Anatole Chabouillet a consacré une intéres- !
santé notice, insérée dans \a. Revue numismatiqiie de 1841. Ce dernier numismatiste pense que les médaillons représentent, non pas comme on Tavait cru, la flotte Africaine apportant Xannona, mais l'arrivée dans un des ports voisins de Rome des navires chargés des simulacres de Sérapis et dlsis. D est évident en effet, que le plus grand des vaisseaux gravés sur le médaillon de Commode porte une figure de Sérapis assise à la barre, ce qui avait fait dire à Maffei : « Ma perche nel medaglione si vede figurato sovra la nave il Dio Serapide, mi è venuto in pensiero, che compiacendosi sommamente Cornmodo, como dissi, delle superstizioni di Egitto, avesse giudicato a proposito servirsi del Timmagine di questo dio straniero, in vece di quella di Nettuno, riputando che tanto l'uno che Taltro fossero una medesima deità (1). » M. Chabouillet fait d'ailleurs observer, avec raison, que sur plusieurs médailles de la série impériale alexandrine on trouve Sérapis à la poupe d'un navire, et qu'il est certain que là il remplit le rôle assigné à Neptune dans la mythologie. M. J. de Witte a décrit une lampe de terre -cuite en forme de barque sur laquelle est représenté Sérapis tenant le gouvernail. L'inscription AABE
ME TON HAIOC€PAniN ne laisse pas de doute sur l'identité du dieu (2).
Lampride dit, en parlant de Commode : « Classem africanam instituit quœ subsidio esset si forte Alexandrina fru-
(1) Aless. Maffei, Gemme antiche figuraie, Roma, 1709, t. IV, p. 163, dans un chapitre intitulé : Rayionamento sovra un medaglione di Commodo imperadore, steso in una lettera ai signor Antonio Magliabecchi,
(2) Descript. des anliq, du Cad, Durand, 1836, p. 389, n® 1777. — Voy. la figure de ce moDuuient sur le fronlispice de la thèse de Ch. LeDormant : Cur Plaio Aristophanem in convivium induxerity 1838, io*4<>.