SUR TRO.IS MÉDAILLONS ROMAINS DE RRONZE
menta cessassent. Ridicule etiam Cartbaginem, AlexandHam, Commodam togatam appcllavit : quum classem quoque africanam Commodianam Herculeam appcllasscl » {Commod. , XVII). Ce passage doit être lu tout entier; il en résulte que la flotte établie pour rapporter du blé de Carthage, chef-lieu de la province d'Afrique, était destinée à pourvoir Rome pour le cas où les grains d'Alexandrie viendraient à manquer. Mais l'inscription VOTIS FELICIBVS montre que les prières adressées au dieu de la mer avaient été exaucées (1); la flolle était arrivée à bon port ; cette flotte était celle d'Alexandrie que protégeait Sérapis, personnage un peu trop oublié par les antiquaires du dernier siècle et sur lequel M. Ghabouillet a bien fait de rappeler l'attention des numismatistes. Je no sais pourquoi M. H. Cohen a rejeté ce détail important dont la mention se trouve aussi dans \ Iconographie romaine du Trésor de numism., p. 72.
Dans sa Description historique^ le même auteur indiquait deux pâtres au bord de la mer (t. III^ p. 123), et dans ses errata il y substitue Septime-Sévèrc accompagné d'une autre figure (t. VI, p. 618). Ce n'est là sans doute qu'une seconde faute d'impression, quoique Septime-Sévère ait prétendu se faire passer pour un fils de Marc-Aurèle.
Le médaillon de Dîoclétien diffère bien peu de ceux de Commode ; car sur ceux-là aussi la petite embarcation placée devant le grand vaisseau porte deux enseignes militaires qu'on parait n'avoir pas remarquées (2). Cependant le médaillon frappé à Siscia de Pannonie ne nous montre pas la figure de Sérapis. La scène n'en demeure pas moins complètement la même, ce qui nous prouve qu'il y faut reconnaître, suivant la rédaction adoptée en dernier lieu par M. Lenormant dans le Trésor de fiumismatique^ la flotte alexandrine. Cela deviendrait plus évident encore si Ton découvrait des
(1) n e^l inutile do répéter ici, après Eckhel, tout co qqi a été dit sur W taureau f^criÛé à Neptune. Voy. Doctr, num.f t. VU» p. 129.
(2) Elles sont très bien accusées sur un bol exemplaire du uiéduillon de Conimodp qui a npp.iVtenu à M. Prospor Dupn'»,
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médailles d'autres empereurs offrant le même revers. C'est une bonne fortune que l'apparition si inattendue du beau bronze de Dioclétien peut nous faire espérer.
Au moment où nous livrons nos observation à l'imprimerie, nous apprenons avec une vive satisfaction que ce médaillon si précieux vient d'être acquis pour le Cabinet des médailles de la Bibliothèque impériale.
MM. Rollin et Feuardent ont obtenu de M. Prosper Dupré un médaillon contorniate de Salluste au sujet duquel il ne sera pas déplacé, je pense, de consigner quelques opinions nouvelles.
SALVSTIVS AVTOR. Buste ôaréw de Salluste, tourné à droite, avec paludamentum. Dans le champ, EP en monogramme.
^. NVSMAGCONMONIMVS. Personnage lauré, vêtu d'une courte tunique et d'un paludamentum, chaussé de bottines, assis sur un tertre. Il appuie sa tête sur sa main gauche; son attitude est celle de la méditation (PI. III, n® 3).
On connaît des médaillons contorniatcs de Térence, d'Apulée, d'Horace; ces écrivains, pas plus qu'Homère etDémosthène, n*ont reçu aucune épithète. Pourquoi Salluste seul est-il intitulé AVTOR? C'est apparemment qu'il importait de le distinguer d'un autre Salluste, au moment où le médaillon a été frappé.
Un contemporain de Pompée et de César est représenté barbu; n'y a-t-il pas là de quoi nous étonner? Notre étonnement ne sera-t-il pas le même, soit qu'on suppose que le portrait a été gravé d'après un buste contemporain de l'historien, soit qu'on admette que son image a été inventée sous le règne d'empereurs du Bas-Empire qui, comme Hônorius et Valentinien IH, étaient rasés.
Mais si nous examinons bien attentivement les médaillons de Salluste, particulièrement un exemplaire appartenant au Cabinet des médailles, pièce dont l'état de conservation est parfait, nous reconnaîtrons facilement qu'ils ont été fabriqués au temps de Julien, alors qu'à l'exemple de l'Empereur, beaucoup de personnages considérables portaient la barbe.
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Or Julien comptait au nombre de ses amis Sallustins Secundus, qu*il s'associa dans le consulat en Tan 363 (1116 de Rome). C'était, dit Ammien Marcellin, le seul exemple de Tassociation d'un particulier à l'Empereur, qu'on put citer depuis le règne de Dioclétien.
€< Juliapus vero jam ter consul adscito in collegium trabeae Sallustio praBfectoper Gallias, quater ipse amplissimum inierat magistratum : et videbatur novum, adjunctum esse Augusto privatum, quod post Diocletianum et Aristobulum nuUus mcminerat gestum (1). »
Un membre de la famille Sallustia, ami de l'Empereur et consul, pouvait être réellement, mais dans tous les cas devait paraître nécessairement un descendant de l'illustre écrivain partisan de César.
C'était faire un acte de courtoisie délicate que de donner au Salluste antique quelque trait de ressemblance avec le Salluste vivant. C'est ainsi que dans les médailles de restitution le visage de tous les empereurs passés offre une analogie très évidente avec celui du prince qui fait reproduire d'anciens types.
Le revers a, je le pense, après un examen attentif, été gravé en même temps que la tête de Salluste. Ce revers a été associé aussi au portrait d'Alexandre et k celui d'un biéronique, ainsi que cela s'est pratiqué souvent pour les médaillons contorniates. C'est même à cet usage de combiner des revers avec des têtes pour lesquelles ils n'avaient pas été faits, qu'il faut attribuer la naissance des cercles tracés en creux ou coniomi. Ces cercles avaient pour effet, lorsque le droit et le revers n'avaient pas exactement le même diamètre, de meubler le champ supplémentaire d'un côté, et de restreindre de lautre le flan trop grand.
La légende de ce revers a presque toujours été mal lue ; mais elle a été quelquefois bien gravée, par exemple dans le recueil de lord Pembroke (2). Voici ce qu'en dit Sigebert Havercamp :
(1) Amn]. Marcell., Rer. ge.ft., XXIII, 1.
(2) Sumixmaia anliqua^ 1746. part. III. pi. 98. n^ 2.
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« Avcrsae partis obscuram et i^notam mihi fateor interpretationem. Summis scopulis insidet figura virilis, tanquam contra frigus hybernurn vestibus bene munitus; digitum ad laevam aurem ita erigit, quasi vel ipse auscultans, vel alios ad similem attentionem admonens. Inscriptio satis mira et pariter ignota est MACCOMMO (1). »
Dans la description du musée Tiepolo, nous trouvons la légende deux fois reproduite ainsi : NYSMAC CONMONIMVS ce qui, à certain égard, était assez satisfaisant (2).
Eckhel, sans tenir compte de la gravure du cabinet Pembroke, réunit tous les caractères de cette légende en une seule ligne. Il s'exprime ainsi :
« NVSMACC0NM0N1MVS. Vir rupi insidens et respiciens. Incertus est épigraphes et typi sensus, etsi haec aversa obvia, et, ut per intervalla vidimus, juncta cum variis anticis, ia quibus vel Alexander Magnus, vel Sallustius auctor, vel Desiderius auriga proponuntur... Cannegieterus in insolentem banc epigraphen commcntatus operose conjecit, vocabulum MACCO designare stuitiim, nomine in fabulis Atellanis usitato. At enim omnes in bac pugna eruditionis suœ vires in ventum eifudit (3). »
Ainsi Eckhel condamnait, avec raison, Topinion de Cannegieter, qui avait pensé retrouver sur les contorniates le nom du bouffon nommé Maccus dans les Atellanes ou comé dies osques.
M. Sabalier a cru devoir établir, à l'aide d'un point qui n'existe pas sur la pièce, une nouvelle coupure de la légende qu'il transcrit NVSMACCON.MONIMVS, en y joignant la variante refaite NAXIMAC0.EVM0N1MVS; il ajoute :
« Ces noms de Nusmaccon-Monimus et de Naanmaco-Eiimonimiis sont totalement inconnus. Havercamp mentionne aussi un exemplaire de ce médaillon, mais avec le mot MACCOMMO seulement, ce qui nous fait croire que cette
(1) Disseri. de Alex. Af. numism, et de nummis contoni.f 1722, p. 147. n® 72.
(2) Miis. Theup, num, antiq.^ 1736, p. 825, 826.
(3) D. A'., l, VIII, p. 309.