‹ Œuvres ... réunies et mises en ordreChapitre 263 sur 280 · DE L'S BARRÉ DE HENRI IV · texte numérisé non relu

DE L'S BARRÉ DE HENRI IV

^ V racelcts ornés de camées en coquilles, et vulgairement attriués à Diane de Poitiers. Ces bracelets, dont le travail indique

:?:-a fin du xvi° siècle, ont appartenu à Catherine de Bourbon,

>^ umr de Henri lY, ainsi que le prouvent les deux C entrelacés, >lacés entre une palme et une branche de laurier, et accom- >agnés de quatre S barrés, qui sont gravés à Tintérieur de

' 'un d'eux (planche VI, n* 7).

C'est une restitution que je propose en passant. Comment l'attribution de ces bracelets à Diane de Poitiers al-cllc pu s'accréditer? C'est ce que l'on n'a jamais dit; il semble que l'on ait ignoré pendant longtemps l'existence du chitTre que je viens de mentionner (1). Cependant la description qui accompagne la figure de l'un de ces bracelets dans le Magasin Pittoresque (2) pourrait nous mettre sur la voie. On y trouve que « sur une plaque d*or, au revers de chacun des fermoirs,

sont gravés en creux deux croissants enlacés Aux quatre

coins de la couronne, on remarque un S de forme gothique dont on ignore la signification. » Il est fort possible que les deux C croisés, pris anciennement déjà pour des croissants, aient fait penser à Diane de Poitiers. C'est ainsi qu'un dragon ailé, pris pour une salamandre, animal avec lequel il n'offre aucune ressemblance, a fait donner le nom d'armure de François P' à un casque accompagné d'un bouclier et d'une épée, envoyés de Uollande à la Bibliothèque de Paris en 179S. On remarquera le rapport qu'offrent les palmes du jeton à la légende IMPERSUASIBILIS avec l'un des rameaux qui entourent, sur la plaque intérieure du bracelet, le chiffre de Catherine.

La duchesse de Bar avait laissé, en sortant de France, des dettes contractées dans Paris ; elle avait envoyé do Lorraine des joyaux pour être engagés et servir à satisfaire ses créanciers. Apres la mort de (jatherine, Sully fut chargé par le roi d'en dresser l'inventaire et fut aidé dans son travail par M"'^^ de

(1) Sotice sur la Bibl. royale ei parlic, sur le Cab, des méd,, par DiuueriHin, 1836, p. 43. — Hisi, du Cab, des méd. anliq* el pierres grav.^ par le même, 1838, p. m, o« 591.

(3) 1838, p. 99, col. 2.

3o2 DE L S BARRÉ DE HENRI IV.

Panjas, qui lui remit un mémoire très exact des bagues joyaux de la princesse. Ces bijoux restèrent en dépûtentit. mains de Sully jusqu'à Tannée suivante, que la reine > étant accommodée, le duc en fut déchargé par acte daté c 28 juin 460.^ (1). C'est ainsi que les bracelets de la duch^^ de Bar ont dû être conservés dans la collection royale.

8^ M. Barthélémy Le Carpentier possède, à Honfleur, cif assez grande médaille de plomb représentant les bust^ à Henri IV et de Marie de Médicis, et au revers de laquelle t voit, avec la légende 10. POLIGNEVS. R. CONS. D. F. i&K le chilTre de Marie de Médicis et de Henri ( H. MA. ) surmoo.ï d'une couronne fermée et accosté de deux grands S barrés. ^ 9® Enfin il existait dans la collection de M. Debrages-Dume?* nil, décrite d'une manière si attachante par M. Jules Labarl . un coiïrct émaillé en bleu, tout parsemé d*S barrés, et décore, en outre, du chilTre d*Anne d*Âutrichc entre quatre S (2).

On voit donc qu en 1365, neuf ans avant la naissance d^j Gabrielle, Jeanne d'Albret et son fils Henri, alors âgé de Aùw ' ans, plaçaient TS barré sur les jetons qu ils faisaient frappt: comme souverains de la Navarre.

Qu'après comme avant son mariage avec Henri de Lorram: (reçu en losange indique une femme non mariée ou venre . Catherine de Bourbon faisait usage du même signe symbolique.

' Que neuf ans après la mort de Gabrielle, une médaille frappée, non par le roi, mais par un particulier, en rhonDCor d'Henri et de Marie, présente les mêmes S.

Qu'enfin on les retrouve sur un petit meuble à Tusage d'Anna d'Autriche, qui n'avait aucune raison de faire revivre la mémoire de la duchesse de Beaufort.

(1) Mémoires des sages et royales (économies d'Eslat, etc. Première éditivx in-fol., t'. II, ch. XXX, p. 191, 206,219.

(2) Descript, des objets d'art gui composent la collect, Deàrugeê-Dumetstl 1847, iii-8o, p. 608, n» 774. « L*S barré, dit M. Loboii^, est la première lettr. de la devise de la maison de Navarre, SPES, et aussi de la devise de la mats'-s de Bourbon, SVM QVl SVM. » Il y a évidemment là confusion. Sur divers éJi lices construits par les ducs de Bourbon, on trouve le mot Espérance^ et ^«' les monnaies de Henri d'Albret et de ses successeurs : Gratia dei sum id quoi sum. Ces devises no commencent ni Tune ni l'autre par un S.

Page 1