DE L'S BARRÉ DE HE.NRI IV
Au châleau de Monceaux, Henri IV avait fail sculpter en bien des endroits son chiffre uni h celui de Gabrielle (à Tintérieur s'entend, car à Textérieur on n'avait figuré que le chiffre de la reine Marie). Très souvent, dans mon enfance, j'ai visité les immenses ruines de Monceaux; j'en ai exploré tous les détails, avant que les belles clefs de voûte ne fussent brisées pour être envoyées à Paris sous forme de petits moellons soigneusement toisés. Or je puis affirmer que dans cette importante ruine, on ne voyait pas d'S barrés; et c'eut été là pourtant qu'on aurait dû les rencontrer s'ils se fussent rapportés à Gabrielle.
Etienne Tabourot, sieur des Accords, au chapitre de ses liiyarrureSy intitulé : des Rébus de Picardie^ dit que cet S fermé d'un trait signifiait fermesse pour fermeté; la légende espagnole du jeton de Jeanne d'Albret, hasta la muerte (jusqu'à la mort) et la devise impcnuasibtlis qui se lit sur le jeton de Ca- Iherine do Bourbon, donnent beaucoup de vraisemblance à Topiuion du bizarre écrivain. On sait de quelle fermeté fit toujours preuve la reine de Navarre, et il est tout naturel que ses deux enfants aient conservé sa devise. Comme échantillon du goût de ce temps, on peut citer le frontispice de la première édition des Mémoires de Sully. Cette édition, sans date, et qui porte la fausse indication Amstelredam^ a été en réalité imprimée au château de Sully. Sur le titre, on a placé trois grands V soigneusement peints en vert sur tous les exemplaires, et surmontés d*une couronne d'amarante : au-dessous, on a écrit : Aux trois vertus, ce qui explique assez clairement le sens des trois verts V; et ce qui montre de quelle faveur jouissait l'arl des rébus dans l'esprit des plus grands personnages.
T. IV. 2;j
Observation itisérée à la suite d'une Lettre de M. le bar^u Chaudruc de Crazannes^ adressée à M. de Longpérierm sujet de sa Dissertation sur /'S batré de Henri IV.
( Extrait du tome II (nouvelle série) de la Revue numistnaiiqut,
1857, pp. lT7-i80.)
Je crois devoir joindre à l'intéressante communication di- M. le baron de Crazannes, un renseignement qui ni*est fourni par un ouvrage sorti il y a quelques jours des presses de M. Perrin, de Lyon, un des typographes les plus distingués de notre pays.
Je veux parler des Œuvres du chanoine Loys Papon, seigneur de Marcilly^ poète forésien du XVI* siècle^ imprimée» pour la première fois, stir les manuscrits originaux^ par fc> soins et aux frais de M. N. Yémeniz, (Lyon, 1857, în-8«.)
A la page 81 de ce charmant volume, dont un chapitrées! tout rempli de devises gravées et de vers qui les commentent, on trouve le passage que voici :
LA FERMESSE D'AMOVR.
Fermes SE dont l'Amour peint un chiffre d'honneur Comunc en l'escrilurc, et rare dans le cueur,