‹ Œuvres ... réunies et mises en ordreChapitre 277 sur 280 · COMTE DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

COMTE DE TOULOUSE

( Extrait du tome 111 (nouvelle «érii-) d<r lu Rfi-He nunthntatiqur, )8SB, pp. It-ie.)

Parmi les nombreuses monnaies du moyen Ag:e découverles en 1843, dans les restes de la basilique de Saint-Paul, à Rome, se trouvaient quelques deniers d'argent portant le nom d'un comte Pons, PONCIO COMES. M. do SanQuintino publia l'un de ces deniers qui, au revers, ofTre la légende VRBS TO- LOSA (1). Un autre denier, recueilli d'abord par M. Kestner, chargé d'alTaires de Hanovre à Rome, me fui apporté k Paris et j'ai eu la satisfaction de le faire acquérir par la Bibliothèque impériale; il porto au revers la légende circulaire + AIANRGO et au centre REX. Le style des deux pièces est tellement ideutique que je ne pouvais hésiter à les considérer comme frappées par le même comte et dans la même ville. Aussi ai-je mentionné comme étant fabriqué par Pons, comte de

(I) Moneie dtl dnimo t dell' undrcima ircolo Kvperle i ISU, iD-f, pi. I, D' 5.

j diHlarni di Roma,

3M LA LÉr.EXDF DES DKNIËRS FRAPPÉS PAR PONS,

Toulouse (1037-1 060), le deAier dont je reproduis ici la figure Mais RI cctt(> attribution était toute simple et toute natarrlll'explication de la légende du revers n'était pas aussi latif: diverses reprises, cette légende a été discalée par ie fv habiles numismatistcs qui ne sont point parvenus à enb-'S ver la signification. On a dit que les caractères qui lacomp'senl ne présentaient aucun sens, on a aussi voulu y trouver!mot ARAGONI; enfin moi-même j'ai cru reconndtre dm- + AIAN RGO une copie très altérée du XPICTIANA REUdiC si commun sur les monnaies cariovingiennes.

Je suis heureux d'avoir aujourd'hui à remplacer cette inl'i prétation hypothétique par une explication qui, je l'espèrej; paraîtra pas contestable à ceux qui connaissent bienlaFrao'' méridionale.

Il m'a semblé que puisque, d'un côté de la pièce, nous tnra vous PONCIO COMES, légende dans laquelle le nome^t^ l'ablatif et le titre au nominatif, nous sommes autorisés à Im de l'autre côté AtANRGO REX avec le même mélange de "■: d'autant plus que nous voyons encore VVILMO COMES iurii monnaie de Guillaume Taillefer, përc de Pons. Cette obse[v^ tion une fois acceptée on ne peut se refuser à reconnaître dan- AIANRGO REX une fonne méridionale, languedocienne, in nom du roi de France contemporain de Pons, c'est-à-dire J' Henri I"', fils de Robert (1031-1060).

[L'autorité des chartes que je vais indiquer plus bas, w paraissait tellement décisive que j'avais rédigé ma notice, ^n considérant la restitution du nom comtnc un fait acquis, !i>r>' que voulant comparer le denier de Pons avec le dessin que j '^■ avais fait autrefois, j'ai trouvé dans le médaillier delaBiJi^H' thëque impériale un second denier acheté plus récemmcnl pièce qui est tout à fait semblable àla première quantancùl^ qui porte le nom du comte, mais qui au revers nous monlre 1^ précieuse variante + AIANRIGO- Nous ajoutons ce revers i notre vignette.]

(1) Holier dei monn. de la eoUftUm Rousseau, p, 160 el 207, n" 5W-

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AIANRGO est trës^certainemcnt une forme altérée; et il est assez curieuK de la trouver non seulement sur le denier découvert à Saint-Paul, mais encore sur une obole qui a fait partie i\o la collection de M. Poey d'Avant (1). Il semble qu'il y ait là un système qu'il ne faille pas confondre avec un oubli du graveur. Ou, si l'on veut considérer l'omission d'un I comme le fait de la négligence de cet artiste, il faudra admettre que les coins de la maille étaient gravés en même temps que ceux du denier^ de telle sorte que Terreur ne pouvait être reconnue qu'au moment où l'on tirait h la fois des épreuves des uns et des autres.

J'ai dit que VVILMO. PONCIO. AIANRGO ou AIANRIGO étaient à l'ablatif; c'est une expression grammaticale pour indiquer la terminaison de ces noms, qui s'autorise encore de ce que la forme moderne de Willelmus et de Poncins était Gutllem et Ponz. Cependant nous ne devons reconnaître, dans cette terminaison, que le résultat d'une ignorante confusion.

Reportons-nous aux protocoles que les graveurs de monnaies pouvaient lire, ou entendre lire, dans les chartes publiées de leur temps.

Année 1036. — In même octobris^ régnante AIANRICO rege^ in placito apud Tolqsam^ miles nomine Bemardns Odalricm (2), etc.

Nous voyons la formule régnante Aianrico rege dans des actes de 1035, 1036, 1041, 1048, 1051, 1052, 1053, 1054 (3); régnante Franconim rege Aianrico^ en 1042 et 1049.

Nous pourrions citer vingt documents écrits en Languedoc où se trouve cette forme du nom d'Henri I^. Des chartes de 1032 à 1034 et de 1048 nous fournissent : régnante Aienrico rege. Deux chartes du cartulaire de Beaulieu, abbaye située

(1) Description des monn, seign. franc., pi. XV, nr !. — Cf. pi. XXVI, n" 2; ti>xte, p. 213, et Sapplément, p. 458.

(2) Voyet cet acte et coux qui sont citég à la suite dons VHistoi^ générale du Languedoc, t. U, preuves, colonnes 187 à 225.

(3) Les deux actes de 1054, dans l'un desquels on trouve menUonné Solidos Hginti de denari<» Tholosanos, proviennent des archives de Tabbaye de Mon-

olieu. Voy. A. Mahniy Cariutaire dex communes de Canr, dioe. de Carcassonne, n-4% 1857, t. !•'. p. 82.

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