LA LÉGENDE DES DENIERS FRAPPÉS PAR POXS
à rexlrémilé méridionale du Limousin, nomment Henri I*^, Aianriciis; un autre acte du même recueil porte Aienricus (I ). Enfin dans le cartulaire de Tabbaye de Lezat, près de Pamîers, existait une pièce écrite vers 103S, et portant : régnante Afiriyo rege. Cette dernière forme nous ramène à la légende des deniers dans laquelle un G est substitué au C.
C'est, on le remarquera, un acheminement vers la forme italienne Arrigo. La lettre N à' Anrigus hura. été entraînée, absorbée par la force de VR que nous trouvons redoublé dans le nom d'Henri de Bourgogne tel que nous le donne Tantiqne poème du Cid : el conde don Anrrich (2), ce qui montre Tintensité de la prononciation.
Si nous consultons les chartes de Toscane, nous rencontrons en 1021, Einrigo gratia dei mangnus imperator Augusto; en 1024, Enrigus gratia dei imperator; en 10S4, tempore Erigi gratia dei magnus imperator augusti; en 1057, Enrigo felicissimo regem ; en 1066, Régnante domno Einrigo rogem (3), etc. Le G aspiré toscan rendait mieux que le C Tarticulation allemande CH.
Le nom germanique Heinrich, donné par le duc Otton de Saxe à son fils né en 876, paraît avoir été apporté dans la famille royale de France par Gerberge et Hedwige, filles de Henri TOiseleur. Gerberge, femme de Louis d'Outremer, eut à Laon un fils qui reçut le nom d'Henri et qui mourut peu do temps après son baptême ; sa sœur Hedwige, femme de Hugues le Grand, donna le même nom au second de ses fils. Plus tard, Guillaume TaîUefer, père de notre comte Pons et de Constance, femme de Robert, avait aussi nommé un de ses fils Henri (4).
(1) Max. Deloche, Cartulaire de Beaulieu, n«» LXXX, CXXI et CXIX.
(2) Sanchcz, Coleccion de poesias castellanas, 1779, 1. 1, vers 3013, 3048, 3120, 3508. — Damas-Hinard, Poème du Cid, Paris, 1858, p. 200 à 232.
(3) Cosimo délia Rena, Série chronologico- diplomatica degli antichi ducki e marcheù di Toscana, 1789, t. I, p. 52, 53, 2» partie, p. 36, 61, 64, 63. Je reproduis les textes tels quUls sont rapportés dads cet ouvrage.
(4) A la fin d*an acte rédigé & Carcassonne vers 984, on trouve cité comme témoin Henricius qui dicitur Leutarius. Hist. gin, du Languedoc, t. II, prvtiref. col. 138.