RKCHKRCHES SUR LES ATELIERS MONÉTAIRES
Nous sommes, il convient de le dire, encore guidé et autorisé par la connaissance des monnaies de Carthage à la légende Salvis atigiistis et cxsanbtis, qui, pour cette année 305-306, nous offrent des marques numérales d'une clarté parfaite, et dont voici le relevé :
(Ihlore aug A
Galère aug B
Sévère cœs F
Daza* ca^s A
Il y a là, on en conviendra, des faits palpables, concordants, et bien autrement éloquents que la plus longue dissertation.
Le 25 juillet 1059 (306 de J.-C), Constance Chlore meurt. Nous n'avons aucun document qui nous montre si la première^ ofBcine demeura fermée pendant quelque temps, ou si Galère y fit frapper monnaie avec la marque R. P., en qualité de doyen survivant des augustes. Mais après le 28 octobre, Maxence ayant déterminé son père Herculius à reprendre les fonctions impériales auxquelles il avait renoncé, ce dernier vit travailler pour lui la première officine. La tétrarchie se trouva transformée pour quelques mois en une pentarchie composée de trois 'augustes et de deux césars, sans compter Maxence, en lutte avec ses collègues, et dont Jusqu'à présent on n'a pas retrouvé la monnaie au type qui nous occupe. Voici le tableau monétaire qui correspond à cette époque :
Max. Herc. aug R, couronne, P.
Galère aug R, couronne, S.
Sévère aug R, couronne, T.
Daza cœs R.Q.
Constantin CcTs R, couronne, Q.
La position de Constantin depuis Tan 306 était assez sin-
Maximien Herculius et celles de Galère, auguste. Daos les plus grandes coUections, on trouTe parfois des pièces de ces empereurs qui n'ont pas été correctement classées. Avec un peu d'attention on peut cependant les replacer dan;^ leur ordre véritable.
DIOCLÉTIKN ET LA TÉTRARCHIE. 109
^ulière. Proclamé auguste à York, il fut forcé par Galère de revenir au titre de césar. Créé auguste par Herculius au mois de mars 307, il ne fut reconnu en cette qualité par Galère qu'un an plus tard, en 308. Mais Tatelier de Rome devait procéder avec une certaine légalité et suivre les décisions du sénat (1).
Après avril 1060 (307 de J.-C), le nombre des gouvernants est ramené à quatre, par suite de la mort de Sévère, Maxencc restant à part. A ce moment, la Sacra mofieta Urbis est divisée de la manière suivante :
Max. lierc. aug , II, couronne, P.
Galère aug R, couronne, S.
Daza cœs R, couronne, T.
Constantin ca»s R, couronne, Q.
t)n pourrait croire qu à partir du mois de novembre 30B, Maxence ne laissa pas frapper monnaie dans Rome au nom de Galère et de Sévère, ses ennemis; mais son autorité n'était pas encore affermie, et ses antagonistes menaçaient de s'emparer de la ville éternelle. Il est bon aussi de noter qu'en 311 , lorsque Galère mourut, son. gendre Maxence lui consacra une médaille portant la légende IMP MAXENTIVS DIVO MAXl- MANO SOCERO. Malgré les dissensions les plus violentes entre les membres, de la famille, la fiction gouvernementale conservait son influence.
C Y'st à la fin de 307 que disparait le type de la Sacra moneia
vi) 11 C5t a remarquer que daus les légendes Saci^a moneta urbis augy, cl *»$8, nn, et Salvis atigg, et cxss. felix Karthago^ le nombre des lettres qui marquent le pluriel est toujours de deux, même lorsqu'il s'agit des N qui se rapportent a quatre personnages. C'était pour la monnaie une formule arrêtée, tiucl que fût, pendant le gouvernement tétrarchiquc, le nombre effectif des augustes et des césars. Les inscriptions nous fournissent divers exemples de l'emploi des caractères DD.NN. [Domini noslri) devant des séries de quatre ••! de six noms (Gruter, 118, 7. — Henzeu, Inscr. sel,, n» 5573, et p. 110, 11" 1056). — Dans une inscriptiou de Sinnium déju citée plus haut, ou lit hD.Sy, Junorum el llerculiorum augg, AOY. (Henzeu, loc. laud.f n» S560 a), ce qui n'implique pas moins de quatre pernannes. Par contre, deux bornes milliaires de Mileto eu Calabre présentent un luxe de pluriels très notable : lfDD,SNN Ctispo, Liciniam et Cofistantino NNi\OOOB BB,C AESSS {Mommstit, Inscr, rcgn, Neup.f 6281).
110 KBCHKKCHES SUR LES ATELIERS HONÉTAIHËS.
Urbis; on ne l'a point rencontré sur des monnaies de Daza et de Constantin avec le titre d'auguste, ni sur celles de Licinius-
Apres cette époque, Herculius, Maxence et Constantin frappèrent des moyens bronzes de petit module, qyi se font remarquer par leur aspect commun, leur similitude.
Cet aspect est chose à considérer, et ce n'est pas seulement à partir de la restriction du module qu'on doit en tenir compte. Fendant le cours des études dont nous venons d'exposer les résultats, nous nous sommes appuyé sur l'examen du type. C'est, par exempte, ce qui nous a porté à dire que le moyen bronze de Galère avec une couronne entre les lettres R. S devait être classé plutôt h. l'année 306-307 qu'à l'année 305-306.
En effet, tout numismatîste qui voudra accorder quelques heures à la constatation des faits que nous mettons en évidence, distinguera bien facilement le style de fabrication de chaque série, et même sans lire tes légendes, ne pourra confondre le modèle saillant du temps du Dioctétien avec cclut des figures planes et écrasées que les graveurs exécutaient quand Galère fut devenu auguste. L'espace de temps est bien court; cependant la marche de la décadence est certaine.
Nous n'en avons pas fini avec la numismatique de la tétrarchie; mais il ne faut pas fatiguer le lecteur, et nous nous bornons aujourd'hui à lui soumettre un travail qu'il pourra sans grand'peine contrôler à l'aide des monuments originaux ; car c'est la garantie que nous invoquons.
MOMNAIE DŒSYMÉ DE THRACE
( Extrait du tome XI (uouvtiUe série) de la Revue numismatique,
1866, pp. 220-221.)
M. Léon Heuzey, ancien élève de l'école d'Athènes, vient de publier les premières livraisons de Touvrage dans lequel il rend compte des résultats de son intéressante mission eu Macédoine et en Tbrace. La numismatique occupe une bien petite place dans ce travail : mais cependant à la page 31, nous trouvons la description de deux monnaies inédites achetées à Kavala, et nous croyons utile de faire connaître ici Topinion émise par le savant voyageur.
La première pièce est d'argent. Le carré ceux qu'elle porto au revers montre qu'elle est de fabrique ancienne. 11 oifre la disposition particulière que Ton nomme ailes de moulin. Au droit, on voit un couple de cygnes, avec une feuille de lierre dans le champ, le tout entouré d'un cercle de points, sans aucune légende. L'exécution de ce motif très simple, dans ces proportions presque microscopiques, est d'une étonnante perfection. Cette pièce se trouve dans un même lot avec d'autres monnaies également de très petit module, portant une oie près d'un lézard et un carré creux au revers, pièces qui sont attribuées à Héraclea Sintica.
La seconde médaille est beaucoup moins bien conservée, elle est de cuivre. Elle représente une tête de Pallas casquée et, au revers, un Hercule agenouillé tirant de 1 arc, semblable au