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PRIVÉE DU BRAS GAUCHE

(Extrait da tome XllI (nouvelle série) de la Revue archéologique , 1866,

pp. 145-151.)

Dans le second fascicule à^^ Monuments etAmmles de tins-iiiut archéologique de Rome pour Tannée 1854 (p. 82), M. le docteur Emil Braun a publié sous le titre de Bacco ijiovane dalla spalla mozza une figure de bronze de la collection Fejcrvary, au sujet de laquelle il s'exprime ainsi :

<( Parmi les phénomènes monumentaux les plus singuliers, mérite d'être remarquée une statuette de bronze, représentant un jeune dieu qui nous montre sans aucun doute les traits du Dionysius Thébain. Son épaisse chevelure est ceinte d'une bandelette et ornée de feuilles de lierre et de corymbcs. De longues tresses de cheveux tombent sur ses épaules et sa poitrine.

« Le regard est rempli de cette douce vivacité qui distingue le puissant fils de Sémélé. Toute la figure fait voir la mollesse unie à la majesté, et le mouvement même du bras droit, qu'elle tient levé, semble indiquer la fermeté avec laquelle elle commande et se fait respecter de ses ennemis. Il n'est pas jusqu'à la pose des pieds, munis de sandales fixées aux jambes par des attaches en forme de bottines, qui ne soit caractéristique pour Bacchus jeune, qui, dans tous ses traits, se reconnaît à pre^ miëre vue.

u Mais ce qui rend cette représentation (laquelle sous le rap-

»-•* OBSERVATIONS

tKsct iU< l'urt nu Iai»»e rien à désirer) 1res singulière et inexpH- «'«hlo, o'uHt rab»ence radicale du bras gauche. C'est que là où )'<^)MUl(' doit s'articuler, l'iDscrtion de l'os cylindriforme ijui devrait se détacher de la poilriDe,DOD seulement fait défaut, mais encore ne semble pas admise par la formation de cette partie da corps. C'est que les téguments cutanés Fecou%Tenl les confins de la poitrine et du dos d'une manière tellement exacte qu'à première vue on n'aperçoit aucunement la difformité iodiquée ù dessein.

L'aspect qui se présente est celui d'une amputation faite avec un rare succès. Le bras semble avoir été désarticulé dans la jointure et la plaie recouverte avec un art admirable. L'ensemble a l'air d'une opération chirurgicale faite avec une adresse merveilleuse , et les lobes de la peau sont réunis, comme on dit, en se servant d'une expression du métier, ad primam intentionem.

i> Mais supposé qu'il en soît ainsi, peut-on rencontrer chose plus extravagante '! un dieu, mutilé, et cicatrisé chirurgica- ■ement ! la beauté la plus parfaite du corps eu contraste avec une pareille infirmité !

<' J'avoue que je ne saurais trouver une explication de ces circoustances. Le rapprochement du mythe de Pélops, mis en pièces et reformé, ne semble même pas de nature à aplanir

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