DE MARCUS VÎPSANIUS AGRIPPA
adossées d'Auguste et d'Agrippa se rencontrent en si grande quantité dans la ville, et parfois enfouies en si grand nombre dans le sol des environs, et jusque sur les plateaux de Gergovia et de Corent, qu'elles supposeraient, entre deux cités si éloignées, des relations commerciales vraiment extraordinaires; tandis qu'en admettant à Nemetum Tatelier où elles se fabriquaient, on a l'explication naturelle de la légende, qui constate l'établissement d'une colonie latine, fondée, ou du moins développée et embellie par le fils du divin Jules, Divi filiuSy et probablement sous la préfecture d' Agrippa. »
L'auteur de ce passage ne s'est pas rappelé que les monnaies à la légende COL. NEM. sont recueillies par milliers à Nîmes et dans les environs. Si ces pièces, découvertes à Nimes, ont été frappées à Clermont, comme il le suppose, il faut admettre qu'elles ont franchi exactement la même distance que si elles avaient été transportées de Nîmes en Auvergne .
Il y aurait donc là une pétition de principe; on en remarque une seconde dans cette phrase que je rencontre un peu plus loin, à propos de l'opinion accréditée : « L'erreur, si c'en est une^ était facile; aucune dissertation n'a, jusqu'à ce jour, révélé que Clermont est d'origine coloniale. »
En elîet, même après la lecture du livre de M. Mathieu, on demeure convaincu que Clermont n'a jamais été colonie romainSy ou du moins on ne connaît aucune autre preuve ou démonstration de ce fait que la légende COL. NEM. de nos médailles.
Le titre contenu dans cette légende ne peut donc servir à élayer la nouvelle attribution.
Mais s'il n'existe aucun texte, aucun monument qui nous oblige à croire que Clermont a porté le titre de colonie, nous pouvons, d'un autre côté, citer bon nombre d'inscriptions antiques dans lesquelles la colonie de Nimes est mentionnée (1). C'est là un genre d'autorités que nous ne devons pas
(i) Gruler, CœXXUI, 3 ; CCCLI, 6; CCCCLXVII, 3; CCCCUXIX, 5. - Reine sias. CCCXCIV, 11. — Moffei, Gall. antiquiU, p. 56, ol Mua, IVr., CCCCXIV. 3
8 MÉDAILLES DE MARCL'S VIPSAML'S Ar.niPPA.
perdre de vue. Autrement, on en viendrait bieatâl à récluner les monnaies & la lég:ende COL. NEM. pour les Xrmetet de Spire, pour Nemetobriga de Galice, pour Nemetacaa» oa .\>metocenna des Alrébate», pour les Nemaningrnseit d'.Vschaffenburg, ou les Nemaloni de Provence. Mais M. MaUiiea lui-même n'a pas condamné sans hésitation l'opiaion de ses devanciers, et il a sagement émis, malgré ses sympathies potir ,\cmosflUS ou Augustonemetum des Arvernes, un doute dont j'ai Houtigné plus haut l'expression, afin de lui en laisser tout l'honneur.
- Aead. dei interipl., t. XIV, 2° pi. M. — Spon, Miicfll., p. 169. — Manlori. HCHUXXVIL H. — MilliD. Voy. dam le Midi, t. IV, p. 233. - 3lèoanl. BUl. lUi untiii. de la villf de Nitmes, éd. de IS2G, n« 1, 3, 4. — Hii/l. dr Chtl. iirch.. \tkft, II. 31.
LcDwiG MûLLER. Undersogelse af grœske Mynter med Tegnet Tau til Typ. [Examen des monnaies grecques ayant pour type le signe tau.) Kjœbenhavn, 1859, in-8% une planche gravée.
COMPTE RENDU
(Extrait du tome YII (nouvelle série) de la Reçue numismatique,
1862, pp. 301-305.)
L'élude des caractères isolés qui servent de type k un rortain nombre de monnaies grecques a déjà fourni à notre .savant collaborateur M. lo docteur Millier, le sujet d'un mémoire inséré dans notre recueil (1839, p. 1). Dans le travail écrit en danois que je vais essayer de faire connaître, Fauteur de la Numismatique d'Alexandi^e a réuni les dessins de quatorze pièces qui toutes portent un T au revers, et il y a joint quatre petites monnaies sur lesquelles trois T sont rapprochés par la base. Voici la description de tous ces monuments :
1. Tète du fleuve Achéloiis tauriforme. % T dans le champ. AR. Poids, li?^06.
2. Même tête. i^. T entre deux rameaux de chêne avec glands ; au-dessous, KAA. AR. Poids, 0«f'^,87.