FIBULES ANTIQUES \ PAS DE VIS
la gaine D à la traverse BB. On voit encore dans le fragment F acquis par MM. RoUin et Feuardent le trou entouré de soudure à l'aide duquel cette coque était fixée.
La coque des fibules formait comme une arche qui permettait le passage des doigts lorsqu*on avait à saisir Taiguille pour Taffranchir de la gaine ou l'y faire rentrer. Dans les temps anciens, cette coque était creuse et quelquefois très volumineuse. Mais dans les fibules cruciformes des iv° et V siècles, elle est le plus souvent réduite à un bandeau plein arqué (1).
Les documents relatifs à Fusage de la vis chez les anciens sont si rares que Ton ne saurait signaler avec trop de soin ceux qui nous parviennent. La vis si pure et si profonde de notre fibule trouvée en Poitou ne pourrait pas avoir été taraudée au moyen d'une filière. Je la crois plutôt exécutée à Taide d'un peigne entamant le cylindre encore plein, alors qu'il marchait suivant une hélice sur un tour-en-l'air. L'existence du lour-en-l'air, à une époque plus ancienne encore, nous est à peu près démontrée par la nature des filets concentriques tracés sous le pied d'un grand nombre de beaux vases de bronze.
(1) De belles fibules de cette classe out été publiées pai' L. Beger {Thés, hrcmdeb., UI, p. 432), et reproduites par Montfaucou [Ânt, expL^ t II, pi. 27, 28, 30). Le Père Cl. do Molinet (Cabin. de Sainte-Geneviève, pi. XI, ii^S) en a donné uue aussi ; mais, eatratné par l'exemple de Chiilet, il Ta prise pour uu graphium et il commet encore la même erreur au sujet de deux autres tibules de forme beaucoup plus ancienne (n»" 13 et 14), malgré les avertissements qu'il avait reçus de quelques antiquaires (loc. cit», p. 31). — Aux xvu" et xyiu» siècles, les ustensiles étaient bien mal connus. Le Père Montfaucoui dans son supplément à ï Antiquité expliquée (t« III, pL 77, u9 4), a fait graver parmi des iustruments de musique une fibule franque d'une forme aujourd'hui très fréquemment décrite (voy. LindenscUmit, Die Alterthùmer uns. heidn. Vorzeit, H. II, Taf. 8, no 7) ; mais le savant bénédictin ne sait que faire de la figure qu'il publie, et il ajoute : « Le n» 4, tiré du cabinet de feu M. Foucault, nu guère l'air d'un iDstrumeot de musique; je ne sais comment il est entré dans cette planche. » Montfaucon, il faut lui rendre cette justice, avait cependant fort bien reconnu la méprise de Chifict et du P. du Molinet [Ant, expl,, t. III, p. 357).
EF UK Sthashouhg représenlanl j£on léontitœphale. Clefx à ji/ofome de lion.
truil du Bulletin lin la Soriélé îles Anliijuaiifs de t'i-a, pour I86G, pp. in-l»; séance du 12 Atr,. 1866.)
M. Creuly ayant fait circuloi'la photographie d'un has-rellcr trouvé à Strasbourg dans les déblais d'uno cavo. M. dt; Longpérier est prié de donner quelques indications sur le sujet de ce bas-relief. Après l'avoir examiné attentivement, M. de Longpérier émet l'opinion que le monument lui parait représenter un .Kon. « Les quatre ailes, la clef, le scepirc sont les symboles caractéristiques qui lui permettent de proposer cette explication avec quelque certitude. D'autres ligures d'3jon ont été trouvées en France. La plus célèbre, découverte près du cirque romain d'Arles au xvi" siècle, est conservée dans le musée de cette ville. Elle offre beaucoup d'analogies avoc d'autres marbres conservés au Vatican et à la villa Albaoi. (V. Clarac, Mus. de sculpt., pi. S59, 560 et 562 B.) Une peliUligure d'.^on a été trouvée aussi en Auvergne. Elle ressemble à celle qui se voit aujourd'hui au Musée de Constantinc. Ces ^ons sont en général connus sous le nom de Mithra. Ils sont quelquefois léontocépbales, mais ce n'est pas toujours le cas. (V. Macurius, Abraxas, Anvers, 1637, pi, VI. } Dans le basrelief de Strasbourg, l'vEon a un visage humain ; toutefois le symbole du lion se retrouve au grand complet, puisqu'on voit cet animal près du génie ailé. La clef placée dans la main droite, avec un autre objet assez indistinct dans la photographie et qui peut être un poignard, est facile à recounaitre. "
RAS-RëLIBF REPRÉSKNTANT KOy LÉONTOr.ÉPIIALE. 143
Pour ne laisser aucun doute au sujet de cet ustensile, M. de Loiigpéricr va chercher et apporte diverses clefs antiques du bronze: il montre comment au lieu d'un anneau, elles présentent un œil percé dans la lige. Une de ces clefs appartenant k une époque relativement basse de l'antiquité a pour manche une lète de lion. M. de Longpéricr fait remarquer que ce système de décoration, dont il pourrait produire un certain nombre d'autres exemples, lui semble avoir pour origine le culte d'.-]£on. Les anciens abandonnaient rarement au caprice la décoration de leurs ustensiles, et l'idée de réunir à une clef lu protome d'un lion devait se présenter assez naturellement à l'esprit des sectaires. Le nom de Mithra donné aux .i^ons léontocéphales ou non, a causé d'étranges méprises et fait naitre de singuliers systèmes sur les rapports de la Gaule avec rOricnl. Il y a longtemps que Zoega a prémuni les archéologues contre cette erreur (1).
;i) Au Kiij.'l .!<' l'.Kuii repréoinité sur liv iiiniiLiniud d'Alliiu, voit lu Uéaioirf. lie M. Ch. U'UoruiuDt {Revue iiuniitmalitiiie, 1S4Ï, p. 92), ut compurer luu notes -ur r.ton de lu vlllo irHadruuitte, [lur M. du Longpérier {Annfmire de la So- •Ulé d™ Anliq. de France, priurès-vurtial du 1h itéai)ce du 2S férricr 1833. — SthtiuruiH [rampait, 1(153, o." 10, p. 22J. — Heitu: arcliéulogii/ne, I86i, p. 334. ■ t Reriu; numiauiaU'iite , I8t>j, p. 213. — 1'. 3U8 du I. II des OEuvi-ei ik À. de l^ngpériei: