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Discours d'ouverture de M. de Longpérier^ président

du congrès (pp. 27-29).

Messicui'î^,

Je vous prie d^avoir la bonté de comprimer, pour un instant, le sentiment bien naturel de surprise que doivent vous inspirer Tabsence de M. Lartet et ma présence à ce bureau.

Je vais vous en expliquer la cause.

Notre savant et cher Président, qui doit son titre à un vote du Congres tenu Tannée dernière à Neuchâtel, qui a pris une si grande part et un intérêt si vif à la formation de celui qui nous réunit aujourd'hui, est fort souffrant, presque malade cl retenu loin de Paris.

Nous avons, à la vérité, Fespoir de le voir revenir bientôt près de nous.; mais en ce moment ses forces le trahissent, et le Comité d'organisation a dû, avec bien du regret, lui chercher hier soir, parmi ses membres, un remplaçant provisoire.

Pourquoi le Comité m'a-t-il fait Thonneur de me choisir ? Je dois vous le déclarer avec toute franchise, je dirais même en toute humilité. Ce n*est pas qu'il m'ait reconnu une subite

OLVERTt'HE DU CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE 1867. 115

compétence dans les questions difficiles et importantes que, jasqa'à présent, j'ai pu seulement apprécier par la lecture* de vos travaux. Ce n'est pas qu'il ait supposé que je tenais en réserve quelques brillantes solutions des problèmes que vous discutez depuis longtemps.

Assurément non.

Si j'ai parfois été assez heureux pour servir Fétude rie certaines branches de l'histoire de l'homme considéré dans ses œuvres, dans ses œuvres les plus avancées éclairées par de nombreux textes, d'un autre côté j'ai été contraint de négliger la géologie et l'anthropologie, sciences qui comptent des maîtres dans vos rangs.

C'est donc à mon ignorance même qu'il me faut bien attribuer le choix dont j'ai été Tobjct. Mes collègues ont pensé à l'impartialité qui en serait la conséquence nécessaire; ils auront surtout, je le crois, compté sur l'attention que mon flésir de m'instruire me ferait apporter à toutes vos discussions.

En un mot, ils me placent au bureau pour que je puisse mieux vous entendre. Il y a là un trait d'amitié qui a droit à toute ma gratitude, et une bonne occasion dont je tâcherai de profiter.

J*ai dit une bonne occasion, et en eifet, votre programme contient une série d'énoncés des plus attrayants.

Si, comme je n'en doute pas, vous parvenez à éclaircir les questions qu'il propose, il en résultera une remarquable extension de nos connaissances, un immense supplément à Thistoire, bien fait pour exciter la plus grande et la plus légitime curiosité.

De toutes les parties de l'Europe, du monde transatlantique même, vous apportez dans la patrie de Bernard Palissy et de Cuvier la moisson que vous devez à vos patientes recherches.

Des discussions multipliées et intimes que ne comportent pas les exposés écrits, l'examen de documents et de monuments originaux fait en conunun par des yeux exercés, par

,^. JAKRKS RKiVFKRMANT US CADAVRE.

(Jrs inlelligences éprouvées que le concours anime encore, la vDr raisonnée des localités uù quelques-uns de ces monunffols subsistent, tout cela réuni doit amener la constatation ■lie quelques bonnes vérités.

Hier soir, au moment où les membres du Comité d'organisation allaient se séparer, un de nos savants collègues nou.s (lisait : " Une hache, c'est un homme. «

Interrogeons donc les haches. Elles ne manquent pas mainlenanl. Interrogeons les roches d'où elle» ont été détachées, les gisements où elles ont été recueillies après un si long repos. U est vrai que les réponses des haches ont un peu, comme celles de la sibylle, besoin de quelques commentaires; mais jamais peut-être il ne s'est trouvé tant d'éminents interprètes pour nous faire profiter de leur mystérieux langage.

L'archéologue classique, habitué à vivre parmi les textes, les monuments iconographiques à dates certaines, les œuvres des races encore existantes, alors qu'il voit tout à coup se dérouler devant lui les horizons iounenses que vous lui ouvrez, éprouve une impression timide que je me permettrai de comparer à celle que ressent l'habltnnt des oasis au moment où il quitte son bois épais de palmiers pour aller conquérir des richesses au delà de vastes solitudes. Ne trouvez donc pas mauvais que je rappelle ici textuellement les paroles que prononce le chef d'une caravane arabe à l'heure du départ :

« 0 mes enfants, c'est le Seigneur Dieu qui vous a réunis ; avec sa grâce, nous arriverons heureusement au terme de notre route. Vous voici frères, vivez en frères. Que toutes les chances bonnes ou mauvaises soient mises en commun. Aidezvous les uns les autres et vous réussirez. »

2. — Note sur des jarres trouvées en Corse, renfermant un cadavre (pp. 160-161).

M. de Mehedîi) ayant lu un passage de son rapport relatif à la découverte de la nécropole de Xochicallo, au Mexique, dans

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