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DENIER D'ARGENT DE LA FAMILLE ATIA

présent que trois monnaies : un moyen bronze avec le nom d'Atius Balbus et deux deniers, l'un d'or, Tautre d'arg-enl, tous deux avec le même type et le nom de Q. LABIENVS PARTHICVS. La monnaie que nous publions est entièrement nouvelle, tant à cause du prénom Titus que du type, et i>ar conséquent, c'est un monument historique de grande importance.

Titus Labienus était père de Quintus. Le père et le fils abandonnèrent le parti de César lorsqu'ils reconnurent ses tendances à la royauté. Il partit pour l'Italie, et arrivé dans ]o Picernum, il bâtit à ses dépens la ville de Cingulum. Voyez Jules César {De bello civ.).

La monnaie offre tous les caractères d'authenticité désirables; elle fut trouvée non loin de Munda, lieu dans lequel périrent Labienus et plus de trente mille républicains du parti de Pompée, dans la bataille que ce dernier livra à Jules César.

J. CUMANO.

Faro (Portugal).

Telle est la note dont nous devons la communication à M. A. Teixeira de Aragao. Ce savant nous affirme, de son côté, que le denier est authentique, et nous avons pensé qu'il était bon de faire connaître chez nous une monnaie si singulière, bien que l'aspect même du dessin photographique ne nous satisfasse pas entièrement. Un faussaire quelque peu instruit (chose rare à la vérité) aurait pu concevoir l'idée de ces nouveaux types en lisant le passage de César : « Etiam Cingulo, quod oppidum Labienus constituerai, suaquo pecunia oxaedificaverat, ad eum (Caesarem) Icgati veniunt » {Be/l. cir: I, 13), ou bien encore les vers de Silius Italiens :

Celsis Labienum CingtUa saœa

Misenint mûris.

L'arliste qui a gravé cette pièce, à quelque époque qu'il appartienne, s'est montré fort* habile dans l'exécution de co

DKNiER D'AHGKNT DK LA FAMILLK ATIA. 157

]H5iit plan de ville qu'il a placé au revers. Mais, nous le répétons, le dessin qui nous a été apporté nous laisse des doutes^ et nous regrettons que le denier de la famille Âtia n'ait pas été envoyé dans cette galerie de l'histoire du travail de l'Exposition universelle, où, grâce à la bienveillance de S. M. le roi de Portugal, et aux soins ^intelligents de M. de Aragâo, nous avons pu admirer des séries monétaires si intéressantes.

En publiant dans notre dernier cahier (p. 214) la note qui! M. A. C. Teixeira de Aragao avait bien voulu nous communiquer de la part de son compatriote M. J. Cumano, nous manifestions des doutes sur l'authenticité du denier de Labienus. Nous avions cru d'abord qu'il existait un dessin de cette pièce dans le Catalogue bodléien de Wise ; mais nous ne l'avions pu rencontrer dans ce livre. Nos souvenirs nous servaient mal, et en effet, en poursuivant notre recherche après la publication de la note, c'est dans le Recueil de planches de la collection Pembroke que nous venons de le retrouver (1746, part. III, pi. CXI, n* 6), rangé parmi les médailles fausses. Le denier signalé comme une contrefaçon depuis cent vingt ans, a été vendu à Londres en 1848, sous le n** 421 du Catalogue rédigé par M. Curt. Ce numismatiste indique la pièce comme « un curieux spécimen des savantes contrefaçons produites au commencement du xvi"^ siècle pour s'accorder avec certains passages des auteurs anciens, fort lus alors. )> Eckhel en a parlé aussi incidemment à propos d'une médaille d'Evagoras {Docir. num.y t. III, p. 89), et la cite parmi diverses pièces fausses. Il ne serait pas impossible que l'idée de représenter la ville de (iingulum au revers du denier de Labienus eût été inspirée par la vue de l'aureus de la famille Sulpicia sur lequel est figurée l'enceinte de Tusculum, accompagnée de l'inscription TVSCVL. (Riccio, Ant. fainigL, pi. XLV, n» 7. — Cohen,

IM bE?llER D ARt.E>T DE LA lAMILLE ATIA.

Êlép. nmt.. pL XXXVllI. d> 4.) Qooiqiw cependaDt, daos un noJnl« dîffémtl. oo renurqne une enfreinte encore ptos sem- Mable i celle an deiit>>r de l^ienos. sur des moDDaics df liaJIien, deMacrieD. de (^êlns. frappées à Xicée deBilhynie. Vîonnet. SopfJ. V. p. I&i et 16-). n- ^&X, %2, 963. — Pellerin. Mflmujm. II. pi. XXSn. n* là.. Dans tons le» cas, il doit paraître iH^n probable que le denier recneîUi par M. Cumano a été fabriqoé eo même temps que les deux exemplaires con- «ervés jadis dans la cotlectioD de lord Tbomas Pembroke, el qo'il doit être condamné comme eux.

Description de deux Figurines de bronze très antiques

Irouvées près de Pérouse.

Extrait du Bulletin de la Société des Antiquait^s de France

[>uur 1867, pp. 50-51.)

M. Alexandre Bertrand ayant prié son confrère M. de Longpérier de présenter à la Société quelques bronzes antiques, qui viennent d'être recueillis dans les terrains d'une colline située près de Pérouse, et qui appartiennent à M. d'Ancona, M. de Longpérier, pour se conformer au désir ainsi exprimé, examine, séance tenante, Tenvoi fait à M. Bertrand sans aucune autre indication, et qui se compose des objets suivants :

Deux figurines de femmes, hautes. Tune de 21 cent., Tautre de 20 centimètres.

Cinq fibules à ressort.

Trois bagues, dont une à chaton oblong portant en creux une figure d'animal ailé.

Deux pointes de lance.

Une pointe de fièche.

Trois as romains, dont un offre le monogramme de la famille Plautia, un autre le monogramme de la famille Martia ; le troisième fruste. Ces monnaies paraissent appartenir au m* siècle avant notre ère. Mais leur date ne se rapporte pas à celle des figurines, qui sont plus anciennes.

Tous ces objets sont complètement privés de patine, sans que pour cela leur authenticité puisse être en aucune façon révoquée en doute. Leur aspect tient à la nature du sol dans lequel ils ont été enfouis.

FlGLRliNES DE HRONZE DE PÉROUSE.

L'étal, le style, le mode de fabrication des deux statue lies, ajoute M. de Longpérier, rappellent d'une manière frappante tous les caractères d'une série de bronzes pérugins récemraenl acquise par le Musée de Florence et que j'ai pu examiner au mois de mars 1866. Même couleur du métal; même poids considérable.

Les deux figurines de femmes sont vêtues d'une tunique très longue sur laquelle sont tracéjes à la pointe, ou plutôt imprimées, des imbrications, et qui est fortement serrée par une ceinture. Le bas de cette tunique est en outre décoré d'une large bordure chargée d'ornements qui diffèrent dans les doux vêtements. L'une des bordures présente une série d'S opposés deux à deux; l'autre une rangée de nœuds ou fleurons.

Les deux personnages ont les cheveux tombant sur le dos, avec deux longues tresses descendant sur la poitrine ; une des femmes tient ces tresses dans ses mains appliquées contre son corps; Tautre porte deux tiges, aujourd'hui brisées, et qui semblent indiquer deux flambeaux en forme de cierges.

Ces figurines sont fort intéressantes; elles appartiennent à l'ancien art étrusque, et les ornements qu'elles présentent se rattachent à ceux qui ont été étudiés sur les monuments phéniciens et cypriotes.

Les pieds, suivant l'ancien mode oriental adopté en Étruric, conservent les jets de la fonte, lesquels ont été régularisés et utilisés pour le montage.

Restaurations antiques de vases peints.

( Extrait da Bulletin de la Société des Antiquaires de France pour 1867,

pp. 54-55.)

M. de Longpérier présente à la Société le dessin photographique d'une grande coupe profonde, de terre rouge , avec ornements en relief (environ 22 centimètres de diamètre).

Ce vase, dit M. de Longpérier, fabriqué dans la Gaule, a été trouvé à Lisieux, par suite d'une fouille pratiquée chez M. Augustin Delaporte à qui il appartient. Ce qui le rend tout particulièrement curieux et le distingue de tant d'autres vases de la même forme et de la même époque qui se voient dans les collections archéologiques, c'est qu'il a été cassé et raccommodé dans l'antiquité même. La fracture avait emporté dans la moitié inférieure de la panse un grand morceau en forme de coquille. Ce morceau a été rattaché à l'aide de quatre agrafes de bronze cylindriques, fort longues, et posées à cheval sur la cassure. Ces agrafes sont régulièrement placées, en face l'une de l'autre, de façon à former une croix.

L'art de rattacher les vaisseaux de terre remonte à une antiquité respectable. On connaît dans la plupart des grandes collections des coupes peintes dont le pied séparé du vase par un accident a été boulonné à l'aide d'une broche de bronze qui le traverse verticalement. On comprend que Ton ait pris cette peine lorsqu'il s'agissait de coupes peintes par des artistes habiles, comme, par exemple, celles qui sont signées

162 RESTAURATIONS AxNTlQUES DE VASES PEINTS.

de Gharitaeus et de Brygus, dans la galerie du Louvre. On comprend encore mieux qu'on se soit appliqué à attacher, à Taide de quatre agrafes de bronze, un pied à la magnifique amphore du Louvre qui représente Hercule enchaînant Cerbère. Je crois même que dans ce dernier cas l'opération était d'autant plus nécessaire que le pied primitif avait dû être totalement détruit à une époque très voisine de la fabrication de ce vase si parfaitement réussi. L'amphore a été certainement peinte par Andocide, artiste dont le style est très caractérisé, et qui signait sur le pied des vases; or le pied rattaché ne porte pas de signature, et cependant il appartient à la même époque que l'amphore, et doit avoir remplacé le pied primitif après un court espace de temps.

Un des exemples les plus curieux de raccommodage de vases peints nous est fourni par un stamnus du musée Grégorien représentant Hercule et Minerve ; comme pour le vase de Lisieux, la fracture avait emporté un morceau de l£c panse détaché en coquille, qui a été soigneusement remplacé par une portion de coupe représentant un banquet. Cette pièce, fixée à l'aide de quatre crampons de bronze, est très soigneusement ajustée et forme une sorte de bouclier pour la Minerve (Voir Ed. Gerhard, AuserL griechische Vasenbild., 1843, l. II, pi. CXLY). La coupe rouge de Lisieux n'est pas restaurée avec tant d'art; la pièce qu'elle porte fait saillie^ mais il est curieux de constater que nos pères n'ont pas attendu l'inven* tion de la faïence pour introduire le raccommodage des ustensiles de terre dans leur économie domestique.

Pierre gravée basilidiennb représentant le Christ

en croix.

{ Extrait du Bulletin de la Société des Antiquaires de France

pour 1867, p. 111.)

H. Greville J. Chester, amateur d antiquités à Wakefield (Angleterre) a rapporté de Gaza en Syrie un jaspe rouge gravé sur les deux (aces. Cette pierre appartient à la série des œuvres de la secte basilidienne. Les deux inscriptions qu'elle porte l'indiquent d'une manière assez. claire.

Ce qui rend ce petit monument, qui est parfaitement authentique, extrêmement intéressant, c'est qu'il représente une crucifixion, et à coup sûr une des plus anciennes que l'on connaisse. Car le crucifix retrouvé sur une muraille du Palatin et publié par notre correspondant le Père R. Garrucci, est une figure satirique, tandis que le crucifié de la pierre basilidienne est nimbé et tout à fait sérieux. Quelque grossière que soit la gravure, on reconnaît une certaine différence de costume entre les deux personnages placés près du crucifié, et l'on peut croire que l'un est un homme, l'autre une femme.

Pierre gra yée bxsilidœ.^sb représentant le nioissonneur

coupant des épis.

(Extrait da BuUelin de la Société des Aniiqaaireê de France

pour 1867, pp. 121-122.)

M. de Longpérier fait la communication suivante : Je place sous les yeux de mes confrères Tempreinte des deux faces d'une pierre gnostique rapportée d'Egypte par M. Greville J. Chester: Celte pierre, hématite de 22 millimètres de longueur, représente un moissonneur barbu, coiffé d'un chapeau conique à visière. Le travailleur s'est dépouillé de sa tunique qui est posée sur les branches d'un arbrisseau ; il n'a conservé qu'un caleçon ou cotte ; il parait avoir des bottines. C'est à l'aide d'une faucille munie d'un long manche, ou sape, qu'il coupe les épis. Quelques tiges de chaume s'élèvent devant lui.

Le type du moissonneur se trouve sur un quart de statère d'or, conservé au Cabinet des médailles de Paris, et classé autrefois par Pellerîn {Rois, p. 208), et Eckhel (Doctrina num., t. IV, p. 23} parmi les monnaies des Ptolémées (cf. Mionnet, Description, t. IV, p. 34, n* 269). Le même établissement pos-

PIERRE GRAVÉE BASILîDIENNE. 16o

sëde an petit médaillon d'or offrant le même sujet; ornement de quelque bijou qui a été rapproché avec raison du quart de statère. Le moissonneur se voit encore sur un rare grand bronze frappé à Alexandrie dans la cinquième année du rëgne dWntonin le Pieux (Zoega, Numi œgyptiiy imperatorii, p. 172, n* 79; Mionnet, Description, t. VI, p. 227, n* 1534), et c'est en s'appuyant sur Fexistence de cette pièce que les antiquaires précités ont rattaché à la numismatique des Lagides le quart de statère d'or portant un type tout à fait insolite pour l'époque des rois.

La pierre de M. Greville J. Chester reproduit un type monétaire, ce dont on à déjà divers exemples. Il est bon de remarquer que sur ce petit monument de la glyptique égyptienne, appartenant à la vérité à une époque basse, l'ouvrier est armé d'une faux emmanchée qu'il manie d'une seule main comme le font les sapeurs belges que nous employons depuis une quarantaine d'années. Pour préserver ses yeux de l'ardeur du soleil, il ne s'est pas coiffé du chapeau de paille ordinaire ou causia. Son cou reste sans protection; et son visage seul est abrité par Tample visière d'une véritable casquette. Il y n donc là des particularités utiles à constater, et qui rendent la pierre de M. Greville J. Chester tout à fait intéressante.

Note sur les marbres de la ;■«(■ Yiviennc trouvés en 1751 , et indication de l'origine italienne de l'urne (TAmpudia Amanda.

(Extrait du BvlUtin d« Ut Soriélé tUt Antiquairt* dr France pour 1367, pp. 131-130.]

M. de Long:périer fait la communication suivante au sujet il'une urne cinéraire que l'on croyait, au milieu du siècle dernier, avoir été découverte dans te sol antique de Paris :

Dans le tome II du Recueil des antiquités de Caylus, on remarque les passages suivants qui appartiennent à un chapitre intitulé : Antiquités de Paris :

« On a trouvé dans l'été de l'année 1751, à trois toises de profondeur, en bâtissant les écuries d'une maison située dans ta rue Vivieone, et près de l'endroit indiqué par la lettre I sur le plan de Paris (voir la pi. CVIII), huit différents morceaus de marbre blanc, et tous travaillés en bas-relief. Ces marbres avaient été jetés pêle-mêle dans quelque fosse, sans doute par le zële des premiers chrétiens, ou parce qu'on les jugeait inutiles.

« .... M. l'abbé Lebœuf qui m'a cédé ces antiquités, a dît, lorsqu'il eu a rendu à l'Académie un compte sommaire, que le lieu de leur découverte était autrefois une campagne éloignée de la ville....

« .... Ce tombeau (le 8* marbre] ou plutM cette urne cinéraire, pour me servir du terme employé parles Italiens, est de forme carrée. On n'a point trouvé le morceau qui servait à la fermer. Sa principale face est ornée d'un retable au-dessus

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