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méat d'Augruste. Cet empereur, dans l'inscription d'Ancyre, mentionne parmi les édifices qu'il avait élevés près du Capilole, AËDEM QVIRINIS, c'est-à-dire un sanctuaire consacré à Romulus et k Rémus.
Si l'on considère le nom Quirînus placé en tète des deux inscriptions de Vilette comme se rapportant à Romulus, on sera conduit à penser que le culte de ce personnage ne doit pas avoir été borné à quelques dédicaces; et nous aurions à chercher si, parmi les statuettes destinées aux laraires, il ne se retrouverait pas quelques ûgures du fondateur de Rome. Les moDumcnta nouvellement exhumés sont donc, comme on le voit, de nature h faire naître des observations intéressantes.
Note sur le vers 2 de l'Hymne à Hécate (p. 442)
(Extrait des Mélanges de littérature grecque publiés par M. E. Miller,
Paris, 1868, pp. 459-466.)
Baubo est un personnage mythologique dont les archéologues se sont encore peu occupés. C*est à James Millingen que nous devons le premier travail qui nous ait permis d'appliquer les textes de quelques auteurs anciens à l'explication d'un certain nombre de figures conservées dans les collections d'antiquités. Son remarquable mémoire, imprimé en 1843, dans les Annales de [institut archéologique de Rome, assimile Baubo à lambé, qui figure dans l'hymne à Cérës attribué à Homère.
Après l'enlèvement de Perséphoné par Pluton, Démêler, à la recherche de sa fille, apprend par Hélius la violence qui lui a été faite. A cette nouvelle, la déesse irritée quitte l'Olympe, et, se transformant en vieille femme, elle parcourt diverses contrées, et arrive en Attique, où elle fut bien accueillie par le roi Céléus et par sa femme Métanira. Cependant Déméter demeure inconsolable ; mais lambé, vieille servante de la famille, cherchant à la distraire par des plaisanteries grossières, la fit enfin rire et s'égayer :
icptv y' otê ÔYi xkvjf^z |itv 'Ia|i6r) xéîv' elouîa icoXXà icxpa(rx<oicTou(r' etpé^/XTO noxviav, àyvr^v (iet6f,aai, yeXaaai xe, x«\ TXaov o^eîv Ouji-ov.
{ïn Cerer., 202-204.)
Cf. le récit d'ApoIJodore {Bibl.. lib. I, cap. v, secl. 1-3).
NOTE SUR LE VERS 2 DE l/HYMNE A HÉCATE. m
ISEtywologicummagnum ajoute une circonstance fort imporlajile au point de vue archéologique, c'est qulambé employa, pour égayer la déesse, non seulement des discours licencieux, mais des gestes indécents : xa{ x/^r^TztXt'^zxizj.^ xal (j^^^ixaTa oxpiQjTa •:rcu:5ffa, èzsiTice véXa^at (voc. 'Ioijlôt)). Le passage d'Iambé à Baubo *»st établi par le témoignage de Clément d'Alexandrie, d*Arnobe et de Psellus. Baubo, suivant le premier, offre un breuvage à Déméter, qui le refuse. Prenant ce refus pour un acte ile mépris, elle relève ses habits, ôvaaréXXsTat Ta alSoTa, xa» eiric££xv;kt T^ 6sw. {Protrept., éd. Potter, p. 17). A l'appui de son dire. Clément cite les vers d'Orphée :
"Ûc eticoOoa, TrénXoua àveo^SpotTO, dsUe Se navra <rctt{i3Toc» oOSç nplicovTa tvicov x. t. >.
El ces vers, Arnobe les a traduits avec des variantes, ou a donné la version d'une rédaction différente.
Sic effata, sinu vestem contraxit ah imo, Objecilque oculis formatas inguinibus res; (/m/is eat^ siiccuticns Baubo manu, nam puerilis Ollis ru! tus erat, plaudit, eontrectat ami ce, etc.
(Àdv. gcnt.^ lib. V, cap. 26). Cf. Psellus (De opin. Grxr. oirc.a dxmon.)
La première figure de terre cuite à laquelle Millingen applique ses recherches représente une femme assise sur un porc (animal consacré à Déméter), et tient, en outre, un xtsiç ou peigne de tisserand, instrument qui parait sur un assez grand nombre de vases peints parmi les symboles des mystères. Ce petit monument est d'un assez bon style grec. D'autres figurines de terre-cuite, provenant d'Egypte et appartenant à une époque assez basse, représentent la femme faisant un geste obscène, et sont considérées comme des images de Baubo, depuis l'excellent travail de Millingen (V. Descript. de V Egypte par la Comm. franc., Antiquités, t. V, pi. 80. — Conrad Leemans, Mua. des antiq. egypt. de Leyden, IP partie, pi. XXVII, n" 157, 138, 159. — Fr. Lenormant, Catal. de la coliect. Haife\ 1867, p. 117, n*»" 879 et 879 bis). La rareté des publi-
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calions sur ce sujet tient à la nature scabreuse de pareilles figures, qui ne manquent cependant pas dans les musées. Baubo, accroupie, les genoux relevés, offre une analogie assez frappante avec le crapaud femelle ou la grenouille. La lecture de M. Miller me paraît donc excellente. En Egypte aussi on trouve un grand nombre de lampes des bas temps, sur lesquelles est figuré un batracien (crapaud ou grenouille). {Descript. de P Egypte^ par la Comm. franc., t. V, pi. 78 et 86. — Leemans, Mus. de Leyden, W part., pi. LXXIII, n*" 525- S28); il existe des candélabres antiques dont les pieds portent sur des figures de grenouille. Le symbolisme de ces représentations s'explique par le rapport que Thymne orphique établit entre Hécate, Baubo et le crapaud femelle, qui devient ainsi une expression de la lumière nocturne. Il est extrêmement intéressant de pouvoir, rattacher ces représentations au texte orphique, et, d'un autre côté, l'introduction de détails si curieux et si singuliers dans l'hymne peut s'expliquer par suite de la remarque due à M. de Rougé et suivant laquelle la déesse égyptienne Bekete f ^ * a précisément pour emblème une grenouille. La découverte de M. Miller va faire entrer l'étude du mythe de Baubo dans une voie nouvelle.
Quant à l'action de Baubo, telle qu'elle résulte du témoignage des auteurs de basse époque, elle se rattache cependant à une idée qui paraît fort antique, en Asie du moins. On peut, à cet égard, comparer le passage de Plutarque [Moralia^ de virtiit. mvlier., IX) qui raconte de quelle manière les femmes lyciennes forcèrent Bellérophon à faire rentrer la mer dans son lit, avec ce que Justin (lib. I, c. vi, 13) rapporte de raclion identique des femmes perses, qui voulaient contraindre les guerriers de leur nation à retourner au combat.