‹ Œuvres ... réunies et mises en ordreChapitre 69 sur 280 · VOT.S · texte numérisé non relu

VOT.S

Pifece de huit deniers d'or; poids, 5lP,iO. (PI. VII, n" i.) Le denier d'or d'Alexandre provenant de la découverte de Tarse, pesant 6»',71 , donne un poids 1res fort qui, multiplié par 8, produirait 53^,66- Mais si nous avons recours aux pesées publiées par Don Vincent Vazquez Queipo, nous trouverons des aureus de ce même prince indiqués comme étant à fleur de coin ou très bien conservés, ot qui pèsent, fis^H ; &f,i3 ; Qs' 16' 6'',22; 6^^,42 (1). La moyenne obtenue par le savant métrologiste est deB^^il, résultat de la taille de SO à la livre. M. Mommsen a relevé les poids do 30 pièces dont la moyenne donne 6^,384 (2). Le poids du médaillon, 5i!',10 divisé par 8 produit 6«',387 ; — et un aurons de 6ï',39 multiplié par 8, nous fournirait un poids de 51<',12 ; 2 centi^ammes de plus que le poids actuel du médaillon. On voit donc que je suis pleinement autorisé à le considérer comme un multiple très régulier de l'aureus. Ce résultat se rattache exactement au système exposé dans cette Revue par MM. Ch. Robert et Fr. Lenormant (3).

La pièce a été frappée alors qu'Alexandre était dans sa IX* puissance tribuniticnne et consul pour la troisième fois, c'est-à-dire en l'an de Rome 963 (230 de J.-C). Il est impossible de ne pas la rapprocher des deniers d'or et d'argent à la légende VICTORIA AVGVSTI sur lesquels on voit une Victoire tenant un bouclier qui porte VOT. X (volis decennalibus), {■l aussi du seul médaillon d'or du même empereur que l'on connût jusqu'à présent, mais qui est sans date (4). D'autant plus i[uc ces deux dernières pièces se trouvent reliées entre elles par le moyen bronze du Musée de Vienne qui, du même module que le médaillon autrefois conservé au Cabinet des médailles et offrant le même type au droit, présente un revers

(1) f^ifitémes tnétr. H monél. dea ane. peuplff, tables, 2" part-, p. i*i. [i] Gttchichte d«t Rcemiichen Mûnztvetent, p. 8*8. [3) Rtwenum., 186e, p. 111; 1861, p. 127.

(i; Voir la Sgurede cette pièce unlqiiP dans MionDel, Rareté des méd. rom., t. I . pi, annexée h la p. 358.

identique à celui du médaillon découvert à Tarse (1). Tous ces monuments se rapportent à une victoire qui répandit l'allégresse parmi les Romains ; et c'est à ce sentiment rappelé parla légende de Tun des deux médaillons d'or, FËLICI* TAS TEMPORYM, qu'on peut attribuer la rénovation des pièces d'un poids exceptionnel dont l'usage avait été aboli par Alexandre Sévère au commencement de son règne. « Formas binariaSy lernarias et quaternarias, et denarias etiam, atque amplius usque ad bilibres et centenarias, quas Heliogabalus invenerat, resolvi prsecepit, nequc in usu cujusquam versari (2). » L'existence des médaillons d'or n'est donc pas incompatible avec le témoignage de l'historien.

Quant aux trois grands disques d'or décrits au début de cette notice, leur divergence de poids tient à la dimension et au relief des tintes. Pris ensemble, ils donnent H0?%30 + 98^^,65 4- 93»',85 = 302k%80; c'est-à-dire 48 aureus de 6^',31. Je ne crois donc pas qu'il faille avoir recours à un subterfuge pour dire que l'on a voulu consacrer à leur fabrication 48 pièces d'or ayant cours, et que chacun d'eux devait représenter seize fois la monnaie ordinaire. Les nécessités de l'exécution des tjrpes ont produit une division un peu inégale, sans importance pour un groupe qui n'était pas destiné à être fractionné.

Sur le quatrième médaillon, Alexandre Sévère est représenté tenant délicatement entre les doigts de la main droite une petite figurine de la Victoire qui n'est pas posée sur un globe, contrairement à la coutume adoptée par les autres empereurs tels que Gordien, Yalérien, Gallien, Probus, Numérien , Constant, Décence, Yalens, Ârcadius que des médaillons nous montrent en buste, soutenant une sphera nicéphore (3). Jupi-

(1) J. de France» Num. cimel, cms. Vindob.r ^- 1» pl* XXII, n» 3.

(2) Lamprid.» Alex, Sev,^ cap. XXXIX. — Dupuy a discuté ce texte d'uQe manière iotéressaote quoiqu'il n'ait pas eu à sa disposition les éléments numismaUqaes nécessaires, Mém. de VAcad, des inscript., 1761, t. XXVIU, p. 685. — M. Mommsen, quoiqu'il nait pas retrouvé les multiples de l'aureus cités par Lampride, en admet cependant Toxistence, Gesch» des Rœm, Mûnzw,, p. 776.

(3) Vaillant, Select, num, max, mod. Mus.de Camps,, p. 37, n» 101 ; p. 109, n<» 1 ; p. 113, n* 2: p. 131, n» 2. — Idem., Num, imp. rom. prspst., t. Hl, p. 203, 222,

202 TRÉSOR DR TARSK.

1er, Minerve, Rome et même des personnages historiques (i) portent quelquefois la Victoire sur la main droite étendue. Mais il s'agit ici de médaillons représentant des bustes costumés de la même façon, parmi lesquels celui d*Alexandre Sévère fait disparate. Faut-il attribuer cette particularité à la modestie presque chrétienne du fils de Mamée qui n'aurait pas voulu accepter un symbole de domination universelle? Toujours est-il que cette même absence de globe se constate encore sur les médaillons d'un empereur qui régna un siècle plus tard. Deux monuments de cette classe, l'un de bronze, l'autre d'or, publiés par Mazzoleni (2) et M. Akerman (3), nous montrent Constance, fils de Constantin, tenant la figurine do la Victoire exactement comme Alexandre Sévère. Il est possible que la mémoire me fasse défaut, mais je ne me rappelle pas avoir vu d'autres exemples de cet arrangement dans les mêmes conditions.

Voici maintenant la description des vingt-trois monnaies d'or de module ordinaire que comprenait le trésor de Tarse.

1. IMP CAES VESP AVG CENS. Tête laurée de Vespasien , à droite.

â. VESTA. Temple en forme de tholus.— Usé. Poids, 6?%65.

2. IMP TRAIANVS AVG GER DAC P M TR P COS VI PP. Tête laurée de Trajan, adroite.

iV FORVM TRAIAN. Le Forum. — Usé. Poids, 6»',65.

Page 1