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EX-VOTO ANTIQUE TROUVÉ A MEAUX

CCS terrains où s'élevait la ville antique. Grâce à Tobligeance de M. Amédée Dassy, j'ai pu les dessiner sous leurs divers aspects et tenter d'expliquer les inscriptions qu'elles porlenl . Ces bases supportaient des statuettes qui ont été brisées, el dont il ne subsiste plus que trois pieds. La tracp du quatrième est parfaitement indiquée par une tache d'oxyde et par le troa carré dans lequel était fixé un tenon (voir n"* 2, E). Sur les faces antérieures des bases on lit :

DATESMERI HEVSTA

C*est-à-dii'e Deo Atesmerio Heusta votttm solvit libens nierito, La disposition des inscriptions est singulière, en ce sens que, bien que les caractères de la formule si connue VS'L'M indiquent qu'on doit lire le texte, réparti sur deux objets séparés, comme s'il se trouvait écrit sur une tablette continue, il n'en faut pas moins prendre la lettre 0 qui commence la seconde ligne et termine le datif ATESMERIO, avant de passer au nom du dédicateur HEVSTA. (Voir n» 1, B, el n° 2, F.) Une inscription ainsi divisée, et coupée de telle façon que si l'un des doux bronzes était perdu, l'autre demeurerait incompréhensible, ne s'explique que lorsqu'on s'est, approximativement du moins, rendu compte de l'emploi des deux figurines maintenant prçsque complètement détruites. Elles étaient destinées à former un tout inséparable. Il parait, en effet, bien évident qu'elles ont été solidement attachées sur un socle commun à Taide de deux broches de fer dont il subsiste quelques fragments (voir n° 1, C, et n'* 2, G). La base n"* 2 (voir G), qui a perdu sa lame de recouvrement, nous montre le plomb qui la remplit et qui scellait la broche. Sous la base n» 1 (voir B et G), celte broche dépasse le niveau du bronze, et n'eût pas permis de poser la figure sur une surface plane. Il faut donc qu'il y ait eu pénétration. Ces remarques de détails sont nécessaires pour l'intelligence de l'ensemble.

Les deux figurines n'étaient pas pareilles, n'avaient point le même mouvement; car la pose des pieds est différente. Le

Fi« iwlnlcnn.

GRANDEOn EXACTE DES ORIGINACX

EX-VOTO ANTIQUE

pied droit du n"* 1 (voir A, B, D) est muni de deux petits ailerons, comme on en voit à un certain nombre de fig'ures de Mercure. Une des deux figurines représentait donc bien probablement ce dieu, dont l'image est si commune dans les Gaules. Mais le monument est dédié à Atesmerius. Si ce nom appartient à une divinité topique différente de Mercure, on aurait là un nouvel exemple de figures de divinités consacrées à un autre dieu. Quoique cet usage puisse paraître singulier, il ne saurait maintenant être révoqué en doute. Des recherches de mon illustre maître Letronne, un des hommes qui ont fait le plus d'honneur à la critique française, il résulte que les anciens avaient la coutume de dédier à un dieu, soit pour exprimer leur gratitude, soit pour en obtenir certaines faveurs, une image de quelque autre divinité. On consacrait un Esculape à Jupiter, un Apollon à Minerve ou à Esculape, un Hercule à Apollon, un Silène à Bacchus, etc. C'est là un fait très curieux qu'il est bon de rappeler aux archéologues, parce qu'il est fort utile pour l'interprétation exacte d'un certain nombre de monuments antiques (1).

Mais si Atesmerius est un surnom gaulois de Mercure, on pourrait fort bien s'expliquer la suppression du nom romain sur un si petit monument. Il me sera permis de citer un exemple à l'appui de cette supposition. En 1851, on a trouvé à Géromont, près Gérouville (Meuse), deux ex-voto de bronze (2). Sur le plus grand des deux on lit :

DEO SILVANO SINQV PATERNIVS PRO SA LVTE EMERITI PILI SVI • 10 • S • L • M

Beo Silvano Sinquati Patemius pro soluté Emerili fUi sui Votum solvit libens merilo.

(1) On pourra consalter à ce sujet les divers écrits de Lelroune dans les Annales de Vlnstiiut archéologique, 1834, t. VI, p. 198 et suiir. ; daos les Mémoires de VAcad. des Inscriptions, t. XV, 1845, p. 132; dans la Revue archéologique, 1845, p. 439 et 1848, p. 248. Ou trouvera encore des exemples à lappai de cette étude, réunis par nous soit dans le Bulletin archëoL de tAtherueiun fra?içais, 1856, p. 31 (p. 366 du tome II des Œuvres de A. de Longpérier), soit dans la Notice des bronzes antiques du Louvre, 1868, p. 13, 17 et 73.

(2) Bulletin de VAcad, de Belgique, 18:j2, t. XJX, IIIc partie, p. 492, 493. L'an-

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