‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 2)Chapitre 130 sur 259 · ACTE U, SCENE m · texte numérisé non relu

ACTE U, SCENE m

Sur mon corps déchiré frayez -vous un passage, Payez de vos trésors nos cadavres sanglans , Et goûtez à longs traits le plaisir des tyrans!

LE PEUPLE

Vive des deux Gracchus la digne et tendre mère !

OPIMIUS

C'est avec ces discours qu'on séduit le vulgaire ; Voilà par quels moyens les fléaux de l'Etat Ont toujours désuni le peuple et le sénat.

Il est temps de finir ces sanglantes querelles.

Et quel est ton dessein ?

OPIMIUS

De frapper les rebelles.

LICINIA.

Barbare! c'est ainsi...

OPIMIUS

C'est ainsi que je dois Prévenir le désordre et défendre les lois.

LIGIKIA.

Gesse d'éterniser la publique infortune ; Voil^ tpn seul devoir. Au pied de la tribune, Dan$ 1§ sein du forum, à la Êuçe des dieux, Les meurtres n'ont-ils pas épouvanté nos yeux? Et des patriciens le cpurroux implacable N'a-t-il pas fjpdt couler un sang irréparable? Que la pitié succède à tant d^nimitié.

GRACCHUS

La pitié du sénat! l'orgueil est sans pitié.

o PI M lus.

Crois-tu des sénateurs mériter la clémence?

GRACCHUS

Je n'en ai pas besoin ; j'aime mieux leur vengeance.

OPIMIUS

Eh bien!...

GRACCHUS

Vil assassin , frappe , et fais ton devoir.

LiciiriA.

Consul, n'écoute pas ses cris, son désespoir; Au nom de ton épouse, écoute la nature.

OPIMIUS

La loi parle.

LICINIA.

A tes pieds, c'est moi qui t'en conjure.

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