ACTE U, SCENE m
Sur mon corps déchiré frayez -vous un passage, Payez de vos trésors nos cadavres sanglans , Et goûtez à longs traits le plaisir des tyrans!
LE PEUPLE
Vive des deux Gracchus la digne et tendre mère !
OPIMIUS
C'est avec ces discours qu'on séduit le vulgaire ; Voilà par quels moyens les fléaux de l'Etat Ont toujours désuni le peuple et le sénat.
Il est temps de finir ces sanglantes querelles.
Et quel est ton dessein ?
OPIMIUS
De frapper les rebelles.
LICINIA.
Barbare! c'est ainsi...
OPIMIUS
C'est ainsi que je dois Prévenir le désordre et défendre les lois.
LIGIKIA.
Gesse d'éterniser la publique infortune ; Voil^ tpn seul devoir. Au pied de la tribune, Dan$ 1§ sein du forum, à la Êuçe des dieux, Les meurtres n'ont-ils pas épouvanté nos yeux? Et des patriciens le cpurroux implacable N'a-t-il pas fjpdt couler un sang irréparable? Que la pitié succède à tant d^nimitié.
GRACCHUS
La pitié du sénat! l'orgueil est sans pitié.
o PI M lus.
Crois-tu des sénateurs mériter la clémence?
GRACCHUS
Je n'en ai pas besoin ; j'aime mieux leur vengeance.
OPIMIUS
Eh bien!...
GRACCHUS
Vil assassin , frappe , et fais ton devoir.
LiciiriA.
Consul, n'écoute pas ses cris, son désespoir; Au nom de ton épouse, écoute la nature.
OPIMIUS
La loi parle.
LICINIA.
A tes pieds, c'est moi qui t'en conjure.