ACTE IV, SCÈ^NE III. SaS
Vous ronge et vous déchire à vos derniers momeiis : Piiissiez-vous dHéloïse envier les tourmens,' Traîner avec lenteur une mort douloureuse, Mourir dans l'abandon qui la rend plus affreuse, Et remplir 'de vos cris ces gouffres éternels, Créés pour les tyrans et les grands criminels !
l'abbessè.
Ainsi vous prodiguez le blasphème et l'outrage! Et vous ne craignez pas... ?
HÉLOÏSE
Epuisez votre rage.
l'abbessè.
Nous pouvons tout ici; vous le savez trop bien.
HIÉLOÏSE.
Ah ! peut-être aujourd'hui vous ne pourrez plus rienr.
l'abbessè.
A quoi tend ce discours ? quelle est votre espérance ?
HÉLOÏSE
On va dans ce moment tenter ma délivrance.
Ma fille...
l'abbessè.
Doit trouver son juste châtiment :
On a suivi ses pas ; elle fuit vainement.
HELOÏSE
Qu'entends-jè !
l'abbessè.
A mes regards elle va reparaître»
3^4 FÉNÉLON
Quel sera soq destin?
l'abbbsss.
Je lui ferai connaître Que Dieu punit les cœurs contre lui révoltés.
H^LOÏSE
Quoi! vous la punirez?
l'abbesse.
Les fers que vous portez, Voilà son sort
HÉLOÏSIE.
Grand Dieu! ma fille infortunée...!
l'abbesse.
Comme vous, loin de vous, doit languir enchaînée.
Hl^LOÏSE.
Ma fille! non, jamais, non, ne Topprimez pas: Avant ce coup du moins donnez-moi le trépas.
l'abbesse.
Je vous vois maintenant plaintive et suppliante : Votre fiireur...
HÉLOÏSE
Laisse^, ma fureur impuissante :
Le reproche est permis dans m^ c^amité ; Mais vous , n'a^feçtez pas l'insçusibilité.
Des mortels qui s'aim^^e9t you3 ont donné la vie ; Vous aviez une mère , et vous l'avez chérie.
£h bien! par ces parens, objets de votre amour, Par la sain maternel qui vous a mise au jour,