ACTE I, SCÈNE IL
En de vastes desseins trop prompt à m'engager,
Je n'ai plus de remords quand je vois leur danger.
Denys, par leurs conseils, reçoit mes émissaires;
Épaississons la nuit qui couvre ces mystères.
Contre lui Syracuse implore notre appui;
Dans Corinthe, en seci^, qu'ils agissent pour lui.
Ses trésors prodigués ont été leur partage:
Je n'oublîrai jamais que je suis leur ouvrage ;
Ihs m'ont ouvert, peut-être, un chemin dangereux:
N'importe, ils m'ont servi; je périrai pour eux.
ANTICLÈS.
Leur fortune est la tienne; et c'est aujourd'hui même Qu'ils veulent sur ton front poser le diadème. .
TIMOPHAWE.
Aujourd'hui ?
^ ANTICLÈS.
Dans la place , aux yeux du peuple entier.
Ceux qu'on ne peut séduire, on peut les effrayer. Nous avons caressé l'orgueilleuse richesse.
Flatté l'ambition, soudoyé la paresse.
Crois-moi, n'attendons pas que ton frère , en ces lieux, Oppose à nos desseins un front victorieux.
Voilà ton seul rival. C'est durant son absence Que nous allons fonder ta nouvelle puissance : De ce nom redoutable on voudrait t'accabler. '
TIMOPHAWE.
C'est à mes ennemis qu'il convient de trembler.
356 TIMOLÉON
ANTIGLis.
Leur foule, en te nommant, se permet la menace.
£h bien ! je punirai leur insolente audacç.
AllTTIGLÈS.
Que veux-^tu que ma voix ^dhionce li tés anfiis ?
TIMOl^HANE.
Dis-leur ^e je tiendrai tout ce que j'ai promis.
ANTIGLÈS.
Le succès, Timophaue, est dans la confiance.
TIMOPHAKE.
Il suffit Laisse-moi. Démariste s'avance.
Qu'ils viennent sur tes pas me diercher en ces lieux;
Je les suivrai. Le reste est dans la main des Dieux.
(Antielès sort.)