‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 2)Chapitre 238 sur 259 · ACTE II^SCEN^VI · texte numérisé non relu

ACTE II^SCEN^VI

Peot 9eoI rétablir rç|||^, et mainteliir la loi.

LE CHCKtfR, arrcfc indignâlioB.

Arrête, épargne-nous l'infâme nom de roi.

ORTAGORAS, àTûnoléon.

Vois-tu des conjurés la cohorte immobile?

TIMOLÉOir.

Vous ne m'attendiez pas des bords de la Sicâle, Traîtres, qui de si loin combattiez contre nousl

TIMOPHAlirE.

Anticlès, oses-tu...?

DÉMARISTE, à Timophane.

Pourquoi vous troublez-vou9?

ORTAGORAS.

Lâches enfans des Grecs, vous regrettez des maîtres! J'ai vécu plus que vous, et j'ai vu vos aaieétres.^

TIMQLéoif.

Écoutez le vieillard.

ORTAGORAS.

Sottgez-vous sans ef&oi Qu'il vous ÊLUt désorpiais, si vous avez un roi. Automates tremblans sous sa main protedrior, Respirer ou mourir au gré de son caprice?

L'égalité vous pèse ! avez*-vous oublié Que nos peuples pour elle ont tout sacrifié?

Les Phocéens, quittant les mers de l'Ionie, Jusqu'aux mers de Marseille ont iîii la tyrannid : Le jeune Harmodius, aux bords athéniens.

Sur Hipparque immolé vengea les citoyens : '

2 îiS

386 ^TIMOLÉON

Dans les murs de Corinthe^aiu monts de TAroadie, Un échafaud des rois punit la perfidie, Et la Grèce, éveillant vingt peuples enchainés, A vomi de son sein ses bourreaux couronnés* Du monarque persan l'éclatante ruine

Etonne encor les flots qui bordent Salàmine.

Voyez de tous côtés s'élever à vos yeux

Les droits du peuple écrits du sang de vos aïeux;

Voyez la liberté descendant sur nos villes :

Des champs de Messénie au pas des Thermopyles,

Il n'est pas un seul point où, gravant ses exploits,

La Grèce , en traits sanglans , n'ait accusé les rois.

Ainsi, l'égalité devint votre partage;

Et vc5us renonceriez à ce grand héritage !

Vous |>rétendez ramper sous un scq)tre insoient, .

Et relever d'un roi le colosse accablant !

Ah ! si vous êtes las du pouvoir populaire ,

Esclaves , respectez le jour qui vous éclaire ;

Attendez que la nuit ait voilé nos remparts ;

Avant d'élire un roi , massacrez vos vieillards.

Votre bpnte est pour eux un suppKce trop rude;

Ils n'ont pas respiré l'air de la servitude :

Que leur dernier soupir n'en soit pas infecté.

Et qu'ils meurent du moins avec la liberté.

LE CHOEUR

Liberté! liberté! guerre à la tyranniel

TIMOPHANE.

Si du monde usai|)é la liberté bannie

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