‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 2)Chapitre 239 sur 259 · ACTE II, SCÈNE^VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE^VI

Fuyait partout des rois le souffle criminel , Elle aurait dans Corinthe un asyle étemel.

De nos dieux protecteurs l'auguste Providence Veille du haut des cieux sur notre indépendance. Rendons-nous toutefois dignes de leurs bienfaits : On n'est point criminel pour réclamer la paix; Mais sachez qu'en nos murs il est d'autres coupables: Le peuple est entouré d'ennemis implacables...

ANTICLÈS.

Et c'est pour assurer, pour maintenir ses droits, Qu'au nom du bien public j'élève ici la voix. Il faut qu'un magistrat, sage, actif, intrépide, Opposant aux partis une invincible égide , De tous les fectiei\x confonde la fureur.

Et que la liberté règne par la terreur.

I)IÊMA.RISTE.

Tel est des oppresseurs le langage ordinaire; Je dénonce Anticlès: républicaine et mère.

J'ai le droit de parler pour arracher mon fils Au piège oii l'entraînaient de perfides amis. Je vois en nos remparts une horde insensée Aux lèvres du génie enchaîner la pensée.

La terreur, comprimant l'honnête homme abattu. Sèche l'humanité , fait taire la vertu.

La tyrannie altière, et de meurtres avide, D'un masque révéré couvrant son front livide. Usurpant sans pudeur le nom de liberté , Roule au sein de Corinthe un char ensanglanté.

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