FOLK, COURTISANS, PAGES, GARDES
NORRIS
Je me rends, Sire, à vos commandemens.
Dans ces lieux redoutés vous m'avez fait conduire.
HENRI
Oui: j'ai voulu te voir, et tu peux nous instruire. Rassure-toi, Norris, parle sans te troubler.
NORRIS
Mon cœur est innocent, c'est au crime à trembler.
HENRI
Ne me déguise rien.
NORRIS
J'y coasens , je le jure :
Ma bouche a de tout temps ignoré l'imposture»
HENRI
Va, je ne doute point de ta sincérité; Ton maître de ta bouche attend la vérité.
NORRIS
Au serment que j'ai fait je resterai fidèle.
HENRI
Tu vois la Reine; il faut t'expliquer devant elle.
NORRIS
Sa présence n'a rien qui me puisse arrêter; £t , je dirai bien plus , j'ai dû la souhaiter : Je déteste le crime, et je viens le confondre.
ANNE DE BOULEN
Grand Dieu!
HENRI
Je suis content ; mais songe à me répondre.
Parle; est-elle coupable?
JEANNE SETMOUR, àNorris.
Osez-vous l'accuser?
Cruel! de son malheur pouvez-vous abuser?
Âh! ses persécuteurs n'ont que trop de puissance!
HENRI
Madame !
ANNE DE BOULEN, à Noms.
A,u nom d'un dieu vengeur de l'innocence, D'un dieu qui nous rassemble , et qui dans ce moment A du haut de son trône entendu ton serment, Par le sein qui jadis a nourri ton enfance , Tu peux encor, tu dois embrasser ma défense.