‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 3)Chapitre 137 sur 147 · DERNIER HYMNE D'OSSIAN · texte numérisé non relu

DERNIER HYMNE D'OSSIAN

xi. OU LE tes flots d'azur en ces rians bocages, Torrent! viens de Lutha visiter les vallons; Penchez-vous, 6 forêts des monts!

Du séjour de Toscar ombragez les rivages , Quand le midi brûlant y darde ses rayons.

En inclinant son front, la fleur à peine éclose Dit : « Souffle du printems! permets que je repose : Ki Ce matin belle encor, le soir va me flétrir. « Ma tête, qui déjà se penche languissante,

« A besoin de se rafraîchir a Dans la rosée humide et caressante

« Dont la nuit vient de me couvrir.

« Le chasseur qui m'a vue en ma beauté naissante,

« Le chasseur reviendra demain; « Ses yeux me chercheront au sein de la prairie , « Par mon éclat fragile un moment embellie :

« Ses yeux m'y chercheront en vain. »

Ainsi les voyageurs, quand Faurore vermeille

D'une lueur timide aura semé les cieux,

Près du toit d'Ossian viendront prêter l'oreille

A ses accens harmonieux.

Ossian dormira : leur oreille attentive Ne retrouvera plus ni sa harpe plaintive, Ni sa voix , des héros célébrant les malheurs. « Qu'est devenu celui qui chantait la victoire, « I^ fils du grand Fingal , l'héritier de sa gloire ? »

Diront-ils en versant des pleurs.

Viens donc , ô Malvina ! que ma tombe isolée Sous tes mains à Lutha s'élève quelque jour; Viens conduire l'aveugle en la douce vallée Où ton père Toscar a fixé son séjour.

Malvina ! les accens de ta voix noble et tendre A mon oreille encor ne sont point parvenus; Tes pas harmonieux ne se font plus entendre; Dans Selma désormais seront-ils inconnus?

LE FILS d'alpin.

Ossian! j'ai vu les collines;

De Toscar j'ai vu le palais; La chasse avait cessé dans les forêts voisines ; Les feux n'échauffaient plus la salle des banquets ; Un silence immobile habitait les montagnes.

J'ai crié Malvina dans l'épaisseur du bois; J'ai vu, l'arc à la main, ses aimables compagnes Revenir l'œil baissé, sans répondre à ma voix;

LE DERNIER HYMNE D'OSSIAN. k'^i

Une morne douleur voilait leur front timide.

Ainsi des astres de la nuit,

Dans les flancs d'un brouillard humide^ L'éclat léger s'évanouit

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