OSSIAN
Sur les monts, étoile charmante, Tes feux n'ont pas brillé long-tems : Souvent dans l'onde caressante La lune pâle et décroissante Réfléchit ses rayons tremblans.
Jeune étoile, ainsi ta lumière S'éteignit avec majesté; Mais, en achevant ta carrière, Tu laisses la colline entière Dans le deuil et l'obscurité.
A travers la nuit effrayante, Les météores menaçans • Font jaillir leur clarté sanglante»
Sur les monts, étoile charmante.
Tes feux n'ont pas brillé long-tems.
Approche, fils d'Alpin! Les aquilons mugissent; La tempête s'élève aux accens de ma voix; \^% sombres flots du lac frémissent ;
4a 2 CHANTS IMITÉS D'OSSIAN.
Mène l'aveugle au fond des bois.
Ton œil ne voit-il pas un chêne sans feuillage Courber ses longs rameaux penchés sur les vallons ? Son tronc noueux, robuste, et vainqueur de l'orage,
Couronne la cime des monts.
Conduis -moi près de lui; muette et détendue, A ses rameaux sèches ma harpe est suspendue; C'est ici: je l'entends; mais ses cordes en deuil Ne rendent qu'un bruit sourd et les sons du cercueil. Est-ce le vent , ma harpe , est-ce une ombre légère Qui forme en te touchant ces lugubres accords ? Oui , de mon fils , d'Oscar c'est l'ombre solitaire : L'amant de Malvina vient visiter ces bords !
Le besoin de chanter m'enflamme :
Apporte-moi ma harpe , apporte , fils d'Alpin ! Des chants signaleront le Barde à son déclin;
Des chants exhaleront mon âme.
Mes aïeux vont m'entendre en leur palais d'azur ; Je reconnais leur voix, qui déjà m'encourage; Au sommet du Mora je les vois tous assis; Ils m'écoutent, penchés sur le bord du nuage.
Et tendent les bras à leur fils.
Un pin, couvert de mousse et courbé sur les ondes,
Y baigne ses rameaux tremblans ; La fougère, élançant ses feuilles vagabondes,
Se mêle à mes longs cheveux blancs.
Renais, force de mon génie!
Tel qu'un rayon du jour, que la douce harmonie