‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 3)Chapitre 138 sur 147 · OSSIAN · texte numérisé non relu

OSSIAN

Sur les monts, étoile charmante, Tes feux n'ont pas brillé long-tems : Souvent dans l'onde caressante La lune pâle et décroissante Réfléchit ses rayons tremblans.

Jeune étoile, ainsi ta lumière S'éteignit avec majesté; Mais, en achevant ta carrière, Tu laisses la colline entière Dans le deuil et l'obscurité.

A travers la nuit effrayante, Les météores menaçans • Font jaillir leur clarté sanglante»

Sur les monts, étoile charmante.

Tes feux n'ont pas brillé long-tems.

Approche, fils d'Alpin! Les aquilons mugissent; La tempête s'élève aux accens de ma voix; \^% sombres flots du lac frémissent ;

4a 2 CHANTS IMITÉS D'OSSIAN.

Mène l'aveugle au fond des bois.

Ton œil ne voit-il pas un chêne sans feuillage Courber ses longs rameaux penchés sur les vallons ? Son tronc noueux, robuste, et vainqueur de l'orage,

Couronne la cime des monts.

Conduis -moi près de lui; muette et détendue, A ses rameaux sèches ma harpe est suspendue; C'est ici: je l'entends; mais ses cordes en deuil Ne rendent qu'un bruit sourd et les sons du cercueil. Est-ce le vent , ma harpe , est-ce une ombre légère Qui forme en te touchant ces lugubres accords ? Oui , de mon fils , d'Oscar c'est l'ombre solitaire : L'amant de Malvina vient visiter ces bords !

Le besoin de chanter m'enflamme :

Apporte-moi ma harpe , apporte , fils d'Alpin ! Des chants signaleront le Barde à son déclin;

Des chants exhaleront mon âme.

Mes aïeux vont m'entendre en leur palais d'azur ; Je reconnais leur voix, qui déjà m'encourage; Au sommet du Mora je les vois tous assis; Ils m'écoutent, penchés sur le bord du nuage.

Et tendent les bras à leur fils.

Un pin, couvert de mousse et courbé sur les ondes,

Y baigne ses rameaux tremblans ; La fougère, élançant ses feuilles vagabondes,

Se mêle à mes longs cheveux blancs.

Renais, force de mon génie!

Tel qu'un rayon du jour, que la douce harmonie

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