‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 3)Chapitre 3 sur 147 · POEME · texte numérisé non relu

POEME

«Honorés, agrandis, souvent usurpateurs,

(( Stérilement dévots, traînaient dans le silence

c( Des jours longs et pesans, filés par l'indolence.

«Enfin l'homme stupide, à l'oubli consacré,

«Eut contre le travail un refuge assuré;

« De citoyens vivans ces tombeaux se remplirent ;

« A l'envi de Pépin vingt rois les enrichirent.

« Entends-tu maintenant les sanglots, les regrets?

« O d'un zèle insensé trop funestes effets !

« Vois-tu tous ces enfans, les victimes d'un père,

« Condamnés loin du monde à gémir sous la haire?

« Leur bouche a prononcé le serment solennel ;

« Et , contraints de mentir aux pieds de l'Éternel ,

« Ils vont baigner de pleurs des marbres inflexibles ;

t< Ils accusent le Dieu qui les rendit sensibles ,

« L'inexorable autel qui les tient opprimés ,

« Et ces vœux sans retour qu'ils n'avaient point formés.

« Martyrs ou fainéans , laisse-les disparaître ;

« Éteints, et non détruits, qu'ils meurent sans renaître :

« L'État ne leur doit rien; ils n'ont rien fait pour lui;

« Et le fisc épuisé redemande aujourd'hui

« Cet or long-tems oisif, conquis sur la faiblesse.

« Bientôt , juste héritier d'une injuste richesse ,

« Tu pourras accueillir de bienfaisans regards

« Les essais du travail , les prodiges des arts.

« Des moissons vont couvrir les landes infertiles;

« Les cités vont s'orner de monumens utiles ;

« D'innombrables vaisseaux , élancés de nos ports ,

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