‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordreChapitre 12 sur 233 · A L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

A L'ÉDITEUR

la morale , que cette destitution fut prononcée : la séyérité des fonctions d'inspecteur«général de Finstruction publique ne s*accordant pas , disait ce scrupuleux ministre , avec l'esprit qui avait dicté Tépître à Voltaire. Chénier se trouva sans pain. Il est vrai qu a sa première demande, demande qui ne lui fut arrachée que par les besoins de sa mère', Napoléon lui donna, non

I . Le lecteur ne lira pas sans attendrissement la lettre pleine de dignité dans laquelle Chénier demandait des secours à Bonaparte : cette lettre est à-la- fois honorable pour le protecteur et pour le protégé.

« Si&E ,

« Maigre de vaines offres de services , personne , j'en suis sûr ^ c n'ose parler en ma faveur à Votre Majesté. U faut bien que j'ose « lui écrire; et j'ai besoin de son indulgence, même pour l'ëten- « due de cette lettre, que je n'af pu faire plus courte.

« Vous m'aviez nommé inspecteur des études : vous m'avez « destitué. Sire. Quelle est la cause de votre rigueur? Un faible « ouvrage où j'ai professé les principes des philosophes déistes du « dix-huitième siècle : ceux de Voltaire, de Montesquieu , de J. J. « Rousseau. En rejetant comme eux des superstitions que je crois « dangereuses , comme eux, j'ai proclamé les dogmes nécessaires de « l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'âme ! Y a-t^il une « faute grave en tout cela ; et suis-je donc si loin des opinions de « Votre Majesté?

«En admettant. Sire, que mon épitre fût imprudente, elle « était annoncée avant sa publication ; il eût été tout aussi facile « et plus généreux au Ministre de la police d'empêcher l'ouvrage « de paraître que d'en faire dëcriei; pei*sonneilement l'auteur par «de violens articles de journaux et par des réponses ridicules. « vrais libelles diffamatoires , qui ne diffament que leurs auteurs.

■ Je n^ignore pas, Sire, et il faut bien toucher ce point, je n'i-

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