XXVIII SUR M. J. CHÉNIER
Roi pour les gouverner, soldat pour les défendre. D'illustrer le pouvoir déposé dans mes mains ; De respecter les Dieux, de chérir les humains; De régner par Tamour et non pas par la crainte, Fidèle sur le trône à la Liberté sainte. Don qui nous vient des cieux, base des justes lois, Premier besoin du peuple, et soutien des bons rois. «
Ces vers , et tant d'autres dont la pièce est semée, sontils d un apostat à la liberté ?
Ghénier ne reconnut pas sans dépit qu'il avait été joué. Il n'était pas homme à le pardonner : aussi s'en vengea-t-il, mais avec plus de talent que de prudence. On n en saurait douter : c'est au ressentiment qu'il conserva de cette rouerie politique qu'on doit les vers les plus énergiques de l'épître à Voltaire.
Cet ouvrage, pensé par un vrai philosophe, et écrit par un vrai poète, et où l'on retrouve tout l'esprit du grand homme auquel il est adressé , valut à Chénier plus d'honneur que de profit. Il le réhabilita dans l'opinion publique; mais il le perdit dans la faveur du chef de l'Etat , qui fut trop sensible à certains traits lancés dans cet ouvrage contre les conquérans.
Avant lui , Boileau s'était élevé contre la manie des conquêtes : Louis XIY ne lui en témoigna pas moins de bienveillance. Charles XII , seul , se formalisa de ce que ce satirique avait traité le grand Alexandre de fou. Il eût été plus digne de Napoléon d'imiter Louis XIV que Charles XII: malheureusement, il fit té contraire. Chénier fut destitué des fonctions d'inspecteur-général de l'insftoiction publique; et, ce qui doit être noté, c'est sur un rapport &it par Fouché, dans Xintérêt de