ACTE IV, SCENE III
Non : je dois vous compter au rang de mes soutiens. Si vos drapeaux souvent ont combattu les miens , C'est des troubles civils la suite accoutumée : Des Français à la France opposaient une armée. Ces fautes sont du sort ; je les veux excuser : G est le malheur des tems qu'il en faut accuser.^ Je connais votre cœur, et n'ai pas à m'en plaindre.
L AMIRAL, aux Guises.
Vous l'entendez , Messieurs.
LE ROI DB FRANCS
Vous n'avez rien à craindre.
l'amiral.
A mes persécuteurs puis-je opposer mon Roi ?
LB ROI DE FRANCE
Vous le pouvez , sans doute ; et j'en donne ma foi.
l'amiral.
Je dédaigne à présent leurs trames criminelles.
LE DUC
Nous verrons donc finir ces craintes éternelles ?
l'amiral.
Je puis craindre à la cour, mais non pas aux combats : J'étais déjà fameux quand vous n'existiez pas.
le duc.
Le soupçon ne convient qu'à des âmes timides.
l'amiral.
Jeune homme, on le connaît au milieu des perfides.
LE DUC
Quant à moi, je ne vois qu'un traître dans ces lieux.
l'amiral.
Il en est deux pourtant qui s'offrent à mes yeux :
(Montrant sa blessure.)
Ce coup n'a. point rempli leur cruelle espérance.
liB DUC.
Celui qui Ta porté voulut venger la France.
LS ROI DE FBANCE
Guise !
l'amiral.
Ah! du meurtrier on a conduit la main.
LB DUC
Qui.?
l'amiral.
Vous pourriez le dire.
LB DUC
Expliquez->vous enfin.
l'amiral.
Vous.
LE DUC
Je ne l'ai point fait; mais je l'aurais dû faire.
LE ROI DE NAVARRE
Comment ?
LE DUC
J'aurais puni l'assassin de mon père.
(Bas à la Reine-mère.)
Adieu. Je vais hâter l'instant de nous venger.